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    Politique

    Remaniement: La majorité traîne les pieds

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5597 Le 20/09/2019 | Partager
    Aucune initiative pour expliquer sa vision du nouvel organigramme
    Le MP annonce une commission pour examiner les CV des candidats
    Le PJD opte pour le black-out

    Si le Roi a chargé publiquement le chef du gouvernement de soumettre des propositions pour un remaniement ministériel, selon un calendrier, ce n’est pas pour que les partis croisent les bras, en attendant la providence. Car, en dépit de cette première dans les annales politiques marocaines, les partis de la majorité n’ont jusqu’ici pas fait preuve de réactivité à la hauteur des enjeux.

    Près de deux mois après l’annonce royale, les alliés de la coalition gouvernementale n’ont pas pris par exemple d’initiative pour exposer publiquement leur vision du nouvel organigramme. Surtout, il est acquis que le gouvernement El Othmani II subira une cure d’amaigrissement, à travers la réduction du nombre des ministères et la suppression des secrétariats d’Etat. Aujourd’hui, l’exécutif est composé de 38 membres. La nouvelle architecture suppose la restructuration de plusieurs départements, pour l’émergence de pôles homogènes.

    Avec toutes ces nouveautés, aucune formation politique n’a cherché à surfer sur la vague pour expliquer à ses potentiels électeurs sa vision de cet organigramme. Il faut croire que la classe politique est anesthésiée. Il faut dire aussi que dans ce processus de remaniement, des responsables reconnaissent leur indigence en matière de compétences dans leurs rangs. Pour remédier à cette lacune, ils ont donc fait des gestes.

    C’est le cas de Mohand Laenser qui a annoncé la mise en place d’une commission chargée d’étudier les CV qui ont commencé à pleuvoir sur le secrétariat général du Mouvement populaire. Idem pour l’USFP qui a saisi les sections régionales en vue de repérer les compétences dans les rangs de ses militants et de ses sympathisants.

    Le PJD, qui conduit l’actuelle majorité, a choisi de ne rien laisser filtrer. Le sujet du remaniement a été discuté lors des réunions de son secrétariat général mais sans rentrer dans les détails, selon des responsables du parti. Le choix des profils obéit traditionnellement à une procédure complexe, qui n’obéit toujours pas à la sélection des compétences, mais plutôt à des personnalités influentes au sein de la formation.

    Sachant que le Roi a été on ne peut plus clair: un remaniement ministériel sur la base de la logique de compétences et de la méritocratie. Une autre question intrigue: la concomitance de la publication des rapports de la Cour des comptes avec la préparation du remaniement. En effet, les magistrats de cette Cour ont épinglé la gestion de plusieurs ministères dont notamment la Santé, l’Agriculture, l’Equipement et la formation professionnelle.

    Un gouvernement ramassé, formé de technocrates?

    Par ailleurs, des observateurs poussent la réflexion pour s’interroger sur la passivité qui caractérise la classe politique. Pour l’un d’entre eux, les partis de la majorité auraient pu faire la proposition au Roi pour constituer un gouvernement ramassé, formé de technocrates pour la gestion des affaires publiques d’ici 2021. D’autant que le Souverain mise sur  les compétences dans le prochain gouvernement qui ne peuvent pour l’heure exister que chez les technocrates.

    De cette façon, les dirigeants des partis prennent plus de temps pour aller s’occuper exclusivement de leurs formations respectives dans la perspective de mieux préparer les élections de 2021. Une occasion aussi de les moderniser tout en apportant leurs contributions à l’élaboration du nouveau modèle de développement.

    L’idée est de prendre du recul pour que l’échéance de 2021 soit le lancement d’une nouvelle dynamique économique, orientée vers la résorption des disparités sociales et spatiales. Surtout que le prochain gouvernement ne pourrait pas prendre de décisions et des actions majeures. Elles resteront suspendues à la fin des travaux de la Commission en charge de la réflexion sur le nouveau  modèle de développement, qui prendront au moins entre 8 et 10 mois avant de livrer leur copie.

    Après ce grand rendez-vous, c’est l’entrée de plain-pied dans le couloir électoral. Car, 2021 sera une année électorale par excellence. En effet, plusieurs scrutins sont programmés au cours de cette période. Le calendrier prévoit des élections législatives, communales et régionales.

    A cela s’ajoutent le vote au niveau des Chambres professionnelles (commerce et industrie, pêche maritime, artisanat,…), le renouvellement du tiers des sièges à la Chambre des conseillers, l’élection des représentants des salariés des secteurs privé et public...

    Toutes ces échéances doivent être préparées par les partis politiques. Ce qui suppose des réunions marathoniennes avec le ministère de l’Intérieur. Il s’agira de revoir en profondeur tout l’arsenal juridique, avec la refonte d’une multitude de textes, avant de les introduire dans le processus d’adoption.

    En salle de réanimation

    La pause pourrait permettre aux partis de se requinquer. Une occasion en or pour se réorganiser en profondeur pour mieux se préparer à la compétition de 2021. Aujourd’hui, la plupart des formations sont un corps malade. Chacun des 8 partis les plus représentés au Parlement, a ses particularités. Le PAM, au bord de l’implosion est à terre. Pourtant, c’est la 2e force à la Chambre des représentants (102 sièges) et la première formation d’opposition. Le MP n’est pas au top de sa forme. Il souffre d’une crise de l’absence de relève. L’Istiqlal, après la parenthèse de Hamid Chabat, essaie de se refaire une santé. Le PJD n’est pas aussi cimenté qu’il apparaît. On l’a bien vu lors de la création de la Fondation Abdelkrim Al-Khatib. Les piliers du Mouvement pour l’unicité et le renouveau, bras idéologique du PJD, ont brillé par leur absence. Même Abdelilah Benkirane n’a pas daigné faire le déplacement. Le RNI reprend ses activités dans les régions et redynamise les organisations parallèles. Il tient une réunion du bureau politique ce vendredi à Agadir.

    Mohamed CHAOUI

     

     

     

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