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    Groupe OCP: Des réglages à opérer

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5477 Le 20/03/2019 | Partager
    Planification de l’extraction minière, lavage du phosphate et maintenance du matériel, les poches d’insuffisance
    Les constats de la Cour des comptes

    Une fois n’est pas coutume. La Cour des comptes vient de faire part d’une mission de contrôle de gestion du groupe OCP.SA. Ceci, via une brève synthèse d’une douzaine de pages. D’ailleurs, les détails contenus dans le rapport définitif ne seront pas connus du grand public. Contexte stratégique et concurrentiel oblige, ce rapport ne sera pas publié. «Mais l’intégralité du rapport de mission a été notifiée au PDG du groupe», précise la juridiction financière.

    La mission qui s’est déroulée en 2017 a porté sur l’activité minière (extraction et traitement des phosphates) au niveau du site de Khouribga. Elle s’est particulièrement intéressée  à la planification des activités minières ainsi qu’au traitement du phosphate par le lavage et la flottation. Elle a également examiné l’utilisation et la maintenance du matériel d’exploitation en plus des aspects liés à l’environnement.

    D’emblée, la Cour relève des insuffisances en ce qui concerne la planification du développement des nouvelles mines prévues par la stratégie du groupe OCP.

    L’échéancier de mise en service des nouvelles mines au niveau de certains sites n’a pas été suffisamment étudié au regard de son importance. Ainsi, le programme de production à l’horizon 2050, qui constitue le document de référence en matière de planification, n’a fait qu’identifier les gisements de relève sans préciser les éléments pris en compte et les critères retenus pour prioriser entre ces gisements.

    Par ailleurs, la planification pluriannuelle doit être encadrée par un processus formalisé et documenté. En s’appuyant sur un cadre de référence qui définit la démarche, les intervenants, la périodicité et la fréquence d’actualisation. Or, le   processus actuel d’élaboration desdits supports se fait de manière séparée entre les mines et une structure de planification.

    «L’amélioration de ce processus est de nature à éviter les perturbations fréquentes dans la réalisation des projets miniers qui impactent l’exécution des programmes de production».

    A court terme la production minière  repose sur un processus de pilotage de la marge (business steering) qui se base sur un trimestre. A cet effet, la programmation  gagnerait à être basée sur un cadre de référence unifié.  

    Selon la Cour, la planification de la production dans les différentes mines repose, actuellement, sur des critères disparates  impactant ainsi la qualité des données techniques et statistiques. Ce qui se traduit, généralement, par des écarts significatifs entre les prévisions et les réalisations de production.

    De même, la structure de qualité du phosphate produit au niveau de certaines mines présente des écarts significatifs par rapport aux objectifs de production issus du processus de «pilotage de la marge». Ces écarts sont dus essentiellement aux changements fréquents des prévisions des ventes dictées par le marché. Il en est de même de l’exploitation minière qui est marquée par la variation du rythme d’extraction durant l’année. Cette situation s’explique par une insuffisance de la coordination.

    En ce qui concerne le traitement du phosphate, la Cour a noté que la gestion des stocks, à l’entrée et à la sortie des laveries, gagnerait à être formalisée. Pour mieux définir les valeurs optimales de stocks de sécurité ainsi qu’une autonomie raisonnable. La gestion des stocks fait que les laveries fonctionnent souvent en flux tendu, engendrant des risques de perturbation dans les programmes de production.

    Par ailleurs, il a été relevé que le suivi des activités des laveries ne permet pas un pilotage approprié.

    En cause, le  retard pris dans le déploiement d’un système informatique. Ce dernier devrait permettre la génération automatique des indicateurs liés à ces activités.

    S’ajoute également les insuffisances constatées au niveau de l’utilisation du matériel d’extraction des phosphates. Sa gestion  ne dispose pas de plan de réforme et de renouvellement à même d’optimiser son utilisation. Il est à noter  que l’entreprise compte dépasser ces difficultés à travers le déploiement effectif et la généralisation d’un système informatique, actuellement en cours d’expérimentation.

    En ce qui concerne la maintenance du matériel d’exploitation, des retards significatifs sont relevés en matière de professionnalisation de cette activité.  

    Plusieurs chantiers inscrits dans ce cadre accusent des retards répétitifs et peinent à se concrétiser. Il s’agit essentiellement de la maintenance assistée par ordinateur (GMAO), de la promotion des bureaux de méthodes ainsi que de la gestion des sous-ensembles et des pièces de rechange.

    Reste également à faire face à l’impact de l’activité minière sur l’environnement. De par sa nature, elle génère plusieurs rejets: bouc, terre morte et eau contaminée.  En réponse à ces impacts, un plan a été lancé en 2013 articulé sur trois axes. «Mais des efforts supplémentaires restent à déployer», estime la Cour.

    Les précisions de l’OCP

    Selon nos informations, le groupe OCP a mis en œuvre plusieurs actions depuis la mission de contrôle effectuée courant 2017. En ce qui concerne la planification, un  programme de transformation digitale a été lancé en 2017 (période du déroulement de la mission de la Cour). Il comporte une planification multi-horizons des activités minières sur une plateforme unique pour l’ensemble des sites.
    Aujourd’hui, il est déployé sur deux sites et couvrira l’ensemble des sites miniers en 2019. A titre d’exemple, les réserves de la mine de Benguerir sont modélisées sur 30 ans.
    S’agissant du matériel d’exploitation, la supervision  se fait en temps réel via des tours de contrôle et les 320 engins mobiles sont connectés. Et la maintenance sera à 100% digitalisée cette année.
     Pour ce qui est de la réhabilitation des terres mortes et de l’impact de l’activité minière sur l’environnement, le groupe indique qu’un millier d’hectares est en cours de plantation.  Cela représente 2 fois la consommation annuelle de terrain. L’objectif  est l’ensemble des terrains exploités depuis un siècle. En 2019, des  essais industriels de filtration des boues de lavage sont lancés dans le but d’éliminer définitivement les digues d’épandage. Ce qui permettrait la réduction de 20% de la consommation d’eau.

    L’OCP en chiffres

    • 20.000 collaborateurs
    • Chiffre d’affaires: 48,5 milliards de DH en 2017
    • 17%, la contribution à l’export
    • 80% des exportations réalisées par des produits à forte valeur ajoutée (engrais et acide phosphorique)
    • 18% des réserves en devises
    • 11,6 milliards de DH d’investissements en 2017
    • 85,6 milliards de DH d’investissement sur la période 2008-2016
    • Présence dans 81 pays avec un objectif d’investissement de 100 milliards de DH sur la période 2019-2027

    A.G.

     

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