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    Régions

    La Cour des comptes rattrape les élus d'Oujda

    Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5479 Le 22/03/2019 | Partager
    Le président de la région et le maire condamnés à la prison
    Poursuivis pour dilapidation de deniers publics, ils ont 10 j pour se pourvoir en cassation
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    Qui veut la peau de Hejira et Bioui? (Ph. A.K)

    Les carrières politiques du maire d’Oujda Omar Hejira (Istiqlal), du président du conseil de l’Oriental, Abdenbi Bioui (PAM) et de l’ancien maire d’Oujda Lakhdar Haddouch (Mouvement populaire), seraient hypothéquées, suite au verdict prononcé mercredi 20 mars par la Chambre des crimes financiers relevant du tribunal de Fès.

    Ces trois figures emblématiques du champ politique d’Oujda sont condamnées à des peines allant de deux à une année de prison ferme. Abdenbi Bioui (propriétaire de la société Bioui-travaux) a écopé d’une année de prison ferme alors que Hejira, Haddouch et l’ingénieur principal de la commune d’Oujda sont condamnés à deux années de prison ferme.

    Au total, 15 personnes sont accusées de dilapidation de biens publics et paiements exagérés. Huit d’entre elles ont été condamnées alors que sept fonctionnaires de la commune d’Oujda ont été innocentés.

    Pour rappel, l’affaire remonte à un rapport établi par la Cour des comptes sur la période 2006/2009 et qui a relevé des anomalies dans l’octroi et la réalisation de certains marchés publics. Les échantillons (carottes) prélevés révèlent que les exigences du CPS n’ont pas été respectées concernant l’épaisseur du bitume et le tout-venant de certains tronçons routiers.

    Des observateurs proches du dossier avancent le montant de 40 millions de DH de manquement relevé en matière d’achat de matériel, électrification publique et construction de route. Des données que le Conseil supérieur de la Cour des comptes a transmis au le ministre de la Justice de l'époque, Mustapha Ramid (PJD). Ce dernier avait, alors, activé la procédure et soumis le dossier au tribunal des crimes financiers de Fès en 2012. Quinze personnes avaient ainsi été interpellées mais ont été libérées sous caution (jusqu’à 700.000 DH pour certains).

    Il a fallu attendre novembre 2017 pour que le tribunal de première instance innocente les présumés fautifs suite aux conclusions du tribunal des crimes financiers de Fès. Le maire de la ville d’Oujda avait été condamné à cause d’un ordre de paiement. Toutefois, le TPI a conclu au respect de la procédure administrative légale.

    Bioui, actuel président du Conseil régional de l'Oriental poursuivi en tant que patron de la société Bioui-travaux, avait commandité auprès d'un bureau d'études un rapport aux conclusions positives. Celui-ci précisait que les prélèvements réalisés par la Cour des comptes n’avaient pas été faits à temps et qu’il était normal que la chaussée perde quelques centimètres après usage.

    Mais c'était sans compter sur la pugnacité des autorités judiciaires. Le parquet a fait appel de cette décision et a obtenu mercredi 20 mars 2019 des sanctions d’emprisonnement à l’encontre de huit personnes impliquées dans ce dossier. Contactés à plusieurs reprises par L’Economiste, Omar Hejira et Abdenbi Bioui n'ont pas répondu aux appels. 

    «Au-delà des jugements du tribunal des crimes financiers de Fès, le maire d’Oujda et le président du Conseil régional de l’Oriental, risquent gros sur le plan politique. Ils ne peuvent se présenter aux prochaines échéances électorales avant que la cour de cassation et les nouveaux juges qui se chargeront de l’affaire ne délivrent leur jugement», précise Zahreddine Taybi, professeur de sciences politiques à la faculté de droits d’Oujda.

    De notre correspondant permanent, Ali KHARROUBI

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