×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Competences & rh

    Intelligence artificielle: Une super inventeuse 100% made in Morocco

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5486 Le 02/04/2019 | Partager
    Ingénieur de l’INPT, docteur en informatique, détentrice de deux brevets
    Démarchée par le MIT, elle choisit de rester au Maroc
    Initiatrice du 1er master en data sciences de l’université de Marrakech
    inventeuse-marcaine-086.jpg

    Hajar Moussannif est discrète, mais engagée. Elle a choisi de rester au Maroc afin de «changer le monde» à partir de son pays. Son rêve, que le Maroc arrive à réduire sa dépendance technologique (Ph. HM)

    L’écouter vous transmet une énergie captivante. Hajar Moussannif est une passionnée d’intelligence artificielle (IA) et d’innovation. Une passion qu’elle veille à transmettre à ses étudiants de la faculté des sciences Semlalia de Marrakech. L’enseignante-chercheure, ingénieur d’Etat de l’INPT (Institut national des postes et télécoms), docteur en informatique de Cadi Ayyad, est à l’origine du premier master en data sciences de son université.

    Les étudiants se bousculent pour s’y inscrire. Car chez elle, pas question de théorie. Elle les embarque dans des projets concrets, leur apprend à viser très haut et à croire en leur potentiel. «Ils sont capables de nous étonner, il faut juste les motiver et les accompagner. Un seul mot d’encouragement est susceptible de les transformer», confie-t-elle.

    «Dommage qu’ils ne soient pas tous intégrés dans le tissu local. La dernière promotion comptait 28 lauréats. Une dizaine a décidé d’émigrer», regrette-t-elle.

    Toute petite, Hajar a rêvé d’indépendance et de liberté. Elle a défié toutes ses contraintes pour s’affirmer et prouver qu’elle était capable de grandes réalisations. Son ambition, «changer le monde», à commencer par son pays. Le Massachussetts Institute of Technology (MIT), ainsi que d’autres prestigieuses universités, ont essayé de la débaucher, sans succès.

    A l’heure où les hauts potentiels s’expatrient pour faire carrière à l’étranger, elle, a choisi de rester. Car c’est ici qu’elle peut créer la différence. «Nous pouvons faire évoluer notre pays, et arriver à réduire sa dépendance technologique. C’est mon plus grand souhait. Il nous suffit de travailler ensemble et de nous armer de volonté», pense la chercheure engagée, optimiste invétérée.

    Ses travaux portent, entre autres, sur l’IA forte, les big data, le machine learning et les objets connectés. Hajar Moussannif est auteur de plusieurs publications scientifiques portant sur ces technologies. Elle est aussi membre des comités de programme et scientifique de plusieurs conférences internationales.

    L’inventeuse de génie compte plusieurs distinctions, dont le Prix l’Oréal-UNESCO «For Women In Science», et le «Emerald Literati Prize for Excellence». Elle détient, à ce jour, deux Brevets. Voici une sélection d’inventions réalisées ou dirigées par Hajar, ce profil universitaire peu commun dans nos universités publiques.

    ■ Un smartphone émotionnellement intelligent!

    smartphone-emotionnellement-intelligent-086.jpg

    L’idée lui est venue suite à trois longs mois de baby blues après un accouchement. Son smartphone, totalement inutile pour elle durant cette période critique, Hajar Moussannif a décidé d’en faire un outil de soutien moral. Elle a fini par créer un smartphone capable d’identifier les sentiments et humeurs de son utilisateur, afin de lui envoyer des contenus multimédias et messages personnalisés, adaptés à son moral. Le téléphone collecte des données liées aux expressions du visage, à la tonalité de la voix, aux textes entrants et sortants, ainsi qu’à la localisation (hôpital, salle de fêtes, cimetière…) pour sortir avec une décision sur l’état émotionnel de l’utilisateur. L’invention a été protégée par un brevet d’invention.   

