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    Justice

    Samir : D’une histoire glorieuse à une liquidation sans fin

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5628 Le 04/11/2019 | Partager
    L’héritage de la gauche soldé par les mauvais libéraux
    Les salariés ont perdu 60% de leur revenu net

    Le lieu est à lui seul un symbole: le théâtre Abderrahim Bouaâbid à Mohammedia. C’est là où le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole a tenu, jeudi 31 octobre, sa première assemblée générale annuelle (Lire article). Son coordinateur national, Houssine El Yamani, prend la parole pour rappeler qui était Abderrahim Bouaâbid.

    L’une des voix porteuses de la gauche marocaine, «ministre de l’Economie au gouvernement national de Abdallah Ibrahim». La raffinerie en cours de liquidation a été créée durant son mandat, en partenariat avec les Italiens: 1959 marque ainsi la naissance de la Société maroco-italienne de raffinage (Samir). Le Roi Mohammed V l’inaugure un an après et depuis cette date la ville de Fedala est devenue Mohammedia.

    La grande histoire a tourné au vinaigre pour les 716 salariés d’abord. Leurs revenus «mensuels nets ont fondu de 60%». Ils étaient 1.150 avant l’arrêt d’activité de la compagnie en août 2015: démissions, retraites, décès, maladies graves (cf. L’Economiste n°5236 du 23 mars 2018). Les employés ont droit à une couverture médicale a minima. Ils continuent à se présenter à leurs postes de jour comme de nuit. Les fournisseurs et leurs 3.000 emplois directs ont été décimés suite à la cessation de la production.

    «Notre conviction a toujours été de défendre d’abord un dossier ayant une portée patriotique et stratégique pour la souveraineté énergétique du Maroc. Mais sans pour autant négliger ses enjeux sociaux», assure Najib Rami, délégué syndical du personnel affilié à la CDT. Samir est l’unique raffinerie du Royaume.

    La cour d’appel de commerce de Casablanca peine depuis trois ans à lui retrouver un repreneur: plus d’une trentaine d’offres sans lendemain. Six administrateurs sur dix ont été condamnés pour faute de gestion et à cinq ans de déchéance commerciale. Mohamed Hussein El Amoudi et ses acolytes continuent à se la couler douce... à l’étranger (cf. L’Economiste n°5387 du 7 novembre 2018).

    La justice a ses limites! Les salariés n’ont plus que leurs yeux pour pleurer et le Front national pour agir. Jeudi dernier, la salle n’était pas aussi pleine qu’au printemps dernier, et encore moins en personnalités publiques ou politiques (cf. L’Economiste n°5473 du 14 mars 2019).

    Salah El Ouadie, fondateur du Mouvement Damir (conscience) et auteur de «Lettre ouverte à mon tortionnaire», est l’un des rares à avoir répondu présent. Des représentants de l’Association marocaine des droits de l’homme et de l’association altermondialiste Attac se sont aussi manifestés.

    Le bâtonnier Abderrahman Amer s’est «excusé pour son absence liée à des raisons professionnelles» via la voix de son représentant. Quelles seront finalement les prochaines démarches? Amplifier à la fois l’aspect politique et judiciaire de cette affaire... d’Etat. La privatisation de 1997 a laissé plus que des séquelles.

    F.F.

     

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