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    Chronique

    En route pour les élections américaines

    Par Mohammed GERMOUNI | Edition N°:5568 Le 02/08/2019 | Partager

    Pr Mohammed GERMOUNI est économiste et politologue, qui a exercé dans le secteur de la Banque, de la haute administration et enseigné dans plusieurs établissements universitaires au Maroc et à l’étranger. Il a publié quelques ouvrages dont notamment «Le protectorat français au Maroc, un nouveau regard» éditions L’Harmattan, Paris, 2015, et récemment, «Economies et Sociétés du XXIe siècle, en forme de chroniques», édition Maroc Livres, Casablanca, 2019 (Ph. MG)

    Les élections américaines sont des évènements internationaux importants: omniprésence d’une hyper puissance, dans les débats et conflits agitant la planète. S’agissant des prochains scrutins, en novembre 2020, relatifs au choix du président et au renouvellement du Congrès, Chambre des députés et le tiers du Sénat, le compte à rebours a commencé.

    Les lendemains d’Obama n’ont pas permis l’apparition de relève consensuelle, expliquant le grand nombre  d’aspirants aujourd’hui. Hormis une coordination organisée par Nancy Pelosi, Présidente de la Chambre basse, puissante députée de Californie,  aucune individualité n’a pu encore réellement percer au niveau national. Au contraire, l’ancien vice-président Joe Biden  (qui pouvait revendiquer une certaine prééminence), s’est vu  contester le rôle de premier opposant au président actuel.

    Plus complexe, la contestataire est une sénatrice à qui certains républicains dénient le droit de se présenter à cause de ses origines indou-jamaïquaines (sic)! Cette élue de Californie  a ouvertement reproché à Biden, son rôle «ambigu» face à la politique dite «des bus scolaires» pour lutter contre la discrimination raciale. Biden aurait fait en sorte que Noirs et Blancs ne se croisent jamais.

    La jeune génération

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    Nancy Pelosi, présidente de la chambre des représentants, en visite au Ghana fin juin 2019, commémore le début de la traite des esclaves vers les USA, il y a 400 ans. La presse régionale s’est montrée très ironique sur ce voyage «électoral». Nancy Pelosi est la seule à avoir réussi une certaine coordination dans un parti démocrate éclaté (Ph. Benin TV)

    Jusque-là, Biden, le sénateur du Vermont Bernie Sanders et la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren formaient la tête du  peloton.  Sur le fond, c’est un  règlement de compte politique  légitime, instruit par une ancienne procureure s’assurant ainsi une plus grande visibilité pour les débats à venir….

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    Un travail exceptionnel et courageux, sur cette phase de l’Histoire du Maroc. A commander dans votre librairie, car il date de 2015. Il existe aussi en version numérique

    Une jeune génération a fait son apparition, représentée notamment par Pete Buttigieg, maire de South Bend dans l’Indiana et par l’ancien député du Texas Beto O’Rourke, tous deux localement populaires. Il faut noter leur parler hispanique, s’adressant aux communautés hispanophones, en début ou à la fin  de leur prise de parole. Ils dérangent en tout cas certaines mœurs politiques. Même si  l’espagnol a déjà été utilisé officiellement par leurs prédécesseurs, même républicains (Texas, au Nouveau Mexique ou en Californie), à l’instar des frères  Bush notamment.

    Un détail de poids: après le retrait d’Hilary Clinton,  un «syndrome de l’échec»  a saisi la scène politique depuis sa défaite cinglante lors de la dernière course présidentielle. Ceci a clôturé la longue saga d’une «famille régnante» démocrate.

    Des inspirations dispersées et des divisions idéologiques caractérisent les débats. Couverture médicale universelle, immigration sont au centre du programme social et des préoccupations politiques  démocrates. Les médias républicains traitent ces options de « socialo» voire de «communiste».

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    Le dernier livre de Mohammed Germouni reprend ses chroniques, publiées dans L’Economiste.
    De l’une à l’autre, de stupéfiants raccourcis du temps

    Les questions internationales et géopolitiques, comme la guerre commerciale contre la Chine ou les sanctions économiques et financières affectant un certain nombre d’Etats, sont absentes du débat.

    Enfin, c’est dans le New Hampshire, petit Etat du nord-est des Etats-Unis, que les premières primaires désigneront le candidat démocrate, et bien entendu le vote sera particulièrement suivi. Cette «primaire», prévue en février, aura lieu juste après la rencontre de l’Iowa les  «caucus»  permettant de désigner, Etat par Etat, des délégués pour la convention nationale de chaque parti, délégués qui choisiront leur candidat en dernier ressort.

    La nomination officielle du candidat démocrate aura lieu en juillet 2020 à Milwaukee, dans le Wisconsin,  choix  symbolique puisqu’en 2016 cet Etat avait voté pour l’actuel président républicain.

    Les républicains choisiront leur candidat en août de l’année prochaine, à Charlotte en Caroline du Nord, sans surprise.  Donald Trump y sera investi pour être le candidat du parti, n’ayant en tout et pour tout qu’un  seul adversaire déclaré jusqu’ici, un inconnu, Bill Weld. Mais la politique et les affaires du monde sont loin d’être un long fleuve tranquille…

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    Les résultats de 2016, Clinton contre un adversaire improbable, Trump, qui a gagné (Infographie The Sun)

    Unité républicaine, division démocrate                                                        

    Le démarrage de la campagne montre d’ores et déjà deux phénomènes opposés:
    - D’une part, le camp républicain paraît homogène autour du président, seul candidat sérieux à sa propre succession. Il ratifie dans sa majorité même les mesures de politique migratoire ainsi que ses décisions sanctionnant des pays qui ne se conforment pas aux desideratas américains. Tout porte à croire, sur la base des divers sondages, que cette unité trouve un écho favorable dans l’Amérique profonde. Un socle électoral déterminant est ainsi constitué.
    - D’autre part, dominant la Chambre dite basse depuis les élections de mi-mandat de 2018, le camp démocrate est traversé de courants idéologiques, de conflits de personnes, de frictions raciales subtiles, voire linguistiques et  générationnelles. C’est ce qu’ont donné à voir les premiers débats entre les vingt-quatre candidats officiels  déclarés jusqu’ici. Seuls vingt d’entre eux ont satisfait les critères convenus. Le premier grand rendez-vous de la campagne était le débat de Miami, en juin dernier, entre les candidats démocrates. Le parti a annoncé qu’il y aurait douze débats dans l’année. La condition pour y être retenu  est d’obtenir 1% au moins des intentions de vote dans au moins trois sondages, ou de  réunir soixante-cinq mille donateurs.

                                                                                   

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    Le cas de Bill Di Blasio maire démocrate de la plus grande ville des USA, New York, est intéressant. Bien placé au départ il était une des figures montantes de la «nouvelle gauche». Son image a sérieusement pâti depuis, puisque un sondage effectué en mai dernier, montre que les trois quarts des sondés new yorkais désapprouvaient sa candidature à la prochaine présidentielle.

    Il lui est notamment reproché sa «mollesse» à lutter efficacement contre l’inégalité, contre la crise du logement, la «gentrification» (embourgeoisement qui chasse automatiquement les plus pauvres), et surtout contre l’augmentation du nombre des sans-abris de la métropole.

     

     

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