    ■ Bientôt le premier robot marocain

    premier_robot_marocain_086.jpg

     

    Là où il va, Pepper, le robot développé par IBM, reconnaissant les visages humains et répondant aux questions, fait sensation. Durant le colloque international sur l’IA organisé mercredi dernier à l’Université Mohammed VI des sciences de la santé, il a attiré une foule de curieux. Avec son équipe d’étudiants de master, Hajar travaille sur un projet de robot 100% marocain. «Nous avons réussi à concevoir une intelligence artificielle basée entièrement sur des technologies en open source. Une IA qui peut détecter des objets, des images et vidéos, reconnaître des contenus violents, réagir aux émotions humaines… Et qui s’exprime en arabe», annonce-t-elle. Et ce sera un modèle féminin. Il portera donc un visage de femme (sur la photo) et un prénom marocain. La version finale pourrait être prête d’ici trois mois au maximum.

    ■ Une chaise intelligente évaluant la compréhension des étudiants

    chaise-intelligente-086.jpg

    Envie de savoir si vos étudiants ont tout compris? Essayez la chaise intelligente. Le produit est signé par l’inventeuse de génie et de l’une de ses doctorantes. «Nous en sommes très fières, car le brevet que nous avons obtenu n’a fait l’objet d’aucune revendication dans le monde. Nous avons également remporté, l’année dernière, le premier prix de la recherche, dans le cadre de la 11ème édition du concours d’innovation», se réjouit Hajar. La chaise (prototype en bois sur la photo) est dotée de capteurs de vibrations. Elle surveille aussi les expressions du visage, la posture, les gestes, et même les attributs environnementaux (température, luminosité…). A travers sa smartwatch, l’enseignant reçoit des informations en temps réel. «Il peut connaître le pourcentage d’élèves ayant assimilé le cours et adapter sa pédagogie immédiatement, avant la fin de la séance», explique l’enseignante-chercheure.        

    ■ Un assistant de conduite anti-accidents

    un_assistant_de_conduite_anti-accidents_086.jpg

    L’IA peut aider à lutter contre les accidents de la circulation. Hajar a développé un système embarqué à installer dans les véhicules, équipé de capteurs de vibrations, de luminosité, température, sons... L’idée est de collecter des données sur l’accélération, le freinage, la rage au volant, les expressions du visage… en tenant compte du contexte de conduite (chaleur, bruits…), pour arriver à cerner le comportement du conducteur. Un assistant de conduite a été développé, afin d’aider l’utilisateur à mieux conduire. L’invention a été retenue il y a deux ans parmi six projets au niveau national, pour un financement du ministère de l’Equipement et du Transport.

    ■ Extraction de sentiments via les commentaires web

    extraction_de_sentiments_086.jpg

     

    Les échanges sur les forums et réseaux sociaux sont une mine d’or d’informations. Hajar a travaillé en binôme sur un projet d’extraction d’émotions à travers du texte. «Nous avons créé un algorithme qui se base sur les commentaire Youtube pour classifier le texte. Pour ce projet, nous avons remporté le Big data for challenge award l’an dernier, délivré par les Nations unies», explique-t-elle. Il est donc possible de déceler les émotions et d’attribuer des pourcentages pour chacune d’entre elles. «J’avais testé cette solution durant les élections américaines. L’analyse du texte: Trump won elections (Trump remporte les élections) avait relevé deux sentiments, la colère et la peur», se rappelle la jeune chercheure.

    ■ Un système estimant les risques de fausses couches
    Avec une doctorante, Hajar a développé une solution permettant de prédire les fausses couches. Dans le cadre de ce projet, des femmes enceintes ont été équipées de capteurs collectant des informations liées à leur santé au quotidien, comme le rythme cardiaque, la pression artérielle, température, qualité du sommeil… L’analyse des data permet de prédire, avec un pourcentage précis, le risque de fausse couche. Une application mobile a été lancée. Elle permet de faire le suivi de la femme enceinte et de lui fournir des recommandations (nutrition, activités physiques…). De son côté, son médecin reçoit des alertes en cas d’anomalies, et peut donc décider de rapprocher les consultations.   

    ■ Un tapis de course qui coache ses utilisateurs
    En matière de sport, la motivation est un élément déterminant. Et si vous pouviez utiliser un tapis de course qui vous coache? C’est l’autre idée smart de Hajar. La jeune chercheure a conçu un modèle de tapis roulant proposant un programme adapté en fonction de la masse corporelle, pouvant être guidé avec de simples gestes de la main et équipé d’un coach personnel.

    Ahlam NAZIH   

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc