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    Reportage

    Louxor, riche par ses temples, son Karnak, sa vallée des rois…

    Par Jaouad MDIDECH | Edition N°:5494 Le 12/04/2019 | Partager
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    Les travaux de fouilles et de restauration continuent de plus belle, le site est classé patrimoine de l’Unesco depuis 1979 (Ph. JM)

    A 687 km du Caire, Louxor, anciennement Thèbes, cité fondée 2000 ans avant notre ère, est une fantastique immersion dans l’archéologie de l’Egypte pharaonique. Le Karnak, grand de 2 km², est le plus important centre religieux de toute l’antiquité. La ville est connue par 2 autres monuments: la vallée des rois et les colosses de Memnon.

    Si  vous visitez le pays des Pharaons, surtout n’oubliez pas Louxor, sinon votre voyage aura un goût d’inachevé. Al-qusur (palais) en arabe, anciennement Thèbes, est la ville la plus visitée d’Egypte avec 4 millions de touristes chaque année.

    Il s’agit d’une fantastique immersion dans les monuments et l’archéologie d’une cité fondée par les Pharaons 2000 ans avant notre ère: la vallée des rois, le temple de Karnak, le temple d’Hatchepsout, les colosses de Memnon en sont les plus illustres. Le musée de la ville, ouvert en 1975 du temps d’Anwar El-Sadate, où sont rassemblées les principales découvertes faites par les archéologues dans le sous-sol du temple de Louxor, vaut le détour.

    Pour se rendre à Louxor, une croisière sur le Nil pour visiter aussi Assouan (à 300 km de Louxor) est la formule la plus choisie (en voyage organisé) par les touristes d’Europe et même du Maroc.

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    Les rivages du bassin le lac sacré ont été en grande partie reconstruits par l’égyptologue Henri Chevrier  (Ph. JM)

    Toutefois, ce n’est pas la seule. Après la fin de sa visite au Caire, le voyageur peut se rendre à l’ancienne cité des Pharaons par avion, chemins de fer, par bus ou par taxi. Nous avons choisi le bus, c’est le moins cher, bien que le voyage dure toute une nuit car, entre le Caire et Louxor, c’est 687 km.

    Louxor est divisée par le Nil en deux parties, la rive-est et la rive occidentale, les habitants y vivant tirent le principal de leurs revenus de la manne du tourisme. Nombre de Cairotes, chauffeurs de taxis, guides et autres hôteliers sont des diplômés universitaires et des intellectuels qui ont dû quitter les embouteillages de la capitale pour Louxor où la vie est moins frénétique.

    C’est le cas de Rostoum, ce quinquagénaire diplômé d’une école de commerce cairote, chauffeur de taxi depuis 32 ans, faisant partie de ces 12 millions de chrétiens coptes (15% de la population de l’Egypte est copte) vivant encore en Egypte malgré les attentats les ayant ciblés.

    Le plus grand centre religieux de toute l’Antiquité

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    Autre grand monument de Louxor, la vallée des rois, au djebel Gouda, sur la rive occidentale du Nil, où les pharaons avaient creusé leurs tombes  (Ph. JM)

    Rostoum est un homme lucide: la religion, analyse-t-il, «est une affaire personnelle. Chrétiens, musulmans et juifs ont toujours vécu en symbiose sur cette terre, pourquoi les contraindre à se détester? Seuls quelques esprits fanatiques veulent les séparer, ils n’y arriveront jamais». «Je vous recommande de commencer par le temple de Karnak, c’est lui qui va vous prendre plusieurs heures», conseille-t-il. 

    Il faudra en effet au moins 4 heures pour faire le tour de ses monuments, avec ses 2 km² c’est le plus important centre religieux de l’Égypte antique et le plus grand de toute l’Antiquité. Plusieurs rois, dont Ramsès II et son fils Mineptah, y ont vécu, et la construction de ce village s’est étalée sur plus de 2000 ans, chaque pharaon demandait sa transformation, son agrandissement ou sa destruction selon l’humeur de chacun.

