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    Dossier Spécial

    Jeunes et politique: Après l’euphorie, la désillusion

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5575 Le 16/08/2019 | Partager
    Les partis n’arrivent pas à attirer les jeunes compétences
    De nouveaux mouvements veulent «faire de la politique autrement»
    Le quota des jeunes au Parlement, un fiasco?
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    Contrairement à l’effervescence de 2011, les jeunes se sont désintéressés de l’action politique, notamment suite aux déceptions liées aux faibles performances des deux gouvernements conduits par le PJD. Aujourd’hui, à peine 54% de cette catégorie croient encore en l’utilité du vote

    L’effervescence de 2011 avait redonné espoir aux jeunes dans l’action politique. La mobilisation lors des manifestations du Mouvement du 20 février, l’implication dans le processus de réforme de la Constitution, ainsi que le taux de participation enregistré lors des élections organisées la même année témoignaient d’une réconciliation des jeunes avec la politique.

    8 ans après, l’euphorie semble laisser place à une grande déception. Une situation confirmée par plusieurs sondages, dont celui réalisé par L’Economiste-Sunergia sur l’utilité du vote au Maroc. Chez les jeunes, la part des personnes qui croient en l’utilité du vote dépasse légèrement 54% chez les catégories des 15-24 ans et des 25-35 ans. Face à cette perte d’intérêt, le Roi a appelé, dans plusieurs discours, à «inciter les jeunes à s’engager dans l’action politique. Les générations d’aujourd’hui étant les mieux placées pour connaître les problèmes et les nécessités de leur époque».

    L’essoufflement de la dynamique d’implication des jeunes dans les affaires publiques est lié à l’incapacité des partis politiques à se renouveler et à proposer une offre attractive pour cette catégorie. Surtout que la génération Y est très impliquée dans les débats autour des sujets de société. Sauf que cette mobilisation reste cantonnée au niveau des réseaux sociaux, sans que cela ne se traduise en actions de vote ou d’adhésion à des partis politiques.

    Ces derniers n’arrivent toujours pas à recruter de jeunes compétences, à même de favoriser leur rajeunissement et la mise à niveau de leurs modes opératoires. Certains jeunes cadres, ayant fait leurs preuves dans des formations politiques, ont fini par jeter l’éponge. Pour plusieurs d’entre eux, cela est dû notamment à la culture patriarcale qui règne encore dans les partis.

    Pour d’autres, à l’instar d’Anouar Zine, qui avait dirigé la jeunesse de l’UC, avant de se porter candidat à la tête de cette formation face à Mohamed Sajid, le problème est également lié à l’absence d’une offre attractive. «En politique, tant qu’il n’y a pas de contenu, le contenant ne se vendra pas, et les gens ne s’inscriront pas, et les inscrits ne voteront pas, et la démocratie désirée en prendra un coup», peut-on lire dans son ouvrage, Changer.ma, publié après avoir mis fin à ses engagements politiques.

    L’idée était de lancer un nouveau mouvement au sein de la société civile pour inciter les jeunes à s’intéresser davantage à la chose publique. Un autre mouvement a été également lancé par des jeunes cadres, désirant faire de la politique autrement. «Maan», lancé par Hamza Hraoui et un groupe de jeunes de la société civile, est présenté comme un mouvement «alternatif et démocratique» et «une force de proposition constructive et rationnelle», afin que la politique «cesse d’être une fabrique de désespoir».

    L’un des premiers défis fixés par ce mouvement: rétablir la confiance des jeunes, et des citoyens de façon générale, dans l’action politique. L’émergence de ce type d’initiative témoigne, selon certains observateurs, de la faillite des partis, incapables d’injecter du sang neuf dans leurs structures. Même les jeunes ayant grimpé les échelons au niveau des organisations parallèles de ces formations se retrouvent souvent face aux difficultés d’accéder aux postes de responsabilité.

    Néanmoins, l’expérience du quota permettant aux jeunes d’accéder au Parlement s’est également avérée être un fiasco. La plupart des jeunes députés, élus via la liste nationale, n’ont pas fait preuve d’un grand dynamisme, se contentant de reproduire les pratiques de leurs aînés. L’essentiel de ces élus n’ont pas réussi à briguer un 2e mandat au niveau d’une circonscription locale.

    Lors des élections de 2016, un autre phénomène a été particulièrement pointé. Sur l’ensemble des jeunes élus, une grande partie est considérée comme des «fils de». Les exemples ayant suscité le plus d’intérêt sont notamment Abdelmjid El Fassi, fils de Abbas El Fassi (PI), Yassin Radi, fils de Driss Radi (UC), ou encore Ouiam Lamharchi, fille de Laarbi Lamharchi (PAM)… Finalement, cette expérience, visant à favoriser une plus grande représentativité des jeunes au sein de l’hémicycle, a buté contre les défaillances du système.

    Jeunesse

    Les organisations de jeunesse des partis avaient constitué historiquement des pépinières, favorisant l’éclosion de grandes figures politiques. C’était le cas notamment des jeunesses des grandes formations, comme l’Istiqlal ou l’USFP. Aujourd’hui, les partis n’arrivent plus à attirer les jeunes compétences. Les organisations de jeunesse ne jouent plus un rôle décisif dans la vie de ces formations, sauf dans quelques exceptions. Tel le PJD, qui dispose d’une organisation de jeunesse très influente. C’est l’une des principales forces de résistance à laquelle risque de faire face le patron du parti et l’actuel chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani. Contrairement aux cadres du parti, notamment les ministres et les membres du secrétariat général, les membres de la jeunesse du PJD s’inscrivent dans une ligne de conduite assez rigide, en déphasage avec les positions officielles de cette formation. Les jeunes Pjdistes sont plus en phase avec l’ex-chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane. En témoigne le dernier meeting national de cette organisation, lors duquel ils avaient accueilli l’ex-patron du PJD par des slogans comme «Le peuple veut le retour de Benkirane».

    M.A.M.

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