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    Economie

    Intelligence économique en Afrique: L’Appel de Dakhla

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5541 Le 24/06/2019 | Partager
    Beaucoup de retard à rattraper sur le continent
    Très riches débats autour d’une centaine d’experts et chercheurs
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    Dakhla a sa propre université. Il ne s’agit pas d’une université conventionnelle, pas plus qu’elle n’est virtuelle. C’est tout simplement une «Université ouverte». Ni rectorat, ni locaux administratifs, ni amphithéâtres, ni étudiants, ni corps professoral. Le concept, unique en Afrique, réunit une pléiade de chercheurs et d’experts qui s’intéressent à différents domaines du savoir, particulièrement à l’économie. La ville se positionne par ailleurs comme une destination des congrès internationaux

    «Il est plus que temps que l’Afrique s’inscrive dans l’intelligence économique devenue, désormais, un moyen incontournable pouvant contribuer à la promotion de la prospective des territoires». C’est l’appel lancé, vendredi dernier à Dakhla, par le président du Forum des Associations africaines d’intelligence économique, Driss El Guerraoui.
    Intervenant lors de la clôture du 2e Forum des Associations africaines d’intelligence économique, dont les travaux se sont déroulés du 19 au 23 juin, El Guerraoui, également président de l’Université ouverte de Dakhla, a souligné que «l’intelligence économique adoptée dans un espace territorial permettra d’atteindre plus d’objectifs dans les domaines politique, économique, scientifique et autres». Il a, à ce propos, relevé que «l’intelligence économique favorise la consolidation des capacités des Etats, des collectivités territoriales, des entreprises, des universités, des centres de recherche et des acteurs associatifs afin de comprendre et analyser l’environnement dans lequel ils opèrent». Cet «Appel de Dakhla», qui vient renforcer l’Esprit de Dakhla instauré depuis un moment, a pour finalité et objectif d’accroître leur «pouvoir d’adaptation aux réalités changeantes de cet environnement». El Guerraoui estime dans ce sens que «l’intelligence économique permet aussi de prévoir et d’anticiper les changements futurs susceptibles de se produire dans cet environnement et, donc, de définir des stratégies concernant les concurrents légitimes et les éventuels ennemis». Il est vrai que le monde connaît aujourd’hui une nouvelle génération de conflits aussi dangereux que les conflits armés. Et l’Afrique, déjà confrontée à ces derniers, doit se prémunir, à défaut de se protéger, contre les conflits économiques qui sont sournois et dangereux. 
    Dans ce contexte, El Guerraoui a, également, loué le rôle de l’intelligence économique dans «le renforcement des capacités en matière de vigilance stratégique, outre le fait qu’elle offre les conditions nécessaires à l’innovation et à la créativité en vue de tirer vers le haut le niveau du rendement général».
    Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la mondialisation s’accompagne aujourd’hui d’un regain d’intérêt pour les territoires et pour la gestion de proximité des questions de développement, a-t-il souligné devant un parterre d’auditeurs attentifs composé d’une centaine de chercheurs venus de 26 pays. De ce fait, les délocalisations des grands réseaux transnationaux comme la création de firmes nouvelles s’opèrent à l’heure actuelle sur la base de la capacité des territoires à réunir les conditions d’une attractivité optimale des investisseurs potentiels. Dans ce cadre, la concurrence entre les entreprises est en train de se superposer à une concurrence entre les territoires (villes, métropoles et régions). Et, partant, on assiste à «une situation inédite en économie. D’un côté, ce sont les territoires qui deviennent les vrais faiseurs des entreprises et, de l’autre, les déterminants de la compétitivité sont en train, non seulement de changer radicalement de nature, mais de se déplacer d’une concurrence autour des prix et de la qualité des produits et des services à celle qui met en valeur les notions de proximité, de mobilité, de qualité des institutions et des organisations».
    L’on peut donc s’interroger, en toute légitimité, sur le rôle que peut jouer l’intelligence économique territoriale dans le domaine de l’amélioration et du renforcement de la compétitivité des entreprises et des espaces territoriaux dans l’Afrique de demain. El Guerraoui apporte un élément de réponse à cette question en estimant que le «continent africain est appelé à promouvoir les horizons de son développement territorial à travers l’appui et la valorisation de ses ressources humaines et naturelles, ses changements économiques, sociaux, politiques, technologiques et géostratégiques». Objectif: asseoir les bases d’un «modèle de développement qui lui est propre et définir ses relations futures avec le reste du monde».
    Reste à signaler que quatre conventions de partenariat portant sur l’élargissement, le développement et l’appui en matière d’intelligence économique territoriale en Afrique ont été signées en marge de ce 2e Forum des Association africaines d’intelligence économique. Ainsi, les associations spécialisées, créées récemment en Ethiopie, au Tchad, en Mauritanie et au Niger, viennent renforcer le réseau des associations d’intelligence économique en Afrique. Ces conventions ont pour objectif la promotion des activités ayant un intérêt mutuel dans les domaines de l’intelligence économique, de la recherche, du renforcement des capacités et de développement global.  Cela, à travers la garantie d’une communication claire, efficiente et régulière entre les parties signataires, outre le développement d’activités spécifiques articulées autour de l’intelligence économique et de la mise sur pied d’une approche basée sur la coopération et la coordination.

     

    Distinctions

    Le 2e Forum des Associations africaines d’intelligence économique a décerné dans la catégorie «cycle du Doctorat», le meilleur prix de recherche au Marocain Omar Ezziyati pour sa thèse intitulée  «Intelligence économique dans les PME marocaines: état des pratiques et développement d’un modèle approprié, dynamique et intégré ». Dans la catégorie  «cycle du Master», le prix est revenu au Burkinabè, Ibrahim Kalil Toungara pour son mémoire sur  «Essai d’évaluation des pratiques de l’intelligence économique dans les entreprises agroalimentaires accompagnées par le projet Réseau d’intelligence collective (RIC) au Burkina Faso».
    A ce propos, El Guerraoui a indiqué que la création de ce prix encourageant la recherche dans le domaine de l’intelligence économique en Afrique, en tant qu’initiative singulière à l’échelle continentale, a été imposée par l’impératif de disposer d’une élite scientifique et technique ainsi que de compétences de haut niveau en la matière. Et de souligner que «le Forum des Associations africaines d’intelligence économique vise, à travers ces initiatives, à mettre la connaissance, la science et le génie économique collectif en Afrique au service de l’édification de ce rêve de construire un nouveau continent unifié et fort».

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