    Des guides devant la porte de l’édifice proposent leurs services. Dès l’entrée du complexe et après avoir longé l’allée des béliers (des statues de sphinx portant la tête de bélier alignées des deux côtés de l’allée), on remarque une paire d’obélisques de granit longs de 26 mètres tutoyant le ciel, un troisième existait à la même place, long de 23 mètres, avant qu’il ne fût offert en cadeau par Méhémet Ali à l’État français en 1830, il se dresse, depuis, à Paris, place de la Concorde.

    Site classé patrimoine de l’Unesco

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    On ne reste pas indifférent quand on sort du Karnak, cette Egypte pharaonique continue de fasciner le visiteur par sa grandeur et sa puissance  (Ph. JM)

    Dans l’ancienne Egypte, l’utilisation de ce monument dans l’art funéraire était fréquente, sa hauteur représente l’âme qui s’élève vers le ciel, mais la forme de l’ouvrage renvoie aussi à la fertilité. Le Karnak est un labyrinthe d’enceintes, de cours intérieures et de salles, ornées de statuts, de pylônes, de gigantesques piliers, de murs sculptés…, le tout témoignant d’une architecture extrêmement riche. Et encore, l’on ne peut visiter qu’une partie: l’enceinte d’Amon-Rê, dédiée au dieu Amon, la plus étendue des enceintes du Karnak, la seule non interdite aux visites.

    On le voit encore, les travaux de fouilles et de restauration continuent de plus belle, le site est classé patrimoine de l’Unesco depuis 1979, et les égyptologues n’ont de cesse de puiser encore de ses richesses. Le Karnak, c’est aussi le lac sacré. C’est un bassin d’eau d’environ 130 mètres, ceinturé de berges appareillées en grès, que les touristes prennent en photo.

    Les rivages du bassin, rappelle une notice affichée près de la piscine, ont été en grande partie reconstruits par l’égyptologue Henri Chevrier (1940 et 1945) vers 1933. On ne reste pas indifférent quand on sort du Karnak, comme pour les Pyramides de Gizeh, cette Egypte pharaonique continue de fasciner le visiteur par sa grandeur et sa puissance.

    La célèbre vallée des rois

    Autre grand monument de Louxor à ne pas manquer: la célèbre vallée des rois, au djebel Gouda, sur la rive occidentale du Nil, où les pharaons avaient creusé leurs tombes, pour l’éternité. Pour s’y rendre à partir du centre de Louxor, au lieu de la voiture qui prend du temps (au moins 45 minutes), on peut emprunter la voie la plus courte: traverser le Nil sur le «maadi», un ferry-taxi (0,5 euro) qui embraque les voyageurs toutes les 30 minutes, et prendre ensuite un taxi jusqu’au site.

    Tous les pharaons des XVIIIe, XIXe et XXe dynasties (approximativement de -1539 à -1075), ainsi que quelques-unes de leurs épouses et leurs enfants, ont été inhumés dans la vallée des rois. Les tombes sont numérotées, KV5, le tombeau d’au moins 52 fils de Ramsès II, a été découvert en 1995, le plus grand secret jamais dévoilé par les égyptologues au XXe siècle.

    Difficile de tout explorer, les tombes sont enfouies dans des caves et se ressemblent toutes. A l’entrée, des tickets package sont proposés et permettent de visiter 3 tombeaux parmi toute une sélection. Mais au-delà des sépultures proprement dites, c’est tout le décor, les graffitis et les dessins sur les murs et sur les plafonds qui attirent l’attention.

