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    Politique

    USFP: Qu’est-ce qui fait courir Lachgar?

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5600 Le 25/09/2019 | Partager
    Il est favorable à un gouvernement réduit, avec une majorité à 4 partis
    Après 2 mandats à la tête du parti, il ne pourra en briguer un 3e
    Il parie sur une grande réconciliation de la gauche

    La dernière annonce du départ de Driss Lachgar de la tête de l’USFP dans deux ans aura surpris plus d’un observateur. Plusieurs d’entre eux ont considéré que le premier secrétaire voulait jeter l’éponge. En fait, ce n’est pas le cas et ce qu’il a avancé publiquement n’est pas une information. Car, comme il en a fait deux, la réglementation du parti ne lui permet pas de faire un 3e mandat. S’il veut le prolonger, il devra amender les statuts de l’USFP.

    En tout cas, il a encore deux ans à tirer en tant que patron de cette formation. D’ici là, d’autres candidats peuvent surgir du lot. C’est le cas notamment de Ahmed Réda Chami, ancien ministre. Il y a quelques années, il était tenté par cette aventure. Mais depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Les mauvaises langues avancent un autre scénario déjà écrit. Pour elles, Driss Lachgar avait passé un deal avec Habib El Malki pour lui confier le parti contre un soutien lors du congrès.

    Qu’importe, ce sont les bases de l’USFP qui devront choisir le candidat qui portera leurs couleurs. Pour l’heure, c’est encore prématuré pour opérer un casting. Beaucoup s’attendent à un rajeunissement des dirigeants. C’est à ce prix que le parti aura des chances de s’enraciner dans la société.

    Certains observateurs vont jusqu’à faire croire que l’Etat est en train d’encourager le retour en force des socialistes sur la scène politique, pour un meilleur équilibre entre les progressistes et les conservateurs. Pour convaincre, ils  citent les dernières nominations royales à la tête d’institutions constitutionnelles comme Driss Guerraoui, président du Conseil de la concurrence, ou encore Ahmed Réda Chami, président du CESE.

    Pareil pour Amina Bouayach, portée à la tête du CNDH et Mohamed Ameur, ambassadeur du Maroc à Bruxelles. Sans parler de la sortie de Mohamed El Achaâri au Forum de la MAP pour que les socialistes s’impliquent désormais dans le débat politique.

    Mais dans l’immédiat, le premier secrétaire a deux virages à négocier. L’un porte sur la manière de conduire le remaniement ministériel en cours de préparation. Sur ce point, depuis le départ, Driss Lachgar a été on ne peut plus clair. Il est favorable à une compression du nombre des ministres pour se limiter à 22 portefeuilles. Ceci dit, il est content du bilan de ses ministres.

    L’ancien ministre des Relations avec le Parlement affiche clairement ses préférences pour un nombre limité des alliés devant composer la majorité. Il estime qu’avec 6 partis comme actuellement, il est difficile de faire fonctionner avec célérité et efficacité la coalition gouvernementale. Ce total peut être compressé à quatre, tout en gardant la majorité au sein de la Chambre des représentants. En fait, en agissant de la sorte, le premier secrétaire de l’USFP vise l’exclusion du PPS de l’équipe gouvernementale.

    Dans cette tentative d’élimination du parti de Nabil Benabdallah, Driss Lachgar n’est pas seul. Il est indirectement appuyé par le RNI dont le président n’a pas dissimulé sa volonté de récupérer le ministère de la Santé, actuellement occupé par Anass Doukali, membre du bureau politique du PPS. Aziz Akhannouch veut reprendre ce portefeuille à l’occasion de ce remaniement ou à la suite des élections législatives de 2021.

    En tout cas, avant les négociations pour la formation du gouvernement en 2017, le patron de l’USFP avait fait preuve d’une efficacité sans pareille. Avec à peine un groupe parlementaire, le premier secrétaire avait réussi à obtenir la présidence de la Chambre des représentants.

    Dans ces tractations, cette fonction prestigieuse équivaut à deux portefeuilles ministériels. En plus de cela, il a pu décrocher deux postes de ministre et un secrétariat d’Etat. Toutefois, en dépit du classement électoral, l’USFP reste un acteur majeur dans la société.

    L’autre virage qu’il devra réussir concerne la réconciliation, annoncée officiellement lors d’une conférence de presse, il y a une dizaine de jours. Son lancement est programmé le 29 octobre prochain, à l’occasion de l’anniversaire de l’enlèvement et de la disparition du leader Mehdi Ben Barka en 1965, devant la brasserie Lipp à Paris.

    Visiblement, dans la tête de Driss Lachgar, cette opération semble concerner les symboles du parti dont certains l’ont quitté un moment de colère ou de divergence politique. Un membre du bureau politique de l’USFP rappelle que la plupart de ceux qui sont ciblés par cette opération sont d’anciens ministres ou ex-députés, ayant dépassé l’âge de 70 ans (Driss Lachgar en a déjà 65 ans).

    Cependant, la réconciliation aura un sens si elle est tournée vers les jeunes générations, souligne ce membre du bureau politique. C’est en investissant les grands dossiers comme la prise en charge des libertés individuelles qu’on peut s’implanter dans la société, dit-il. Driss Lachgar est conscient de la nécessité de réanimer le parti pour qu’il se réconcilie avec les couches populaires.

    Prophétie

    A l’approche des élections, tous les candidats et patrons des partis affirment qu’ils vont arriver en tête. Une manière de mobiliser les troupes, surtout après avoir touché les fonds comme c’est le cas de l’USFP. Car il y a encore moins de 20 ans, le parti représentait la première force du pays. Il faisait encore trembler les pouvoirs publics. Aujourd’hui, cela paraît lointain et inaccessible. Driss Lachgar n’est pas de cet avis. Pour lui, c’est à portée de main surtout après ce qui arrive en Espagne et au Portugal avec la remontée des partis socialistes. Le premier secrétaire de l’USFP est convaincu que cette vague rose va contaminer le Maroc.

    Mohamed CHAOUI

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