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    Suez: La méthode Bertrand Camus

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5536 Le 17/06/2019 | Partager
    Un plan stratégique (Suez 2030) pour devenir le numéro 1 mondial
    Le Maroc, une base arrière pour le développement en Afrique
    Collecte de déchets, incinération, valorisation... Des solutions de rupture
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    Bertrand Camus, DG du groupe Suez: «Au Maroc, la gestion déléguée est bien installée. Lydec est un fleuron du groupe avec une expérience réussie... Nous attendons avec grand intérêt les cahiers des charges de la décharge de Casablanca et les choix retenus pour apporter nos meilleures solutions» (Ph. Suez)

    Bertrand Camus, le tout nouveau directeur général du groupe Suez, nourrit de grandes ambitions pour le Maroc. Le successeur de Jean-Louis Chaussade analyse les enjeux et les orientations du plan stratégique du groupe (Suez 2030), qui sera présenté à la fin de l’année. Un plan qui apportera plus d’agilité, de souplesse et de réactivité avec des choix industriels et financiers, une forte dose d’innovation dans les métiers et de digitalisation.

    L’ambition de Camus est de donner le coup d’envoi à «un plan de conquête qui fera de Suez le leader mondial des services de l’environnement» pour la prochaine décennie. Un challenge de taille en termes de développement des métiers dans un contexte en pleine et rapide mutation et un secteur qui répond à des besoins fondamentaux et complexes:  accès à l’eau potable, économie circulaire, déchets ménagers et industriels, protection de l’environnement, assainissement... Le tout sur fond de défis liés au changement climatique, à la sécheresse, la raréfaction de l’eau, les inondations.

    «Les besoins sont partout avec des problèmes de plus en plus complexes dans les agglomérations, compte tenu du développement démographique, de l’évolution de la classe moyenne, des industriels...», précise le patron du groupe français.

    Face à cela, Suez a développé des solutions et des services avec plus de capacités d’intervention, d’expertise et de souplesse. Le management parie sur le continent africain pour accélérer le développement à partir de ses bases, dont le Maroc fait partie. Près de 80% des capitales africaines sont déjà équipées par des installations de Suez. Mieux encore, le groupe a construit près de 500 installations de traitement d’eau en Afrique. Les enjeux de développement du continent promettent des gisements d’opportunités.

    Fort de 25 ans de carrière au groupe Suez (essentiellement à l’international et en dehors de l’Europe), Bertrand Camus a aussi des relations assez particulières avec le Maroc puisqu’il a participé aux négociations du contrat de la gestion déléguée de Lydec pendant quasiment un an (1996-1997). «Lydec est l’un des fleurons du groupe. Une concession de 30 ans dans une grande agglomération (Casablanca) de 4 à 5 millions d’habitants», tient d’emblée à préciser Camus. Selon le DG du groupe, de grandes évolutions ont été réalisées à Casablanca en termes de développement et d’amélioration de la qualité de service. «C’est une réussite».

    En revanche, Camus reconnaît qu’il y a eu «des difficultés sur la collecte des déchets (Sita)». En même temps, il précise que les enjeux de recyclage et de valorisation sont très importants.  Sur la décharge de Casablanca (voir encadré), plusieurs scénarios sont possibles.  Tout dépendra des orientations et des choix retenus par les cahiers des charges.

    Parmi les options, la remédiation de la décharge, le traitement et la valorisation énergétique, l’enfouissement, l’incinération compte tenu des volumes importants des déchets. «Nous avons développé des solutions d’incinération aux normes européennes avec des technologies maîtrisées», rassure Bertrand Camus. Il va sans dire que l’incinération reste une technologie relativement chère comparée à l’enfouissement. Mais la tendance des coûts des incinérateurs est à la baisse puisque la Chine a développé des équipements qui défient toute concurrence!

    Sur le métier des déchets, le management fait valoir une nouvelle approche. «L’on passe  d’une logique de collecte et élimination en décharge à un changement de la chaîne avec le recyclage et la valorisation des matières: papier, carton, plastique, métaux ferreux et non ferreux... Des métiers et process en pleine transformation et accélération», soutient le Suez-made -man  Bertrand Camus.

    Il faut rappeler que la concession de Lydec (30 ans) n’a plus que 7 ans de gestion déléguée à Casablanca. En 2026, le contrat prendra fin. Sur ce point précis, Suez insiste sur la force de sa taille, de son histoire, de son expérience et de son expertise au Maroc pour développer de nouvelles formes d’intervention. Le groupe fait aussi valoir des solutions multiples et variées avec des expériences concluantes auprès des industriels dans les zones franches.

    Au Maroc,  Suez opère à travers une dizaine de contrats de collecte. «A Casablanca, nous opérions avec un contrat de 2011. Entre-temps, le niveau d’exigences des habitants a fortement augmenté. Du coup, le contrat de collecte qui liait Sita à la ville ne prenait pas en considération, économiquement, un certain nombre de paramètres. Finalement, ce marché a été interrompu de commun accord. Ceci dit, rien n’interdit que nous reviendrons un jour à la collecte à Casablanca», soutient Jean-Pascal Darriet, DG de Lydec. En 2018, la Lyonnaise des Eaux (activité amirale de Suez au Maroc) a réalisé un chiffre d’affaires de 7 milliards de DH avec une maîtrise des charges, et ce dans une conjoncture assez difficile.

    Casablanca: Harmonisation des périmètres

    La question de l’harmonisation des périmètres (Lydec/ONEE) à Casablanca est un sujet extrêmement important pour Suez et Lydec. «Il s’agit d’une harmonisation visant à aligner et avec les mêmes exigences l’ensemble des prestations liées à l’eau et à l’électricité sur l’ensemble du Grand Casablanca. Coupler l’eau et l’électricité  répond aussi à une logique de péréquation pour maintenir les équilibres économiques. Aujourd’hui,  il y a une nécessité à réaliser cet équilibre pour arriver à l’exhaustivité des périmètres eau-électricité», insiste Jean-Pascal Darriet.

                                                                         

    Décharge de Mediouna...

    La situation préoccupante de la décharge de Médiouna est suivie avec beaucoup d’intérêt au plus haut niveau du management de Suez, compte tenu de l’enjeu environnemental et du niveau élevé de nuisances induites. Il y a aussi des enjeux économiques eu égard aux budgets conséquents que nécessite la mise à niveau de ce site. «Le cas de cette décharge relève du grand classique. Beaucoup de pays ont des problèmes similaires avec des décharges qui ne sont pas bien conçues pour protéger la nappe phréatique du lixiviat. Nous avons plusieurs cas similaires de re-médiation et de correction de situations, notamment le cas du Liban (Saïda). Nous avons de l’expertise et des techniques maîtrisées sur les terres polluées, notamment la décontamination des sols», fait valoir Bertrand Camus.   «Pour l’heure, les maîtres d’ouvrage travaillent sur l’élaboration de plusieurs cahiers des charges pour la réhabilitation de la décharge, sa mise à niveau, le développement d’un nouveau centre de valorisation ou encore le traitement du lixiviat... Autant de sujets qui font l’objet des cahiers des charges.  C’est un sujet d’expertise sur lequel le groupe Suez peut apporter des solutions, des idées innovantes dans les meilleures conditions en termes de coûts», tient à préciser Jean-Pascal Darriet, DG de Lydec.

    Amin RBOUB

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