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    Souk de Louxor, meilleur coin pour s’installer à l’extérieur d’un café pour siroter un karkadé égyptien (Ph. JM)

    Le Nil est le poumon de Louxor, il mérite en fait plus qu’une simple traversée de 10 minutes pour se rendre de la rive est à la rive ouest, des felouques proposent une balade de 2 heures, au soleil couchant, jusqu’à l’île de bananes. C’est un hectare de terre ferme, aux abords du fleuve, que le propriétaire a transformé en champ de bananes (prix d’entrée: 20 LE, 1 euro) et où il propose à voir quelques animaux en cages: crocodiles, singes… L’île de bananes tant vantée par les rabatteurs et les prospectus touristiques ne vaut pas le souk de Louxor.

    Istanbul a le grand Bazar, le Caire son quartier Khan Al Khalili, Louxor, elle, a son souk, son «ancienne médina», sur la rive est. Sharia El-Souk est la plus grande et la plus animée de ses ruelles et la plus achalandée: boutiques d’épices, de vêtements, bibelots, fruits et légumes… C’est le meilleur quartier aussi de Louxor où l’on peut s’installer à l’extérieur d’un café pour siroter son karkadé égyptien, délicieuse infusion de fleurs d’hibiscus séchées, et, pour les fumeurs, savourer sa chicha.

    Nous avons choisi «café Oumkaltoum», rue Cléopâtre, espérant écouter en même temps des morceaux de la diva égyptienne. C’est plutôt la voix, non moins sublime, d’Abdelbasset Abdessamad psalmodiant le coran, qui nous vient de la chaîne.

    «Pour écouter la voix d’Oumkaltoum, venez à partir de 21 heures», nous indique le serveur. Les Egyptiens, pour savourer les plaisirs de la vie, préfèrent plus la nuit que le jour.

                                                                                 

    1.300 tonnes et 19,50 m de hauteur pour les colosses de Memnon

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    Les colosses de Memnon, XVIIIe dynastie des pharaons, sur la rive occidentale de Louxor  (Ph. JM)

    Située sur la rive droite du Nil, à 165 km à l’ouest de la mer Rouge, Louxor, simple bourg de 11.000 âmes en 1900, est actuellement une ville de 429.000 habitants. Grâce à ses monuments, c’est le point de départ des touristes visitant l’Egypte, la plupart préfèrent une croisière sur le Nil, les conduisant aussi à Assouan, 300 km plus loin au sud, en haute Egypte.

    Si Louxor est connue par son Karnak et sa vallée des rois, la ville d’Assouan, l’est, elle, par son célèbre barrage et par ses temples d’Abou Simbel et d’Isis de l’île de Philae. Louxor est divisée en trois zones: la cité proprement dite, le village de Karnak à deux kilomètres au nord-est, et les nécropoles et monuments funéraires de Thèbes sur la rive occidentale du Nil, dont la vallée des rois et les colosses de Memnon... Les 2 statues Memnon sont les derniers vestiges du gigantesque temple des millions d’années d’Amenhotep III, construit durant la XVIIIe dynastie, un passage obligé des touristes qui y viennent prendre des photos avant d’aller visiter la vallée des rois sur la rive occidentale.

    Les 2 statues mesurent 19,50 m de hauteur et leur poids est de plus de 1.300 tonnes; chacune a été taillée dans un seul bloc de quartzite rouge dans une carrière proche d’Héliopolis et transportée sur 600 kilomètres jusqu’à l’entrée du temple funéraire royal de Thèbes.

    La renommée de ces colosses est plutôt tardive. Strabon, historien et géographe grec, rapportera qu’une grande partie du temple s’écroula et le colosse droit se fissura de l’épaule au bassin, lors du tremblement de terre de l’an 27 avant Jésus-Christ. Dès lors, une légende s’installa: la pierre se mit à vibrer lors des brusques changements de température et d’humidité qui suivaient le lever du jour.

    De toutes parts, on vint écouter cet étrange sifflement pour tenter de lui trouver une explication logique. On assimila ce bruit aux lamentations de Memnon, le héros de la guerre de Troie tué par Achille, saluant sa mère Éos, l’Aurore, au lever du soleil.

    Jaouad MDIDECH

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