Société

Karl Lagerfeld: Le génie à l’éventail tire sa révérence

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5457 Le 20/02/2019 | Partager
Le couturier est décédé mardi
Il est à l’origine du prêt-à-porter de luxe
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Un catogan, un éventail, des lunettes fumées, des mitaines, des diamants sur la cravate et des bagues en argent…Ce sont là quelques attributs qui ont accompagné l’un des personnages les plus iconiques et l’un des derniers grands couturiers. Karl Lagerfeld est mort, hier, 19 février.

La maison de haute couture Chanel a confirmé mardi matin la disparition de celui qui était son directeur artistique depuis 36 ans, déplorant la perte d’une «star planétaire de la mode». Surnommé  le «Kaiser» ou «King Karl» dans le microcosme de la haute couture, Karl Lagerfeld est né à Hambourg entre 1933 et 1935, selon les estimations de la presse, à qui il n’a jamais révélé sa véritable date de naissance qu’il affirmait ne pas connaître.

Dandy sulfureux, fêtard racé et cultivé, il fascine, séduit le Tout-Paris des années 1960. A l’aube d’une grande carrière, le jeune Lagerfeld ne manque de rien : sa famille y veille. «J’avais un compte dans les meilleures maisons pour mes costumes et mes chaussures», racontait-il au Monde. «A 21 ans, j’ai eu une petite Bentley, j’étais tellement con que je trouvais cela naturel».

Mais le génie aura surtout été l’initiateur d’une des plus grandes révolutions de la mode: le prêt-à-porter.  En 1954, il gagne le concours organisé par le Secrétariat international de la laine, dans la catégorie manteau. Le vainqueur de la catégorie robe est un certain Yves Saint Laurent. Les portes des grandes maisons s’ouvrent alors au jeune Allemand, d’abord celle de Pierre Balmain (1955-1958) puis de Patou, où il est nommé directeur artistique. 

En 1964, il fait son entrée chez Chloé et, l’année suivante, il entre chez Fendi, alors entreprise familiale romaine. En 1982, il prend les commandes de Chanel, maison de couture mythique mais un peu poussiéreuse qu’il se chargera de moderniser.

La marque sera désormais au cœur de son œuvre, celle qui le fait passer dans une autre catégorie, au panthéon des couturiers. Le public fera dès lors connaissance avec un personnage énigmatique, caché sous son éventail, au costume sombre, la chemise au col blanc et les cheveux blancs  immaculés en catogan.

Le couturier gagne le pari de faire de la maison au double c, une marque hyperluxe et des plus branchées en même temps. C’est l’inventeur des défilés spectacles qui transforment le Grand Palais à Paris en ferme géante, en galerie d’art ou en rampe de lancement de fusée. Le «Kaiser» est incontestablement une icône pop qui ose tout, avec humour et dont le statut ne dépend plus uniquement de Chanel.

Mais hors des podiums, Lagerfeld se montre très peu, vit et travaille  presque retiré dans son hôtel particulier, entouré des livres qu’il dévore. Sa collection d’ouvrages (littérature, art, design confondus) rassemblerait plus de 300.000 volumes disséminés entre ses différentes résidences.

A.Bo

 

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