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    International

    Le Brexit s’enlise dans l’impasse

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5484 Le 29/03/2019 | Partager
    Deux scénarios possibles: Le report ou le maintien temporaire
    Les choix proposés par l’Union européenne
    Theresa May met sa démission dans la balance des consultations parlementaires
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    Theresa May a promis mercredi de quitter son poste de Premier ministre avant l'ouverture de la nouvelle phase de négociation avec l'Union européenne, si son accord du Brexit était adopté par le Parlement. Le texte doit être soumis au vote pour la troisième fois ce vendredi 29 mars (Ph. AFP)

    Deux ans  après la notification par Londres de son souhait de quitter l'Union européenne, le divorce aurait dû être consommé. Mais le dernier sommet européen en a repoussé l'échéance. Tout en brandissant  un plan qui se veut définitif. 

    Soit Londres finit par accepter l'accord avec l'UE actuellement sur la table, et elle aura jusqu'au 22 mai, date du véritable Brexit, pour mener à son terme le processus de ratification pour un divorce ordonné. Soit aucun déblocage n'intervient au Parlement britannique, et il restera à Londres jusqu'au 12 avril pour décider de son destin.

    C'est en effet la date limite pour que le pays soit capable, techniquement, d'organiser des élections européennes sur son sol. Autant dire qu'un éventuel maintien temporaire dans l'UE devrait être décidé avant. Pour le moment, la Première ministre britannique Theresa May  s’est engagée à démissionner si son accord était adopté. «Une ultime tentative de convaincre le Parlement qui a dit non à tous les scénarios possibles», commente la presse anglaise.

    Les députés britanniques sont en effet toujours incapables de trouver un compromis. Lors d'une série de consultations, ils ont voté contre 8 scénarios alternatifs, parmi lesquels une sortie sans accord ou un renoncement au Brexit.

    En s'engageant à démissionner, la dirigeante conservatrice cède aux appels de nombreux élus de sa formation qui conditionnaient leur soutien au texte à son départ.

    Mais le succès de l'initiative reste très incertain. Le parti nord-irlandais DUP, son allié au Parlement, a fait savoir qu'il ne «soutiendrait pas cet accord», après l'avoir qualifié de «toxique».

    Destiné à mettre en œuvre en douceur le Brexit et suite à de longues négociations, le traité avec Bruxelles a déjà été rejeté massivement à deux reprises par la Chambre des communes. Des défaites humiliantes qui avaient contraint la Première ministre à demander à l'UE un report du Brexit (initialement prévu le 29 mars), au 12 avril au plus tôt.

    La pression s'était considérablement accrue ces derniers jours sur une dirigeante dont l'autorité n'a cessé de s'effriter. L'opposition paraît impatiente de la faire chuter. L’annonce de son départ  «prouve que dans ses négociations chaotiques sur le Brexit, elle a mis la gestion de son parti avant l'intérêt public», a réagi le chef du parti d'opposition travailliste, Jeremy Corbyn.

    Le gouvernement doit convaincre 75 députés pour faire passer son accord. Il aurait déjà fait changer d'avis à l'ex-ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, candidat potentiel à sa succession, selon une source proche de ce champion du Brexit.

    Mais, outre le coup de froid jeté par le parti nord-irlandais, d'autres Brexiters purs et durs ont signalé leur intention de  ne pas suivre l'exécutif. Le député Steve Baker, membre de l'European Research Group (ERG), une alliance de députés conservateurs eurosceptiques, a même traité «d'idiots, fripouilles et lâches» ceux qui sont prêts à voter pour l'accord. Les députés se sont contentés d'entériner le report de la date du Brexit, après l'accord donné par les dirigeants européens.

    Les 27 ont donné le choix à Mme May: soit l'accord de retrait est adopté et le report sera de courte durée, jusqu'au 22 mai; soit l'accord est rejeté, et Londres aura jusqu'au 12 avril pour présenter une alternative et demander un nouveau report, qui impliquerait la tenue d'élections européennes dans le pays fin mai. Sinon, ce sera une sortie sans accord.

                                                                   

    Grave menace sur l’industrie automobile

    Le Brexit sans accord signifie l’arrêt de mort pour l’industrie automobile britannique. D’où l’appel des professionnels du secteur au parlementaires pour qu’ils s’accordent sur une solution. 

    «Nous avons désespérément besoin que le Parlement se mette d'accord pour restaurer la stabilité, afin de restaurer la confiance et permettre à notre secteur de maintenir sa dynamique», écrit  Mike Hawes, directeur général de l'Association des constructeurs et des vendeurs automobiles (SMMT), dans un communiqué au ton particulièrement alarmiste.

    Dès le lendemain du référendum du 23 juin 2016 qui a vu la victoire des partisans du Brexit, l'industrie automobile britannique avait alerté sur les conséquences potentiellement néfastes du départ de l'UE pour cette activité très dépendante des échanges avec le continent. Son inquiétude n'a fait que s'aggraver avec le chaos politique entourant désormais le Brexit, initialement prévu le 29 mars, mais désormais retardé.

    «L'idée d'un Brexit sans accord mais sous contrôle n'est que fiction. L'incertitude a déjà paralysé l'investissement, coûté des emplois et endommagé notre réputation mondiale», souligne Hawes.

    Pour les professionnels de l'automobile, il y a urgence car les chiffres du secteur ne sont pas bons. La production de voitures a chuté de 15,3% en février sur un an. Il s'agit du neuvième mois consécutif de repli. La production a baissé pour les voitures vendues au Royaume-Uni (-11%) mais encore davantage pour  celles exportées (-16,4%), du fait d'un repli de la demande en Asie et en Europe.

    Près de 8 voitures sur 10 produites dans le pays sont destinées à l'exportation, dont la moitié pour l'UE. Face aux incertitudes du Brexit, les investissements dans le secteur automobile britannique ont chuté de près de moitié en 2018 par rapport à 2017.

    A.G.

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