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    Analyse

    Marché des capitaux: La descente aux enfers des sociétés de Bourse

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5561 Le 22/07/2019 | Partager
    13 millions de DH de perte d’exploitation en 2018
    La guerre tarifaire crée des remous dans la profession
    L’état de la Bourse et une réforme qui traîne assombrissent les perspectives
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    L’effet positif des rentrées exceptionnelles suite à la démutualisation du capital de la Bourse en 2016 aura été de courte durée sur la santé financière des sociétés de Bourse. Aucune structure n’est épargnée par la conjoncture du marché. Si la situation perdure, certains opérateurs pourraient ne pas y survivre. La masse salariale et les charges externes sont parmi les principaux éléments d’ajustement pour permettre à certaines structures de tenir encore

    La toute récente cession de 8% de Maroc Telecom en Bourse n’aura pas seulement requinqué les finances publiques. L’opération devrait aussi insuffler un peu d’oxygène aux sociétés de Bourse. Le syndicat de placement pour l’offre publique de vente de Maroc Telecom se partagera une commission de 22 millions de DH alors qu’une commission de 60 millions de DH sera répartie entre les arrangeurs de l’opération pour la transaction sur le marché de bloc.

    Par ailleurs, Maroc Telecom continue de générer d’importants volumes sur le marché actuellement avec les ajustements des OPCVM suite aux changements réglementaires intervenus récemment. Ils ont la possibilité de pondérer Maroc Telecom ou encore Attijariwafa bank jusqu’à 20% dans leur portefeuille. Ils sont donc à l’achat sur ces deux valeurs pour se rapprocher de ces niveaux. C’est une parenthèse heureuse dans une conjoncture bien difficile pour les sociétés de Bourse.

    La profession a vécu un exercice 2018 cauchemardesque avec une perte d’exploitation cumulée de 13 millions de DH et un résultat net déficitaire de 9 millions de DH après un bénéfice de 52 millions de DH l’année précédente (2017).

    L’effet positif des rentrées exceptionnelles suite à la démutualisation du capital de la Bourse en 2016 aura été de courte durée. Même les grandes structures ne sont pas épargnées. Attijari Intermédiation, Upline Securities, BMCE Capital Bourse, CFG Marchés... ont vu leurs bénéfices s’effondrer ou enregistrer de lourdes pertes.

    L’état du marché boursier et une réforme qui n’aboutit toujours pas assombrissent les perspectives pour les brokers. La chute des volumes en Bourse, l’absence de nouvelles introductions et d’opérations d’appel public à l’épargne donnent lieu à une guérilla tarifaire entre les opérateurs sur les rares opérations qui sont initiées.

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    La faiblesse des volumes sur le marché boursier, l’absence d’introduction en Bourse et d’opérations d’appel public à l’épargne donnent lieu à une bataille sans merci entre les opérateurs sur les rares opérations qui sont initiées

    Les plus faibles (les sociétés qui ne sont pas adossées aux banques) s’enfoncent encore plus. Comme dans le marché de l’audit par exemple, les prix sont bradés pour appâter les clients.

    «Nous assistons à une destruction de valeur. Tout le monde casse les prix», relève un professionnel de marché. Sur les opérations de fin d’année sur lesquelles les volumes sont significatifs, la guerre des prix atteint un niveau excessif. L’année dernière, le chiffre d’affaires de la profession a dévissé de 20% à 200 millions de DH.

    Au-delà des maigres volumes qui transitent sur les marchés, certains changements réglementaires impactent les revenus des sociétés de Bourse, surtout dans la relation avec les investisseurs étrangers. La directive européenne MiFID II impacte les commissions facturées sur les opérations des investisseurs étrangers.

    Si la situation perdure, certains opérateurs pourraient ne pas y survivre. La masse salariale et les charges externes sont parmi les principaux éléments d’ajustement pour permettre à certaines structures de tenir encore. Les effectifs de la profession se sont effondrés ces dernières années. Discrètement, certains analystes se sont reclassés dans les entreprises.

    Dans plusieurs structures, les équipes ont depuis longtemps fait une croix sur les primes et les bonus de fin d’année. Si les grandes peuvent encore se reposer sur leur maison-mère, la situation serait plus compliquée pour les sociétés de Bourse indépendantes. «Les coûts fixes des sociétés de Bourse sont élevés et beaucoup ne pourraient pas continuer à résister longtemps», relève un banquier.

    Par ailleurs, l’Autorité des marchés met la pression sur les opérateurs pour qu’ils se mettent aux meilleurs standards internationaux. Ce contexte pourrait favoriser une consolidation dans le secteur. Cela dit, les sociétés de Bourse ont fait preuve de résistance ces dernières années. «Il y a des années qu’elles agonisent, mais elles ne meurent jamais», ironise un professionnel de marché.

    F.Fa

     

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