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    USA/UE: L’automobile au cœur de la guerre commerciale

    Par L'Economiste | Edition N°:5457 Le 20/02/2019 | Partager
    Trump envisage de surtaxer les véhicules européens importés
    Bruxelles prépare sa riposte
    Réunion des ministres du Commerce à Bucarest
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    Washington agite la menace d'imposer des tarifs douaniers supplémentaires pouvant atteindre 25% sur les importations de voitures et d'équipements automobiles. Bruxelles ne compte pas rester les bras croisés

    Bruxelles a promis de riposter si les Etats-Unis surtaxaient les automobiles européennes. Cette menace n’est pas nouvelle, mais elle est revenue en force, après que le ministère américain du Commerce a remis à la Maison-Blanche un rapport sur l'industrie automobile.

    Lequel pourrait conduire Donald Trump à surtaxer les voitures importées, comme il menace de le faire depuis des mois. Le président américain, actuellement concentré sur les négociations avec la Chine, dispose désormais de 90 jours pour imposer ou non des taxes sur les automobiles et leurs équipements.

    Le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, n'a pas livré le détail de cette riposte. Mais les Européens avaient répondu l'an passé à des droits de douane similaires sur leur acier et leur aluminium par une plainte devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), des mesures dites «de sauvegarde» ainsi que des taxes punitives sur des produits américains emblématiques.

    Suivant ce même schéma, Bruxelles a préparé, dans le cas des voitures, une liste de biens américains, à hauteur de 20 milliards d'euros, susceptibles d'être taxés si les Etats-Unis déclenchaient les hostilités.

    Outre-Atlantique, le lobby américain des équipementiers automobiles, la Motor Equipement Manufacturers Association (Mema), a estimé que d'éventuels droits de douane décidés par Donald Trump «mettraient en péril leur sécurité économique, leur leadership technologique et entraînerait des licenciements».

    Malgré la menace, la Commission européenne continue d'espérer une issue positive dans les échanges avec les Etats-Unis après la trêve conclue en juillet dernier entre son président Jean-Claude Juncker et Donald Trump. Les deux dirigeants s'étaient engagés à travailler en faveur d'un accord de libre-échange exclusivement sur les biens industriels.

    Les ministres européens du Commerce se retrouveront, vendredi 22 février 2019, à Bucarest pour décider d'accorder ou non à la Commission le droit d'ouvrir des négociations. «Certains Etats membres, comme l'Allemagne, veulent aller vite et espèrent un accord de principe sur ce mandat. Mais la France se veut plus prudente», selon une source européenne.

    L'ouverture de négociations avec les Etats-Unis ne semble pas faire l'unanimité au Parlement européen, qui ne dispose cependant que d'un rôle consultatif. Un projet de résolution de l'eurodéputé social-démocrate allemand, Bernd Lange, a été soumis, mardi 19 février 2019, au vote au sein d'une commission parlementaire. Il recommande aux Etats membres de «ne pas autoriser Bruxelles à négocier avec les Etats-Unis».

    Ce texte relève également que «l'UE est toujours sous le coup de sanctions américaines sur son acier et son aluminium, qu'une menace existe désormais sur ses automobiles et que les Etats-Unis ont en outre quitté l'accord de Paris sur le climat…».

    Pour imposer des droits de douane supplémentaires en mars 2018 sur l'acier et l'aluminium importés, Trump s'était servi d'une procédure rarement invoquée de la législation commerciale américaine. Il s’agit de «l'article 232», qui s'appuie sur des arguments liés à la défense nationale pour limiter l'importation de produits et de biens aux Etats-Unis.

    Les prix risquent de monter…

    En 2017, un peu moins de la moitié (8,3 millions) des quelque 17 millions de voitures vendues aux Etats-Unis avaient été importées. Celles introduites du Canada et du Mexique (qui viennent de conclure un nouvel accord de libre-échange avec les Etats-Unis-AEUMC) devraient être exemptées de surtaxes. Ces deux pays produisent la majorité des voitures importées aux Etats-Unis (4,27 millions) devant le Japon (21% des importations), l'Allemagne (11%) et la Corée du Sud (8%). En 2018, les groupes automobiles allemands ont exporté 470.000 voitures de l'Allemagne vers les Etats-Unis, selon la fédération des constructeurs VDA. Selon une étude du cabinet EY, des taxes douanières de 25% sur les voitures coûteraient 5 milliards d'euros aux constructeurs allemands. La National Automobile Dealers Association a averti que 366.900 emplois pourraient être perdus aux Etats-Unis du fait du renchérissement des automobiles. Les taxes risquent d'augmenter le coût des voitures de 2.750 dollars en moyenne, conduisant à une baisse des ventes de 1,3 million d'unités par an, selon l'organisation professionnelle.

    F. Z. T. avec AFP

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