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    Justice

    Prisons: Comment réduire le taux de récidive

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5602 Le 27/09/2019 | Partager
    L’administration pénitentiaire mise sur une approche scientifique
    L’accès au travail, la voie royale pour la réinsertion
    Ramid plaide pour la refonte de la politique pénale

    «94,7% des recherchés ont commis un crime à cause de l’absence d’aide des autorités gouvernementales après leur libération. 61,3% des récidivistes affirment que le travail réduit le taux de récidive». Les chiffres, extraits d’une étude réalisée par la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Fès, pour le compte de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), renseignent sur la complexité de ce phénomène.

    Pour son patron Mohamed Salah Tamek, le but de ce travail est d’offrir aux acteurs institutionnels et judiciaires une vision claire des moyens à mettre en œuvre pour réduire la part de la récidive. En fait, il le dira clairement à l’ouverture de la table ronde de deux jours consacrée à «la récidive, quelles solutions», organisée dans l’enceinte de la prison locale de Salé 2, plus connue par «la prison Zaki».  Plusieurs ministres ont fait le déplacement dans cette enceinte.

    Population carcérale

    Dans son intervention, Mohamed Salah Tamek a souligné qu’avec le soutien de l’organisation internationale de la réforme pénale, la Délégation a pris l’initiative de réaliser une étude sur la récidive au Maroc, qui s’appuie sur des bases académiques et scientifiques, visant à fixer la notion de récidive et à délimiter ses causes.

    L’objectif est de faire des propositions et des approches en vue de limiter le poids de ce phénomène et de mettre à la disposition des acteurs concernés une plateforme. Celle-ci servira à développer les orientations principales du projet pénal et de la politique de répression, dira-t-il.

    En général, l’étude a traité des dossiers qui ne concernent pas uniquement les établissements judiciaires et les institutions officielles liés à l’application des peines. Son champ d’action concerne également la population carcérale au cours de la détention et après leur libération. Elle interpelle également les différentes composantes de la société et les mécanismes d’intégration économique et sociale.

    Tout en voulant responsabiliser tout le monde dans cette affaire, Mohamed Salah Tamek propose de mettre en place une vision globale, intégrée qui renforce la citoyenneté et la solidarité. Cette approche est destinée à dépasser les conceptions classiques de ce phénomène à travers l’amélioration des capacités et des ressources humaines dans les programmes économiques et sociaux. Le but est d’augmenter les possibilités offertes à l’individu de se réaliser, de subvenir à ses besoins matériels et sociaux, une voie qui pourrait l’éloigner des situations de déviance.

    Pour sa part, Mustapha Ramid a insisté sur la nécessaire refonte de la politique pénale. Le ministre d’Etat aux Droits de l’homme était dans son rôle lorsqu’il a appelé à «la révision des peines de courte durée qui sont sans effet». Il a invité l’assistance à chercher des réponses à une série de questions posées par le phénomène de la récidive.

    Qu’est-ce qui pousse une personne ayant expérimenté la prison à commettre un autre délit susceptible de le remettre en prison? Pourquoi les sanctions matérielles n’empêchent pas les individus de récidiver ? Dans quelle mesure les conditions économiques et sociales interviennent dans ce domaine ? Autant de questions soulevées et dont les réponses ne sont pas simples.

    En tout cas, le développement de la récidive et ses effets négatifs sur les plans de la hausse de la criminalité et du sureffectif dans les prisons ont poussé les autorités publiques à imaginer des alternatives. D’ailleurs, le ministre de la Justice a pointé l’urgence de procéder à des révisions profondes de certaines dispositions de la procédure pénale et du projet de loi relatif au code pénal, actuellement à l’examen devant le Parlement. L’objectif est de limiter le taux de criminalité et de réaliser l’équilibre entre la protection des droits et la garantie de la sécurité des citoyens, note Mohamed Oujjar.

    Au programme de cette rencontre, la signature d’un mémorandum d’accord entre le ministère de l’Education nationale, la DGAPR, l’Université Mohammed V de Rabat et la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus.

    Ce document porte sur la création d’espaces universitaires pénitentiaires à Salé en vue de parrainer les étudiants prisonniers inscrits à l’Université Mohammed V de Rabat. Une opportunité qui leur permet de suivre leurs études universitaires et de communiquer avec leurs enseignants dans les meilleures conditions. Selon Saaid Amzazi, ce sont 842 étudiants prisonniers qui se sont inscrits dans les universités au cours de la période 2018-2019.

    Par ailleurs, le taux de réussite au bac en 2019 chez les candidats détenus a atteint 47%, soit une hausse de 10,24% par rapport à 2018. Au cours de cette rencontre, le ministre de l’Education nationale a rappelé l’équipement de 12 centres de formation au sein des prisons au titre de 2017-2018. L'objectif est de permettre à la population carcérale jeune de bénéficier d’une formation professionnelle qui facilitera la réinsertion sociale à la libération.

    Sciences pénitentiaires

    Les fonctionnaires de la Délégation font l’objet d’attention de la part du ministère et des universités à travers la mise à disposition de formations spécialisées dans le domaine carcéral et de la criminologie. Cela se concrétise par la création d’un master «univers carcéral: prévention et réinsertion» au sein de la faculté des lettres et sciences humaines de Rabat, avec une réservation de 30 places pour les fonctionnaires de la DGAPR. Par la même occasion, l'on procédera à la création d’un master spécialisé dans les sciences pénitentiaires au profit des fonctionnaires et des cadres de la Délégation au sein de l’Université internationale de Rabat. 

    M.C.

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