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    Analyse

    Saïdia mise son va-tout sur l’environnement

    Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5553 Le 10/07/2019 | Partager
    Depuis 2014, la station compile les distinctions en matière de développement durable
    Pavillon bleu, littoral durable, certification HQE.... garantissent les niveaux de qualité
    Tourisme vert, riche arrière- pays à explorer... les nouveaux potent
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    Pour Mounir El Farissi, directeur du développement durable à la SDS, «Le développement durable profitera grandement aux stratégies de promotion touristique». En effet, la région dispose d’un arrière-pays qu’il faut valoriser, protéger, et intégrer à la dynamique de développement (Ph. AK)

    - L’Economiste: Un vent de fraîcheur souffle sur Saïdia. Quelles sont les actions de la SDS pour relancer la station touristique? Quelle dimension pour le développement durable?
    - Mounir El Farissi:
    Les apports de la SDS au développement de la station touristique de Saïdia sont multiples. Depuis 2012, un certain nombre d’actifs destinés au développement de la station ont été effectués. Toutefois, une mise à niveau des infrastructures défaillantes devait être menée au niveau du réseau d’assainissement, de la voirie et des espaces paysagers (NDLR: Ce que plusieurs enquêtes de L’Economiste avaient constaté)(1). Des travaux qui ont nécessité un budget de plus de 300 millions de DH. 
    Des études ont révélé que les contraintes liées à l’environnement du site, mitoyen à une zone humide, étaient en fait de véritables atouts touristiques. En effet, le SIBE (Site d’intérêt biologique et écologique) de plus de 3.000 ha, à la fois protégé et classé Ramsar, est un écosystème très recherché par les touristes. Il est ainsi également pour l’arrière-pays qu’il faut valoriser, protéger, et intégrer à la dynamique de développement. Nous avons mené des actions communes avec les associations de protection de l’environnement, les acteurs locaux, les scientifiques, les spécialistes et experts versés dans la chose environnementale et le tourisme responsable. L’objectif étant de faire de Saïdia une destination touristique remarquable et singulière en harmonisant les interventions in et hors site. Les engagements pris s’inscrivent parfaitement dans le cadre légal dévolu au développement durable, et les objectifs de la stratégie nationale en matière de réduction de l’empreinte carbone et d’efficacité énergétique.

    - Quel est l’impact réel de vos actions sur l’environnement et le bien-être des estivants?
    - Les efforts menés depuis 2013, ont concerné, en premier lieu, le littoral, les études hydrogéologiques et les études paysagères en rapport à la zone humide. D’autres actions sont réalisées pour préserver le cordon dunaire de l’érosion, soutenir sa fixation dunaire via un système traditionnel naturel (palmes/ganivelles). Une attention particulière est portée à la régénération du couvert végétal, tout en assurant les accès naturels vers la plage. Ces travaux ont été récompensés à deux reprises par les trophées Lalla Hasna Littoral durable, en 2014 et 2016. S’y ajoutent les exigences du label pavillon bleu à savoir la qualité des eaux de baignade, l’installation d’éléments indispensables au confort des estivants au niveau de la plage (rampes d’accès pour personnes à besoins spécifiques, infirmerie, miradors pour la protection civile, camp de plage, sanitaires, douches et services de sensibilisation à la sauvegarde de l’environnement...). La plage de la nouvelle station touristique de Saïdia est labellisée pavillon bleu depuis 2013, et la Marina depuis 2017 (gestion des déchets dangereux, exigences de sécurité et programmes de sensibilisation à l’environnement…). 
    De même, les golfs sont arrosés avec l’eau du Moulouya et ce depuis 2014, moyennant un ouvrage de prise à 26 km. Depuis 2016, la station est engagée et a obtenu plusieurs homologations, dont la certification internationale Haute qualité environnementale HQE pour les volets aménagement, construction et exploitation. Le suivi du bilan carbone de la station est mené depuis 2016 et un contrôle continu et permanent est effectué au niveau de l’énergie, l’environnement, le confort, la santé, la biodiversité, la densité...  L’objectif étant d’assurer la durabilité des investissements, un bien-être aux usagers résidents et visiteurs, une qualité de vie adaptée à la spécificité du site, et surtout une optimisation des consommations énergétiques (arrosage des espaces verts, suivi des équipements) et des charges de fonctionnement.

    - Un gros budget a été investi dans les espaces verts et les espaces collectifs à usage public. Que fait la SDS pour garder Saïdia «verte»?
    - Plusieurs actions sont menées en rapport à la flore, notamment l’incitation à la sauvegarde des espèces endémiques paysagères nécessitant peu d’arrosage et résistant aux embruns marins (tamaris, atriplex, amophilia, genevrier rouge….etc.). Une charte paysagère adaptée a été élaborée dans ce sens. Par ailleurs, un programme de lutte naturelle et biologique contre la prolifération des moustiques est mené en collaboration avec des associations écologiques locales (abris de chauve-souris et martinets, lâché de gambusies dans les lacs des golfs…). Lesquelles mènent également avec la SDS depuis 2013 des actions d’inclusion sociale et de formation, au niveau de la plage et de la station de manière générale en rapport au territoire et à l’arrière-pays (sensibilisation des jeunes issus de milieux défavorisés à la protection de l’environnement, ateliers, académies juniors des golfs)

    (1) Benabid (Mohamed), «Retour à Saïdia: Des odeurs du terroir insoupçonnées…», L’Economiste, 12 septembre 2012.


    Moustiques, gambusies, criblage du littoral... et les élus!

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    Le traitement aérien des moustiques est assuré par un turbo truck d’une capacité de 1.500 litres de bouillie et le placement de nids pour les prédateurs. Et ces tout petits poissons vivipares des eaux calmes sont prédateurs de nids de larves (Ph. A.K.)

    Depuis 2018, lorsque les membres de l’Association des amis de Saïdia ont dénoncé les fortes invasions de moustiques, plusieurs actions ont été entreprises. De nombreuses opérations de démoustication ont été réalisées sur une superficie de 2.100 ha. Au total, 14 sorties aériennes ont été effectuées par un turbo truck, de 1.500 litres de bouillie, pour atténuer la nuisance de ces insectes. Au niveau terrestre, les interventions ont été faites par des canons robotisés. 
    La démoustication est pilotée par la commission provinciale de lutte contre les moustiques à Berkane, la gendarmerie royale en collaboration avec les gestionnaires des hôtels et autres composantes touristiques. Pour juguler les invasions, il n’est pas uniquement fait usage de produits chimiques (qui risquent d’endommager l’environnement) mais aussi de solutions biologiques, durables et naturelles. Aussi, des refuges ont-ils été mis en place pour des chauve-souris et martinets noirs, des prédateurs de moustiques. D’autres interventions ont ciblé les lacs et marécages de la station et leurs alentours via le lâcher de gambusies (poissons vivipares des eaux calmes et prédateurs de nids de larves) actions menées en collaboration avec les services scientifiques de la province de Berkane, l’agence du bassin hydraulique de la Moulouya et associations environnementales. D’autres opérations sont menées conjointement par la commune de Saïdia et la SDS. La commune assure un criblage tout au long du littoral (retirer le gros des déchets) et des opérations propreté d’appoint sont effectuées par la SDS au niveau des plages des hôtels de la station.  Un hic, toutefois: Garder une plage de qualité dépend également de l’engagement des élus de Saïdia, qui peinent aujourd’hui à s’entendre sur la gestion des déchets de leur ville. 

     

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