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    Politique

    Combat de coqs au MP

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5609 Le 08/10/2019 | Partager
    Un spectacle désolant, né de la confrontation de 2 courants
    Intervention des forces de police pour remettre de l’ordre
    Des évènements similaires ont marqué les réunions d’autres partis

    L’opinion publique commence à s’habituer aux affrontements physiques au sein des partis politiques. Le spectacle désolant des responsables, censés fournir l’Etat en élites politiques chargées de gouverner et de légiférer, montre l’ampleur des dysfonctionnements.

    Le dernier en date a eu comme décor le siège du Mouvement populaire (MP) où le conseil national de sa jeunesse devait élire dimanche dernier ses instances. Une séance devait être ouverte par le secrétaire général du parti, Mohand Laenser. Elle s’est vite transformée en ring avec des bagarres rangées, au point que les uns lançaient sur les autres des chaises blanches, visiblement d’un traiteur. Les heurts sont nés entre deux courants qui s’accusaient de falsification des listes, après avoir été incapables de se mettre d’accord sur une seule liste. Du coup, les tensions se sont exacerbées.  

    Les responsables se sont retrouvés dans l’obligation de faire appel aux forces de police pour remettre de l’ordre dans le bâtiment. Finalement, ces affrontements ont abouti à l’arrestation de 7 militants et le transport de 2 blessés vers l’hôpital. Après cet incident, les travaux du conseil national ont repris au milieu d’un dispositif sécuritaire renforcé. Il a fallu s’assurer de l’identité des participants, en limitant la présence aux seuls membres du conseil national.

    Ainsi, l’assistance a élu la liste attendue, avec le président Ismaïl Talhikt, son adjoint et les membres du bureau exécutif. Dans cette affaire, Mohand Laenser a regretté cet incident en montrant du doigt le chef de file de la 2e liste qui scandait des slogans hostiles à l’instar du «non à l’exclusion», «non à la falsification» qui a créé l’anarchie à l’intérieur du siège du MP.

    Au PPS, à l’Istiqlal, au PAM aussi...

    Deux jours auparavant, le clash de Nabil Benabdallah à la fin de la réunion du comité central du PPS a fait le tour des réseaux sociaux. Cette sortie de route a été alimentée par un accrochage entre Anas Doukkali et Charafat Afailal, où le ministre de la Santé accusa la direction du parti d’avoir falsifié les résultats du vote du comité central.

    Pourtant, le score a été écrasant: 235 pour la sortie du gouvernement, 35 contre et 6 abstentions. Les mauvaises langues affirment qu’il voulait que le parti reste dans la majorité, avec la promesse de garder un poste ministériel autre que la Santé, surdimensionné pour lui.

    Au PAM, le coup de tête de Brahim El Joumani donné au secrétaire général de son parti est resté dans les mémoires. Hakim Benchamach n’avait pris aucune sanction contre le fautif, ce qui a ouvert la porte à de multiples dépassements et insubordinations dont il essuie encore les conséquences.

    Incapables d’inculquer une discipline

    Autre séquence qui avait aussi marqué les esprits: les assiettes qui volaient dans le congrès de l’Istiqlal. Auparavant, le coup de poing que Hamid Chabat a asséné à Aziz Lebbar, juste à la sortie de l’hémicycle après le discours royal de l’ouverture de la session d’automne. Edifiant!

    De son côté, l’USFP n’est pas exempt de critiques. Son siège a connu en janvier dernier un accrochage retentissant lorsqu’une militante s’est vue interdire l’accès par un agent de sécurité qui agissait sur ordre du premier secrétaire Driss Lachgar. Elle avait largement utilisé l’image de cette séquence sur les réseaux sociaux.

    Le PJD se distingue des autres formations par sa discipline. Les contestataires se limitent aux réseaux sociaux pour exprimer leurs désaccords. Ce qui avait poussé Saâdeddine El Othmani et avant lui Abdelilah Benkirane à interdire aux membres du parti de se prononcer sur certains dossiers. Pourtant, des interventions sur le web, notamment de Benkirane sur la loi-cadre, avaient réussi à créer la zizanie au sein de cette formation.

    En tout cas, ces désordres tirent les dirigeants vers le bas du fait qu’ils étaient incapables d’inculquer une discipline au sein des partis qu’ils dirigent... Ces dysfonctionnements s’expliquent par l’absence de démocratie interne, basée sur le respect de l’avis d’autrui et l’application stricte des règlements intérieurs des partis. Ces difficultés sont amplifiées par le manque de transparence de ces dirigeants au point que les partis ne disposent pas de banques de données sur leurs militants. Officiellement, ces derniers ne sont pas tous connus.

    L’autre élément qui explique ces violences dans les partis réside dans le fait que les dirigeants marocains préparent à l’avance le contrôle du prochain congrès. En ayant la mainmise sur les élections des membres du conseil national et des organisations parallèles, particulièrement celle des femmes, des jeunes et des structures professionnelles, ils auront la main sur le sort du congrès à venir. Surtout que ces forces représentent au moins 30% de l’électorat lors du congrès.

    Comme cela, ils s’organisent pour gagner, sans prêter  attention aux autres valeurs de la démocratie. Leurs interventions dans les affaires internes des organisations parallèles du parti expliquent en partie pourquoi ils durent à la tête de leurs formations. Et c’est ainsi que les frustrations se développent débouchant sur des brutalités.

    Indigence

    Ce phénomène de violence montre l’indigence des formations en matière d’encadrement et d’éducation politique. Ce déficit constaté chez la majorité des jeunes, des femmes et des autres organisations parallèles les pousse à vouloir décrocher au plus vite et par tous les moyens des postes de responsabilité. Ils veulent devenir ministre, parlementaire, maire,… C’est pour cela qu’une véritable mise à niveau, et un réel contrôle financier régulier sont impératifs. La loi sur les partis n’a pas réussi à aboutir aux résultats escomptés. 

    M.C.

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