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    Jésus, une grande figure biblique du Coran: Episode 1: Un personnage fascinant

    Par L'Economiste | Edition N°:5513 Le 10/05/2019 | Partager
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    Le personnage de Jésus n’a cessé de fasciner et d’intriguer à la fois, depuis sa naissance jusqu’à sa mort et même au-delà. Très peu de personnes de l’histoire humaine ont constitué, comme lui, une énigme permanente, insaisissable, aussi bien pour les croyants que pour les non-croyants. Les conditions de sa naissance et de sa vie sont exceptionnelles, celles de sa mort le sont aussi. Les conditions de la transmission de son message ne sont pas ordinaires par la durée (trois ans, vingt-trois ans pour le prophète Mohammed), par la manière de transmission et par ce qu’il a laissé aujourd’hui. Pourtant, la religion qui se rattache à Jésus est, aujourd’hui, la plus nombreuse. Deux milliards et demi d’habitants (2,419 milliards exactement en 2015) dans le monde se présentent, de nos jours comme étant des chrétiens et le christianisme constitue l’une des trois grandes religions monothéistes. Contrairement à Moïse en ce qui concerne le judaïsme, et Mohammed pour l’islam, qui sont considérés comme les véritables fondateurs de ces deux religions, Jésus est né juif, a vécu et est mort en tant que juif, et par conséquent, logiquement, pour de nombreux historiens, il ne peut être considéré comme le fondateur de la religion chrétienne. En effet, imaginons, un seul instant, l’étonnement de Jésus, s’il revient sur terre aujourd’hui et qu’il rencontre le pape. Celui-ci lui parle d’une religion qu’il ne connaît pas et que, pourtant, tout le monde lui attribue; voilà un fait particulier à Jésus. Les faits indiquent, et de nombreux historiens le soutiennent, que le véritable fondateur de la religion chrétienne, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, est une personne qui, pendant longtemps, a combattu Jésus et ses compagnons et qui faisait partie d’un mouvement qui s’est souvent opposé à Jésus. Il s’agit de Saül de Tarse, Paulus de son nom romain, devenu saint Paul. Ainsi, quand le grand exégète anglais C.H. Dodd écrit un livre sur Jésus en 1972, intitulé «Le Fondateur du christianisme», des historiens ont fait remarquer que, malgré le fait que la majorité de nos contemporains pensaient que le titre désignait Jésus, la réalité historique est autre. Étienne Trocmé, historien de la naissance du christianisme, est allé jusqu’à poser cette question: «Paul, fondateur du christianisme?»  En fait, comme nous allons le voir, contrairement au judaïsme et à l’islam, le christianisme est une création collective et progressive qui s’est étendue sur plusieurs dizaines d’années, du vivant de Jésus et après sa mort. Mais le caractère exceptionnel de Jésus ne s’arrête pas aux conditions de sa naissance ni à celles de sa vie et de sa mort mais concerne également son identité: était-il un maître spirituel, un prophète, le Messie attendu par les juifs, le fils de Dieu ou encore Dieu incarné, comme le pensent aujourd’hui la majorité des chrétiens? Comment ne pas être dubitatif quand on lit cette  question que Jésus a posée lui-même à ses disciples, un an et demi environ après le début de son prêche:
     «Qui suis-je, au dire des hommes?», ou encore «Pour vous, qui suis-je?» (Marc, VIII, 27).
    Un autre fait particulier: pour les deux autres grandes religions monothéistes, le judaïsme et l’islam, les messagers sont des êtres humains qui sont nés, ont vécu et ont connu la mort dans des conditions ordinaires. En effet, à aucun moment, les disciples de Moïse et de Mohammed ni ceux des prophètes qui les ont précédés, n’ont laissé planer un doute sur leur nature humaine. Ce qui n’est pas le cas de Jésus. Les premiers témoignages à son sujet, notamment les lettres de Paul et l’Évangile de Jean, ont affirmé qu’il est plus qu’un homme et qu’il a une relation particulière avec Dieu. Pourtant, comme nous aurons l’occasion de le voir, Jésus a toujours été évasif sur son identité et les titres qu’il s’est donnés sont susceptibles d’interprétations diverses: Fils de Dieu, Fils de l’homme, Envoyé de Dieu. Mais jamais, au dire de la grande majorité des spécialistes, il n’a déclaré être l’égal de Dieu et les premiers témoignages qui ont suivi sa mort n’ont jamais, de façon explicite, invoqué une quelconque divinité de Jésus. Il a fallu attendre le début du IIe siècle, avec l’Évangile de Jean, pour voir Jésus présenté comme Dieu incarné. Avant lui, Paul en a fait un être céleste. De grandes querelles ont éclaté dans la communauté chrétienne, concernant la nature humaine ou divine de Jésus, parfois dans des conditions violentes. L’empereur romain Constantin, de peur que ces querelles mettent en danger l’unité