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    Analyse

    Rabat ville lumière: Ce qu'en pensent les élus

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5487 Le 03/04/2019 | Partager
    «Une précieuse initiative pour booster l’image de la capitale», selon la majorité des conseillers
    Manque de coordination entre les entreprises, un éclairage public énergivore… les reproches
    Il faut réfléchir à la pérennisation des projets réalisés
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    Un milliard de DH est consacré au développement des espaces verts au niveau de la capitale. Parmi les projets phares réalisés dans ce domaine, incontestablement celui du parc Hassan II aménagé sur 32 ha. En plus des jardins, ce complexe comprend également des stades de sport et des infrastructures de loisir (Ph. NEA)

    Le programme Rabat ville lumière constitue une nouvelle approche en rupture avec les méthodes précédentes pratiquées en matière de mise à niveau et développement urbain. Il s’agit d’une vision intégrée adoptée ces dernières années pour plusieurs grandes agglomérations comme Tanger, Casablanca, Salé et Kénitra. La mise en œuvre de cette expérience au niveau de Rabat a été largement saluée par les habitants du fait qu’elle a et aura un impact positif sur l’amélioration de leurs conditions de vie dans la cité. Le même constat est valable pour la majorité des élus de la commune de Rabat. «Il serait difficile pour notre commune de mobiliser un budget dépassant les 9 milliards de DH en quatre ans pour réaliser ce programme de développement urbain de grande envergure», reconnaît un adjoint du maire du PJD. Ce dernier tient également à signaler la compétence et le professionnalisme des équipes de l’agence Rabat aménagement qui pilotent ce chantier. Ce qui a permis l’achèvement des projets prévus dans des délais raisonnables. Toutefois, la réalisation de ce programme a conduit à relever un certain nombre de constats et de dysfonctionnements. Le premier concerne un déficit au niveau de la coordination entre les différentes entreprises impliquées particulièrement dans les projets d’aménagement des avenues et la mise à niveau de la voirie de proximité. Cette mauvaise coordination a été criante au niveau des quartiers de l'Agdal avec plusieurs chantiers ouverts en même temps sans arriver à achever les travaux d’une manière définitive. Cela s’est traduit par des retards énormes entraînant des perturbations de la circulation dans ces quartiers sans oublier les désagréments causés aux habitants et commerces de la zone. 

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    En plus du problème de la coordination, on soulève également le mauvais choix technique pour certains projets particulièrement celui du renouvellement du réseau de l’éclairage public. Un problème signalé aussi bien par les élus de la FGD (opposition) que ceux du PJD qui conduit la majorité au sein du conseil de la ville. «Ce sont des lampes énergivores qui ont été installées pour une ville qui devrait normalement s’inscrire dans le développement durable», constate un élu de la FGD. «Ce choix inapproprié s’est traduit par une augmentation de près de 40% au niveau de la facture d’électricité avec une qualité d’éclairage non satisfaisante au niveau de certaines artères», ajoute un conseiller du PJD.

    Pérennisation

    Après l’achèvement du programme Rabat ville lumière, une grande partie des équipements et infrastructures aménagés ou réalisés seront cédés à la commune. Une telle situation va poser un sérieux problème pour assurer la maintenance et l’exploitation de ces infrastructures, et ce pour deux raisons principales. La première en rapport avec la situation financière de la commune dont le budget arrive difficilement à prendre en charge les dépenses du personnel et celles de certains services communaux prioritaires comme l’éclairage public et la collecte des déchets. Pour rappel, tout récemment, la commune s'est retrouvée dans l’obligation de contracter un crédit FEC pour s’acquitter de sa contribution dans le financement du programme Rabat ville lumière. De plus, la commune ne dispose pas d’un personnel qualifié pour assurer le travail de suivi et de maintenance comme cela est le cas pour les espaces verts dont les superficies ont largement augmenté ces quatre dernières années. Face à cette situation, la maintenance des espaces verts de la capitale a été confiée à deux entreprises pour un montant global de 10 millions de DH contre seulement 4 millions de DH auparavant. 

    Le groupe des conseillers de la FGD soulève des dysfonctionnements d'un autre genre qui ont fait l’objet d’une lettre adressée à la Cour des comptes. Parmi les reproches avancés, la marginalisation des élus dans la réalisation de ce programme. «Il y a aussi le problème de priorisation dans le choix des projets par rapport aux vrais besoins de la population», souligne un élu de la FGD. Pour lui, «avec une enveloppe de plus de 9 milliards de DH on pourrait faire énormément de choses pour régler les problèmes de l’agglomération à commencer par celui du transport urbain dont souffrent les citoyens depuis plusieurs années». «On se pose également des questions sur la transparence dans l’adjudication de certains marchés», ajoute l’élu de la FGD. Sur ce dernier point, une source de l’agence, tient à rappeler que la passation des marchés se fait conformément à la réglementation en vigueur tout en signalant que les activités de l’agence sont sous le contrôle aussi bien de la Cour des comptes que celui de l’inspection générale du ministère des finances. Quant à la question de la marginalisation des élus, notre source précise que le président de la commune est membre du conseil d’administration de l’agence, et il siège avec l’un de ses adjoints au comité de suivi de ce programme. Toutes nos observations sont prises en considération par l’agence, reconnaît l’adjoint du maire de Rabat.

     

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