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    Culture

    Musée Yves Saint Laurent Marrakech: «Desert Design» rétablit la vérité sur les tapis nomades

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5569 Le 05/08/2019 | Partager
    Sortir du symbole pour ne voir que l’oeuvre
    Une trentaine de tapis réalisés par les tisserandes d’Aït Khebbach
    Une exposition visible jusqu’au 8 octobre 2019
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    Arnaud Maurières et Eric Ossart, architectes paysagistes, ont patiemment collecté le travail de ces femmes de la tribu Aït Khebbach qui, depuis quatre siècles, nomadise dans une vaste plaine saharienne (Source: E. Ossart)

    Voyages et rencontres. «Dans cette région du désert oriental marocain, nous avons été accueillis au sein des familles. Les tapis ont été déployés pour nous accueillir et nous avons été émerveillés».

    Accompagnés de Lahcen Aït Khouya, «sans qui rien n’aurait été possible», Arnaud Maurières et Eric Ossart, architectes paysagistes, collectent patiemment le travail de ces femmes de la tribu Aït Khebbach qui, depuis quatre siècles, nomadise dans une vaste plaine saharienne entre l’oasis de Tafilalet au Maroc et celle de Béchar en Algérie.

    Ces collectionneurs de textiles parcourent la région méditerranéenne, depuis près de 40 ans, au gré des déserts de Syrie, d’Irak, d’Egypte… Leur quête: des tissages nomades, entre vélums de tente, couvertures, tapis, vêtements, ornements pour les animaux... «Pour la première fois avec les tisserandes d’Aït Khebbach, nous avons eu la parole des femmes.

    Pour toutes les collections, même les plus anciennes, ce sont toujours les marchands qui racontent à peu près ce qu’ils veulent. Ils ont eux-mêmes eu affaire aux rabatteurs, qui achètent les tapis dans les villages en négociant avec les hommes de la famille des tisserandes. Toute la littérature qui a été faite autour de ces tapis est donc complètement erronée», raconte Arnaud Maurières.

    En passant tant de temps auprès d’elles, ils ont eu un nouveau regard. «Ces femmes ont un talent intrinsèque. Notre regard occidental sur les arts dits tribaux, en donnant des valeurs symboliques aux choses, leur enlève leur valeur plastique et artistique. Nous sommes une tribu pour eux également, il ne faut pas l’oublier», continue le collectionneur.  

    Ces trésors, qui ont fait l’objet de plusieurs ouvrages et expositions, forment aujourd’hui une collection achetée par le musée Bargoin à Clermont-Ferrand en France, partenaire de l’exposition au musée Yves Saint Laurent Marrakech, visible jusqu’au 8 octobre 2019. Une trentaine de tapis contemporains sont présentés pour cet événement baptisé Desert Design.

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    Une trentaine de tapis contemporains sont présentés pour la nouvelle exposition temporaire du musée Yves Saint Laurent Marrakech, visible jusqu’au 8 octobre 2019 (Source: A. Zemmama)

    Uniquement des tapis réalisés pour un usage domestique. Car ces tisserandes ne vendent pas aux rabatteurs. Elles ont commencé à tisser très tard, dans les années 80, en raison de la sédentarisation forcée par le climat. «Elles tissent en toute liberté, sans vocabulaire antérieur auquel elles doivent se référer», confirme Arnaud Maurières.

    L’autre particularité est qu’en se sédentarisant, elles perdent souvent leur troupeau et donc la laine. Elles ont alors détricoté leurs propres pull-over et ceux qu’elles achetaient en gros au souk.

    D’où la variété de tons à la fois vifs et de très bonne qualité. Dans un vivifiant déluge de couleurs, on découvre tout leur talent pour le réemploi des matières et la modernité des motifs. Le travail de ces tisseuses berbères contraste avec leur environnement austère et minimal comme peut l’être le désert.

    «J’ai essayé de recréer cette idée du vide, du rien. L’expérience du désert vécue par Arnaud et Eric avant la rencontre avec ces femmes, qui opère un changement radical», confie Younes Duret, scénographe de l’exposition.

    Le collectionneur Maurières voulait en quelque sorte rétablir la vérité… «Il faut arrêter ces histoires d’interprétation, plus ou moins ésotériques ou ethnologiques, qui sont généralement complètement fausses, et simplement regarder les oeuvres pour ce qu’elles sont, et les capacités de ces femmes à les réaliser».

    J.A.

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