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    Analyse

    Croissance: La douche froide

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5612 Le 11/10/2019 | Partager
    Le PIB croîtra moins rapidement que prévu
    2,7% selon la Banque mondiale
    0,6% en moyenne dans la région Mena
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    La crise entre les Etats-Unis et l’Iran et les attaques des installations pétrolières saoudiennes auront des conséquences lourdes sur la croissance dans la région. S’y ajoute le ralentissement de l’activité mondiale. Entre avril et octobre, la Banque mondiale a abaissé ses prévisions pour la région de 0,8 point. Les dynamiques sont différentes selon les groupes de pays. Cependant, la transformation des économies de la région est lente par rapport à leurs comparables

    Les tensions dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) ont des répercussions sur l’économie mondiale par le canal des prix du pétrole notamment, mais leurs effets sont plus dévastateurs pour les pays de la zone eux-mêmes. La crise entre les Etats-Unis et l’Iran et les attaques des installations pétrolières saoudiennes ont occupé l’actualité ces derniers mois. Ces remous ont négativement affecté les perspectives dans la région.

    Entre avril et octobre, les prévisions de croissance de la Banque mondiale ont baissé de 0,8 point. Elle table sur seulement une hausse de 0,6% de l’activité en 2019 puis 2,6% en 2020. La concentration de pays exportateurs de pétrole dans la région fait que les fluctuations du cours du baril ont des conséquences lourdes sur les performances économiques. Cela signifie aussi que les économies sont faiblement diversifiées.

    Le PIB des pays du Conseil de Coopération du Golfe progresserait de 1,1% en moyenne cette année.  Il reculerait de 2,8% dans les pays en développement exportateurs de pétrole, essentiellement à cause de la contraction de 8,7% de l’économie iranienne.

    Pour le groupe des pays importateurs, la croissance moyenne s’élèverait à 4,1% dont 2,7% au Maroc et 5,6% en Egypte. La Tunisie est créditée de 1,6%. Les prévisions pour le Maroc ont été abaissées de 0,2 point par rapport à celles du printemps. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le ministère des Finances qui va devoir affronter les pertes de recettes d’impôt.

    «L’aggravation des tensions géopolitiques pourrait perturber davantage la production et les prix mondiaux du pétrole, et compromettre la stabilité déjà fragile de l’économie régionale et mondiale. Toute nouvelle escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran pourrait gravement affaiblir l’économie iranienne et se répercuter sur d’autres pays de la région», préviennent les analystes de la Banque mondiale.

    L’autre menace pour les économies de la région est le ralentissement du commerce et de la croissance mondiale. L’activité économique mondiale a continué à s’affaiblir au premier semestre 2019 sous l’effet notamment du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine.

    La Banque mondiale a même abaissé sa prévision de croissance pour l’ensemble de l’année. «Si l’économie mondiale continue de fléchir, ou pire entre en récession, les répercussions sur la région seraient considérables, car la demande extérieure diminuerait grandement et les prix du pétrole dégringoleraient», alertent les économistes de la Banque mondiale.

    La présentation des perspectives économiques dans la région a aussi servi de base pour dénoncer certains points noirs des économies de la région, notamment en matière de concurrence. Ajoutez à cela l’inefficience du système éducatif dans certains pays, vous avez des économies qui sont très lentes à se transformer.

    «La région Mena n’est pas bien placée pour adopter les nouvelles technologies et innover... Sur la base de sept mesures portant sur des technologies nouvelles et anciennes, le rythme d’adoption est toujours plus lent dans les pays de la région que dans les autres pays ayant des revenus comparables», constate Rabah Arezki, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région.

    Le score du Maroc dans le classement du World Economic Forum sur la compétitivité des économies le montre bien. Sur le pilier capacités d’innovation, le Royaume affiche un piètre 35 points, 46 points en matière d’adoption des nouvelles technologies et 49 points en termes de compétences.

                                                                         

    Concurrence: Le mauvais cholestérol!

    Après un violent réquisitoire de l’OCDE sur la concurrence au Maroc l’année dernière, cette fois-ci, la Banque mondiale dépeint une situation nationale et régionale qui entrave la compétitivité des pays. «Les économies de la région ont un double visage dont un secteur formel concentré et sclérosé, souvent dominé par des entreprises publiques et des entreprises privées connectées aux milieux politiques. Ce type d’économie écarte les concurrents, conduit à une mauvaise allocation des ressources et génère des profits excessifs pour les participants».

    Ces commentaires soulèvent régulièrement des critiques des autorités parce qu’ils ne mettent pas en valeur les pays. Elles sont dans leur rôle de défendre l’action de leur gouvernement. Mais la réalité du terrain donne souvent raison à ces institutions. Promouvoir une concurrence saine au sein de l’économie peut être un remède à l’inégalité, résument les économistes de la Banque mondiale.

    «La concurrence et la contestabilité sont essentielles à la création de débouchés économiques, qui permettent aux travailleurs de façonner eux-mêmes leur destin. En outre, elles accroissent le pouvoir d’achat des revenus, car il est plus difficile pour les entreprises de fixer des prix supérieurs aux coûts. Ces effets sont intensifiés par les progrès technologiques qui réduisent les coûts et par le renouvellement des entreprises qui permet aux plus productives de survivre».

    Aujourd’hui encore, les obstacles aux nouveaux entrants sont forts. Le Maroc l’a expérimenté notamment pour les services de paiement et ce n’est peut-être pas terminé.

    F. Fa

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