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    Etats généraux des entreprises citoyennes: La «tolérance» n’est pas naturelle, elle s’apprend...

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5547 Le 02/07/2019 | Partager
    Experts, intellectuels, public, chacun sa manière de faire
    Les «Lettres à Nour» de Rachid Benzine, temps fort de l’événement organisé à Essaouira
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    Une table ronde dédiée au thème de la tolérance a réuni (de gauche à droite) l’islamologue et chercheur Rachid Benzine, le cinéaste et producteur Omar Sall, HRH Sheikha Intisar AlSabah à la tête d’une fondation dédiée aux femmes touchées par la guerre dans le monde arabe, André Azoulay, l’ancienne ministre de l’Economie, de la Coopération internationale et de la Tolérance aux Emirats Arabes Unis, Sheikha Lubna Bint Khalid Al Qassimi, et Slimane Zeghidour, rédacteur en chef et éditorialiste pour TV5 Monde (Ph. Mokhtari)

    Standing ovation. Les «Lettres à Nour» de Rachid Benzine étaient au programme des Etats généraux des entreprises citoyennes, tenus le week-end dernier à Essaouira. L’islamologue et chercheur franco-marocain a pris les rênes, le temps de deux représentations en français et en arabe, avec son texte écrit en réaction aux attentats en France en 2015. Adaptée de son roman «Nour, pourquoi n’ai-je rien vu venir?», publié chez Seuil en 2016, cette pièce de théâtre est un échange épistolaire entre un père et sa fille, partie rejoindre Akram, lieutenant de Daech, épousé en secret et rencontré à distance sur internet. D’une lettre à l’autre, ce dialogue passe de l’incompréhension au doute, du reproche à l’amour. S’il a choisi les planches, c’est pour s’adresser au plus grand nombre et amorcer le dialogue avec un public, parfois très jeune comme dans les écoles où cette pièce est présentée. «Dans un espace démocratique pluriel, chacun a sa vérité. Comment gérer les différents types d’islam à l’œuvre aujourd’hui?», se demande-t-il. Pour tenter de comprendre le cheminement d’une pensée vers la radicalisation, il est allé à la rencontre de jeunes prisonniers de retour d’Irak et de Syrie, mais aussi des parents, laissés autant dans le désespoir que dans le questionnement. Un vrai message de paix et d’amour, qui collait avec les thèmes de tolérance et de dialogue entre les cultures au programme de l’événement, organisé par le réseau Thinkers & Doers. 
    «Plutôt que tolérer, je préfère les mots respect et résilience». Pour le conseiller de Sa Majesté, André Azoulay, «pas de liberté à double vitesse», les valeurs de justice et de liberté ne sont crédibles que si l’on accepte l’autre quelle que soit sa différence de couleur, d’origine ou de religion. Pour autant, «la tolérance n’est pas naturelle, cela demande des efforts, une éducation», ajoute Slimane Zeghidour, rédacteur en chef et éditorialiste pour TV5 Monde. C’est là l’objectif du programme de la Fondation Intisars, dédiée aux femmes touchées par la guerre dans le monde arabe, basé sur la bienveillance. Sa fondatrice, HRH Sheikha Intisar AlSabah, membre de la famille royale koweïtienne, explique comment «au sein des écoles, nous demandons aux élèves de se dire des mots gentils les uns envers les autres, ce qui a le pouvoir de désamorcer les conflits». Tout simple mais efficace. 
    La tolérance, «un processus très long» pour Benzine, ça se travaille. «Une personne traumatisée ne peut être bienveillante, gentille», affirme l’ancienne ministre de l’Economie, de la Coopération internationale et de la Tolérance aux Emirats Arabes Unis, Sheikha Lubna Bint Khalid Al Qassimi. Son pays a lancé un programme national destiné à l’éducation morale dans les écoles sur les valeurs de tolérance, mais également a choisi de punir de fortes amendes tout manquement à ce principe, tout comportement haineux et injurieux, même sur les médias sociaux. «Faire une loi c’est facile, mais elle ne peut se substituer à ce que chacun a dans la tête. Seule l’éducation peut faire bouger les lignes», répond André Azoulay.

    Le terreau de la violence

    «Moins il y a de diversité, plus il y a d’intolérance», affirme Benzine. «L’uniformisation du monde, l’entre-soi, est le terreau de la violence”, continue l’islamologue. Pour lui, cette rupture de transmission, ces coupures dans l’histoire, voit les êtres humains de moins en moins enracinés. «Populisme et fondamentalisme religieux sont les deux faces d’une même pièce. La république n’a pas un problème avec le religieux, mais avec un certain type de religieux qui prétend être la norme». A la façon d’un baromètre, l’auteur de ces déchirantes «Lettres à Nour» conclut sur la tolérance en rappelant qu’un «pays se mesure sur la question des femmes -un impératif-, sur celle des minorités religieuses et enfin des minorités sexuelles». L’actualité démontre, tous les jours et partout dans le monde, le long chemin qu’il reste encore à parcourir. 

     

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