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    Analyse

    Réfugiés au Maroc: Sortir de l’assistance pour un travail salarié et formel

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5538 Le 19/06/2019 | Partager
    6.734 réfugiés sont recensés au Maroc par le HCR
    Arabophones et francophones en majorité
    Une nouvelle population à intégrer sur le marché de l’emploi
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    Fin mars dernier, ils étaient 6.734 réfugiés au Maroc, enregistrés auprès du HCR. Parmi eux, 62,9% ont entre 18 et 59 ans et représentent donc la population active

    Fin mars dernier, ils étaient 6.734 réfugiés enregistrés auprès du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Maroc. L’agence déléguée par les autorités marocaines pour déterminer le statut de réfugié. Répartis sur 52 villes du territoire, 62,9% d’entre eux, soit 4.237 personnes, ont entre 18 et 59 ans.

    Une population active, faite de 2.804 hommes et 1.433 femmes, dont 21% ont le niveau baccalauréat et 19% ont un niveau universitaire. Ils viennent pour la plupart de pays arabophones comme la Syrie, le Yémen, l’Irak ou la Palestine. Les autres sont natifs de l’Afrique subsaharienne, entre République centrafricaine, Cameroun, Côte d’Ivoire ou Sénégal. L’arabe et le français sont les deux langues dominantes. Ils sont arrivés au Maroc après avoir fui leur pays, sans possibilité de retour.

    Les raisons sont liées aux craintes dues à leur race, leur religion, leur ethnie ou leur appartenance à un groupe social spécifique, leurs idées politiques, ou en cas de conflit généralisé dans leur pays comme c’est le cas en Syrie, au Yémen ou en Centrafrique. Dans l’une ou l’autre de ces situations, la personne a le droit à la protection internationale.

    Aide financière, accès au logement, aux soins de santé, et un accès à l’éducation pour les enfants et les adolescents. «Les besoins de base», appuie Adélie Breil chargée d’intégration locale pour l’agence des Nations unies à Rabat.

    «L’objectif à long terme est de passer de l’assistance à l’autosuffisance. L’autonomisation financière passant par l’insertion économique, cette nouvelle population présente dans le pays est naturellement une nouvelle population à intégrer sur le marché de l’emploi», ajoute-t-elle.

    Un programme d’insertion socioéconomique des réfugiés au Maroc est ainsi mené entre partenaires depuis 2007, année de l’accord de siège de l’agence par le Maroc. Parmi les parties prenantes, l’Association marocaine d’appui à la promotion de la petite entreprise (AMAPPE) met à leur profit toute une chaîne d’accompagnement.

    «Lors de la caravane de l’emploi à Marrakech en avril dernier, nous sommes venus accompagnés de 50 réfugiés, pour prendre connaissance des besoins des entreprises», explique Naima Elghazoui, conseillère en emploi pour l’association. En amont, ils sont interrogés sur leurs besoins et motivations, passent des bilans de compétence, s'entraînent à passer des entretiens et à rédiger un bon CV.

    «Leurs expériences professionnelles passées sont également prises en compte. Il faut être prêt à les défendre et à sensibiliser les entreprises», ajoute-t-elle. L’AMAPPE vise 3 horizons: la formation, l’emploi et les AGR, les activités génératrices de revenus.

    Sur la centaine de personnes accompagnées en 2018, 38 ont été insérées en emploi, avec un contrat de travail, principalement dans des centres d’appel, et dans les secteurs de l’enseignement et de la restauration, et 11 ont décroché un stage en entreprise. Mais il ne s’agit là que de celles passées par les rouages de l’association marocaine.

    «Beaucoup d’autres arrivent à s’insérer économiquement sans cet appui. Ce n’est donc pas totalement révélateur de tout ce qui se passe sur le terrain», précise Adélie Breil du HCR. En cas de besoin de renforcement des compétences, d’autres partenaires interviennent comme la Coordination régionale de l’Entraide nationale, l’OFPPT, entre autres centres de formation privés. L’objectif étant de permettre aux réfugiés d’obtenir un diplôme, l’unique sésame pour intégrer une entreprise.

    Microprojet, coopérative ou insertion professionnelle

    Le programme de facilitation de l’accès à l’autosuffisance des réfugiés urbains au Maroc est mené conjointement entre le HCR, les institutions publiques, l’Anapec, l’Entraide nationale ou encore la CGEM pour ne citer qu’eux. Il est à rappeler que les réfugiés sont dispensés de la procédure de préférence nationale et peuvent bénéficier de tous les programmes et contrats de l’Anapec. Le statut d’auto-entrepreneur leur est également ouvert. Ils peuvent donc être orientés soit vers la création de microprojets ou de coopératives, l’auto-emploi ou l’auto-entrepreneuriat, soit vers l’insertion professionnelle. Ce qui veut dire l’intégration des réfugiés sur le marché de l’emploi marocain salarié et formel. «Nous encourageons uniquement le travail rémunéré et décent pour ne pas mettre les gens dans une plus grande situation de vulnérabilité», ajoute Adélie Breil.

    J.A.

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