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    Economie

    Déchets de crustacés et céphalopodes: Une manne financière «jetée à la poubelle»

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5537 Le 18/06/2019 | Partager
    Valoriser les sources marines chitineuses, l’objectif
    Un marché mondial de l’ordre de 63 milliards de dollars en 2015
    Les travaux de l’équipe de recherche marocaine publiés dans «Advanced Science News»
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    Une équipe de recherche attachée à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech travaille sur la valorisation des déchets de crabes, crevettes, calmars… Ses travaux ont été publiés, le 17 mai dernier, dans «Advanced Science News» de la maison d’édition américaine Wiley, spécialisée dans la publication de revues scientifiques, d’ouvrages techniques, universitaires et encyclopédiques (Ph. UCA)

    Le Maroc possède un trésor. Ses sources marines chitineuses (crustacés et céphalopodes). Leur valorisation pourrait rapporter gros et, pourtant, ces déchets finissent à la mer ou à la décharge publique. Une équipe de recherche attachée à l’Université Cadi Ayyad (UCA) de Marrakech s’est spécialisée dans le domaine depuis presque deux décennies (voir L’Economiste du 29/06/2017).

    Ses travaux ont été publiés, le 17 mai dernier, dans «Advanced Science News» de la maison d’édition américaine Wiley, spécialisée dans la publication de revues scientifiques, d’ouvrages techniques, universitaires et encyclopédiques. L’équipe a recensé une quinzaine de sources marines chitineuses au Maroc et s’est penchée sur l’élaboration de procédés qui permettent l’extraction de chitines pures et la préparation de chitosanes de haute qualité présentant des caractéristiques souvent désirées par les industriels.

    «Selon la Food and Agriculture organization, dans le monde, la production industrielle de la chitine et ses dérivés, à partir notamment des déchets de crabes et de crevettes, atteint près de 65.000 tonnes métriques avec des ventes de l’ordre de 63 milliards de dollars en 2015, dont 21,4 milliards de dollars rien que pour le chitosane.

    Sachant qu’en 2000 le marché de la chitine et ses dérivés ne dépassait pas les 2 milliards de dollars», explique Abdelouahad Tolaimate, professeur à l’UCA et membre de l’équipe de recherche. Un créneau en pleine évolution dont les pionniers sont les Japonais et les Américains, et qui intéresse également la Chine, l’Inde et, plus modestement, la France.

    «Une nécessité aussi bien économique qu’écologique»

    Cosmétique, industrie du papier, industrie alimentaire, agriculture, biomédical, traitement et dépollution des eaux, le marché des dérivés chitineux est large. Alors forcément, plancher au Maroc sur ces travaux coule de source. Rien qu’à Essaouira, 8,5 tonnes de chitine ou 7 tonnes de chitosane pourraient être produites à partir des déchets de la crevette, de l’araignée de mer et de la squille mante, rejetés par les principaux restaurants du port.

    Au Nord, environ 1.000 tonnes de chitine ou encore 80 tonnes de chitosane pourraient être produites à partir des déchets rejetés par 6 unités de décortication des crevettes roses et grises. «La valorisation des déchets de la faune marine marocaine est désormais devenue une nécessité aussi bien économique qu’écologique pour le pays. Ce qui concorde avec les objectifs du programme de développement du secteur de la pêche “halieutis”, et avec la volonté officielle de renforcer la liaison de la recherche au développement», continue le professeur.

    Une manne qui pourrait s’organiser, dans le cadre de l’économie sociale et solidaire, au sein d’une coopérative des travailleurs du domaine de la pêche et de la restauration. Autre besoin, celui de grandes unités industrielles. L’encadrement et le suivi scientifique pourraient, quant à eux, être assurés par les structures universitaires de la région. Des déchets qui ont vraiment tout pour plaire!

    Les atouts du Maroc

    •  Une importante activité de pêche qui s’étend sur 3.500 km des côtes atlantique et méditerranéenne avec une flotte côtière et hauturière d’environ 3.000 navires.
    •  Une industrie de pêche croissante avec de nombreuses unités de traitement de sources chitineuses telles que les crevettes, calmars et seiches.
    •  Entre Larache et Tanger, des unités de décortication des crevettes grises et roses traitent au quotidien environ 100.000 kg. Plus de 50.000 kg de carapaces sont jetés à la décharge publique tous les jours, soit l’équivalent de 10.000.000 kg par an.
    •  Dans la région de Dakhla-Lagouira, considérée comme la zone céphalopodienne la plus riche au monde, les énormes quantités de seiches pêchées sont pour la plupart traitées avant d’être commercialisées, les os sont rejetés dans la mer ou dans les décharges publiques.

    J.A.

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