de l’Empire, décide de convoquer, pour des raisons éminemment politiques, selon Frédéric Lenoir,  le concile de Nicée en l’an 325. C’est ce concile qui va établir le Credo chrétien, adopté et récité, de nos jours, par toutes les Églises catholiques, orthodoxes et protestantes. Jésus est considéré comme vrai Dieu et vrai homme, c’est l’incarnation humaine de Dieu. Pour de nombreux auteurs, c’est le concile de Nicée qui a réglé le problème du caractère divin de Jésus. Les titres de nombreux ouvrages l’attestent. On citera, notamment, le livre de Gerald Messadié «L’homme qui devint Dieu», celui de Richard-E. Rubenstein «Le jour où Jésus devint Dieu» L’«Affaire Arius» ou la Grande Querelle sur la divinité du Christ au dernier siècle de l’Empire romain; l’ouvrage de Frédéric Lenoir, sous le titre «Comment Jésus est devenu Dieu» ou encore le livre de l’historien français Max Gallo, édité sous le titre «Jésus, l’homme qui était Dieu». Concernant, maintenant, le message laissé par Jésus, si pour les deux autres religions monothéistes, les messages liés à ces religions sont ceux qui ont été transmis par Dieu, celui de Jésus est différent car les Évangiles sont les œuvres d’êtres humains, même si les paroles de Jésus y sont reprises et sont peut-être inspirées par Dieu, comme le soutient Jean Guitton dans son livre «Mon petit catéchisme» qui affirme que «les livres de la Bible sont des livres inspirés». En effet, d’après Michel Dousse, dans aucun passage du Coran, il est dit que l’Évangile a fait l’objet d’une révélation «descendue» sur Jésus, comme il l’affirme pour les autres Envoyés, notamment le prophète Mohammed. Pourtant, pour le Coran, l’Évangile «Al Injil», et non les Évangiles, est un Livre de Dieu, au même titre que la Torah et le Coran; mais de quel Évangile s’agit-il? Certains spécialistes soutiennent, comme nous allons le voir, qu’il s’agit de l’Évangile selon Barnabé, découvert récemment en Turquie, et dont le contenu est très proche de celui du Coran. D’autres spécialistes affirment que les quatre Évangiles se ramènent à un seul mais exprimés de façon différente, c’est la raison pour laquelle l’on parle de l’Évangile selon Marc, selon Matthieu, selon Luc ou selon Jean. Ce qui est sûr, c’est que, contrairement aux autres prophètes, le caractère exceptionnel de la personne de Jésus fait qu’il y a des interrogations le concernant à tous les niveaux: au niveau de sa naissance, de sa vie, de sa mort, du message laissé et même de son identité. Or ces interrogations ont fait l’objet de grands débats, de grandes polémiques, et ce qui est extraordinaire, c’est que ces interrogations sont exprimées, depuis déjà un certain temps, par les chrétiens eux-mêmes. En effet, ces dernières années, les ouvrages qui concernent Jésus se sont multipliés, surtout aux États-Unis où l’on remarque un véritable bouillonnement de la recherche dans tout ce qui le touche. Déjà, à partir de la fin du XVIIe siècle, et surtout au cours du XIXe siècle, avec le développement de l’esprit critique et l’analyse des langues anciennes, les interrogations se sont multipliées et certaines certitudes commencent à être remises en cause. De nombreux ouvrages ont été écrits, dans ce sens. Il s’agit, en premier, du livre du théologien allemand David Friedrich Strauss, intitulé «La Vie de Jésus ou Examen critique de son histoire». Il est suivi par l’ouvrage du Français Ernest Renan, «Vie de Jésus» qui a eu un grand retentissement. En fait, ce qui complique, encore plus, le débat sur Jésus, c’est que les chercheurs commencent, depuis un certain temps, à distinguer le «Jésus historique» du «Jésus de la foi» ou encore du «Jésus théologique». Ainsi, lorsqu’on parle du «Jésus historique», c’est l’aspect strictement historique qui est pris en considération, laissant de côté tout aspect théologique ou lié à la foi. Quant au «Jésus de la foi», c’est celui qui est décrit dans le Nouveau Testament ou encore celui comme l’Église le conçoit, c’est-à-dire, le Messie. Or ce qu’il faut savoir, c’est que les auteurs de l’époque, dont les Évangélistes, n’ont pas eu pour souci de léguer à la postérité une documentation de caractère historique mais de témoigner de la foi qui est la leur. C’est l’opinion de certains spécialistes, dont notamment, Pierre Geoltrain, dans son introduction à l’ouvrage intitulé Aux origines du christianisme où il a réuni des articles consacrés à la naissance et au développement de cette religion. C’est l’opinion, également, de l’Irano-Américain Reza Aslan qui affirme dans son ouvrage «Le Zélote» que les auteurs du Nouveau Testament n’avaient aucune idée de ce qu’on appelle, aujourd’hui, «l’histoire», en tant qu’analyse des faits observables et vérifiables du passé et qui est un produit des temps modernes…

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