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    L’industrie du futur pour les nuls!

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5641 Le 26/11/2019 | Partager
    80% de valeur ajoutée viendra de la créativité et intelligence
    Les limites de l’argument low-cost, best-cost
    Les effets de la loi de Moore
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    D’après Edwin Herbert, physicien inventeur et scientifique américain: «Innover ce n’est pas avoir une nouvelle idée, c’est arrêter d’avoir une vieille idée» (Source: Syna)

    Les cas de relocalisation industrielle de la Chine vers l’Europe se multiplient. «Mais dans les faits, très peu d’emplois sont relocalisés, car les grands groupes ramènent des robots ouvriers dans leurs valises. La disparition de milliers d’emplois est en jeu, mais aussi une transformation profonde des processus de production. Le Maroc est directement concerné.

    Pareil que la Chine, des emplois vont disparaître au Maroc», explique Jean Staune, expert international, spécialiste des questions d’évolution et auteur de plusieurs ouvrages, philosophe des sciences et essayiste. Les effets de la loi de Moore, qui dit «qu’à coût égal, la complexité des transistors double à peu près tous les 18 mois», combinés à la pression des Etats européens en faveur de la relocalisation, aura pour effet d’amplifier la vague de retour vers l’Europe. D’où les limites de l’argument best-cost (coût de la main-d’œuvre...) brandi par le Maroc. Nous sommes au début d’une mutation majeure.

    Les bouleversements que va connaître l’industrie mondiale avec l’arrivée de la robotique et l’intelligence artificielle sont difficilement analysables par les experts. Toutefois, le Maroc est dans l’œil du cyclone. Sur le plan économique, la décroissance du prix des composants électroniques facilite l’accès à ces équipements technologiques de pointe.

    Autant dire que nous sommes engagés dans une course contre la montre. «Un monde nouveau est en train de naître, basé sur le numérique, la créativité humaine et l’intelligence. En contrepartie, de belles perspectives s’ouvrent pour les entreprises qui sauront être créatives et faire travailler leurs collaborateurs en intelligence collective. Hier, la maîtrise de l’outil de production assurait jusqu’à 80% de la marge aux industriels.

    Dans l’ère post-capitaliste, l’outil de production n’assurera que 20% de la marge. Entre-temps, 40% de la marge est passée chez les designers et ceux qui font preuve de créativité. 40% chez les fabricants de puces sophistiquées, la maîtrise de l’information (big data). Globalement,  80% de la marge a été absorbée par la créativité et l’intelligence, au lieu d’aller dans la maîtrise de l’outil de production. Le maître-mot de demain sera l’information et le réseau.

    Caractérisée par des mutations profondes consécutives à l’introduction de nouvelles technologies de production, l’utilisation massive d’outils numériques pointe au sein des usines. Cette donne induit inévitablement de nouveaux paradigmes et conduit les industriels de tous bords à repenser leur mode d’organisation, stratégie et modèle d’affaires. Le Maroc n’échappera pas  à cette réalité.

    «Il nous incombe plus que jamais d’adapter notre offre en permanence, si nous voulons valoriser l’industrie marocaine et la rendre aussi performante, compétitive et génératrice de croissance durable», soutient Tarik Aitri, président de la Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électroniques (FIMME).

    A travers son initiative baptisée «le mouvement», l’OCP ouvre ainsi quelques voies pour s’adapter à ce nouveau monde. La question est de savoir comment cette dynamique peut être impulsée au sein des PME marocaines?

                                                                           

    Distribution phygitale, livraison par drones...

    AVEC cette révolution qui ne fait que commencer, trois modèles de production vont se catapulter: le modèle classique avec les centaines d’ouvriers et la course aux bas salaires, le modèle d’automatisation des usines sans ouvriers et la fabrication sur mesure dans les centres commerciaux devant le client. Un processus qui se fera en une poignée de secondes grâce à des scanners corporels et des imprimantes 3D multi-matières.

    Des économies substantielles se feront en termes de gestion des stocks. Toute l’industrie sera bouleversée par ce genre d’innovations et l’introduction de ces nouveaux modèles économiques: distribution phygitale, livraison par drones... Le monde de demain sera un monde complexe où il y aura de la place pour des stratégies très différentes. Aujourd’hui, les industriels vendent des produits fabriqués dans leurs usines.

    Demain, ils vendront 3 choses: des imprimantes 3D pour imprimer des produits sur mesure, des fichiers et des consommables, explique Jean Staune. Des solutions open-source coexisteront avec ces nouveaux modèles économiques.

    M.Ko.

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