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    Analyse

    Marrakech/Tourisme: «Il faut militer pour l’achèvement des travaux»

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5564 Le 25/07/2019 | Partager
    La 3e zone touristique de Marrakech complètement livrée à elle même
    Aucun suivi des projets pré­vus par MedZ, les acquéreurs «dormants» pas inquiétés
    Difficile de commercialiser des chambres d’hôtels qui offrent des «vues sur chantiers»
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    Lahcen Zelmat, président de l’Agdal Club Marrakech: «L’indifférence des responsables vis-à-vis de cette zone finira par la massacrer» (Ph. L’Economiste)

    Conçue au départ comme la 3e zone touristique de Marrakech qui devait per­mettre aux investisseurs de poursuivre la croissance de la cité ocre, l’Agdal est passée à la trappe sans suivi et sans ac­compagnement. Le plus grand projet, un parc d’exposition qui devait relancer l’investissement dans la zone et pousser les propriétaires à achever leurs unités en chantier depuis 2008, a été dérouté vers un autre site. Pour Lahcen Zelmat, président de l’Agdal Club Marrakech, l’indifférence des responsables vis-à-vis de cette zone finiront par la massacrer. Entretien

    - L’Economiste: 13 ans après sa com­mercialisation, l’Agdal montre encore une image de désolation... Quel impact sur l’activité touristique de la zone?
    - Lahcen Zelmat:
    C’est malheureu­sement une réalité qui perturbe la vie tou­ristique sur le site et qui ne permet pas à la zone de réaliser les objectifs tracés. Tant que l’Agdal n’est pas achevée, elle ne saura of­frir un hébergement de qualité aux clients et reste peu attrayante. Ce qui décourage même ceux qui ont ouvert leurs unités. En dépit des contraintes, ces promoteurs ont respecté les délais de construction et offrent aujourd’hui 6.000 lits, plus que la capacité d’une station Azur. Toutefois, ils sont aujourd’hui pénali­sés. Difficile en effet de commercialiser des chambres d’hôtels qui «offrent» des vues sur chantiers.

    - L’impact post COP 22 continue-t-il à se faire ressentir? Quel est le taux d’occu­pation moyen de l’Agdal aujourd’hui?
    - Depuis la COP22, ce taux est en hausse, mais on aurait pu faire mieux si la zone avait été soutenue. Grâce à son posi­tionnement, l’Adgal a occupé le devant de la scène durant la COP et ses hôtels ont permis de réussir ce méga-événement qui a remis sur les radars la destination de Marrakech. Il faut savoir que les zones hôtelières sont dépendantes d’un centre de conférence et les établissements situés à proximité s’en sortent mieux que les autres. L’Agdal, qui occupe la 3e position en termes de taux d’occupation, souffre d’une absence de centre de conférence, mais aussi de chan­tiers qui s’éternisent et d’une absence de politique d’accompagnement. Alors que le contrat-programme régional de Marrakech, réalisé par la SMIT, avait acté la décision de construire un centre de conférence/parc d’exposition à l’Agdal, les politiques en ont décidé autrement et ont dérouté le projet ailleurs. Pourtant, une telle structure située à l’Agdal aurait bénéficié à l’ensemble des hôtels de la ville, vu la proximité. Nous avons la forte impression que tout est fait pour massacrer cette zone. Il aurait été plus judicieux d’achever les projets prévus initia­lement, en offrant à l’Agdal toutes les infras­tructures nécessaires à son développement.

    - Puisque les taux d’occupation sont corrects, pourquoi les autres promoteurs n’ont pas honoré leurs engagements?
    - En réalité, rien n’a été fait pour accompagner la mise en oeuvre de la zone. L’aménageur, MedZ, lui-même, n’a pas respecté son propre cahier des charges en oubliant les espaces verts. Du côté des acquéreurs, certains n’ont pas non plus honoré leurs enga­gements et curieusement ne sont pas vraiment inquiétés alors qu’au départ, ils devaient respecter les délais de réalisation pour ne pas tomber dans le piège d’une zone inachevée. Il est anormal que les chantiers soient en arrêt depuis 10 ans et que les terrains n’aient pas encore été récupérés. Rien n’a été fait non plus au niveau des transports et de la sécurité de la zone qui reste à la merci des mafias des taxis, notamment la nuit. C’est pour cela que nous avons créé l’Agdal Club Marrakech, une association qui regroupe l’ensemble des opérateurs de la zone (hôteliers, Al Mazar, Mégarama…). L’objectif est de militer pour l’achèvement des travaux de la zone et faire du lobbying pour promouvoir l’Agdal.

    - Une zone hôtelière, ce ne sont pas seulement des établissements d’héberge­ment, mais aussi des sites d’animation...
    - C’est là ou le bât blesse. Il est difficile d’attirer des investissements dans le loisir tant que la zone est en chantier. Comment attirer des gens avec le manque de sécurité et de transport? Notre clientèle est elle-même pénalisée parce que l’animation à l’extérieur des hôtels est presque inexistante. Dans ce ta­bleau si sombre, il y a tout de même quelques réalisations. L’Agdal a réussi à attirer un évè­nement de marque qui est le Morocco Race et qui, sans doute, aide à générer des nuitées pour la zone en plus de son apport média­tique pour Marrakech et le Maroc.

    Des acquis en danger

    • C’est 5.000 emplois directs crééspar les hôteliers, Carrefour, Ma­zar… qui ont fait confiance à la zone. Plus des deux tiers des employés sont issus de MéchouarKasbah
    • C’est une capacité litière de 6.000 lits, bien plus que n’offre une sta­tion Azur
    • Des équipements importants en termes d’animation, mais insuf­fisants vu le potentiel. Parmi ces équipements, un Mégarama, le tripe five (555)…
    • Deux hôpitaux internationaux et un troisième en cours.
    • Des équipements sportifs déployés- non loin des jardins de l’Agdal- avec un parc sportif et bientôt des terrains de proximité.
    • Un circuit WTCC de renommée · internationale qui va être revu pour faire circuler les voitures àcôté des remparts

    Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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