Economie

Automobile: En route pour 2020

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5457 Le 20/02/2019 | Partager
A 2 ans de l’échéance, les écosystèmes automobiles en avance sur le volet emploi
70 milliards de DH d’exportations en 2018
L’intégration en profondeur, nouvelle piste pour doper la formule
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A deux ans de l’échéance, le secteur automobile semble en avance sur ses objectifs en matière d’emploi et en bonne voie pour la capacité de production et le taux d’intégration (Ph. Adam)

Après  d’un dirham sur deux engrangés à l’export industriel est dû au secteur automobile. Premier poste avec 44,5% des exports industriels, soit un total de 70 milliards de DH, et la plus forte création d’emplois enregistrée (85.000 nouveaux emplois), l’industrie automobile progresse d’un pas ferme.

Le secteur, autrefois limité au montage de véhicules, s’est même permis de doubler des secteurs jugés comme les piliers de l’économie marocaine que sont le tourisme et les phosphates. Une métamorphose qui s’est réalisée en moins d’une décennie et dont l’ingrédient magique a été le Plan d’accélération industriel (PAI), avec comme catalyseur la formule des écosystèmes.

Selon des chiffres issus du ministère du Commerce et de l’Industrie, le plan est très en avance par rapport à ses objectifs à l’horizon 2020, surtout en matière d’emploi. Ces derniers ont atteint les 97% du total projeté de 163.000 emplois. En ce qui concerne les exportations, elles sont à 70% avec 70 milliards de DH réalisés à l’export et un taux d’intégration locale de 50,5%, à 15 points de l’objectif final.

Quatre écosystèmes ont été lancés en 2014: câblage, intérieur véhicules & sièges, métal-emboutissage et batterie.

Pour le câblage, le Maroc arrivait avec une longueur d’avance avec les grands du domaine, Delphi, Yazaki et Sumitomo déjà bien installés, suivis par d’autres comme Lear par exemple, la mise en place de l’écosystème a permis de booster leur développement.

En termes d’emploi, le secteur est en avance sur son objectif fixé avec 82.000 postes de travail créés, soit 17% de plus que le score prévu pour 2020, le chiffre d’affaires plafonne pour sa part à 2 milliards d’euros, soit un peu plus de 22 milliards de DH ou 80% de l’objectif.

C’est le cas aussi pour les batteries qui ont atteint les 1.500 emplois prévus, mais ont encore un bout de chemin à faire en termes de chiffre d’affaires avec 60% des objectifs 2020, un schéma qui se répète pour le métal-emboutissage et pour l’intérieur véhicule.

La raison n’est autre que l’intégration en profondeur qui reste encore à travailler. Il s’agit de réfléchir à intégrer, selon l’Amica, les intrants de base pour chacune des industries qui serviront à développer la filière. Pour le cas du câblage, le Maroc avait réussi à attirer de grands noms du secteur comme Coficab en 2001 et tout récemment Acome, mais il reste à intégrer la filière du cuivre, qui est en grande partie importé, et qui permettrait à l’écosystème d’augmenter son chiffre d’affaires et sa valeur ajoutée.

A ces précurseurs se sont ajoutés les écosystèmes Powertrain en 2016 et, tout récemment, ingénierie, extérieur véhicule et pièces de rechange. Ce dernier constitue l’un des plus prometteurs. En Europe, il représente un marché de 200 milliards d’euros par an, un énorme gâteau auquel l’industrie automobile marocaine pourra prétendre.

Pour l’Amica, il est question de travailler avec les importateurs actuels de pièces de rechange pour les accompagner afin de devenir eux-mêmes producteurs, arroser le marché local et profiter des opportunités à l’export. L’écosystème profitera des mêmes ingrédients que ceux ayant fait le succès des autres et qui est, à la base, une symbiose entre opérateurs du secteur, associations professionnelles et administration, que chapeaute le ministère du Commerce et de l’Industrie.

A ces écosystèmes sectoriels, il faut ajouter ceux dits «constructeurs». C’est le cas de Renault qui a pour objectif d’atteindre les 2 milliards d’euros en achats de pièces au Maroc et qui est, selon le ministère, à mi-chemin pour atteindre cet objectif. PSA affiche, pour sa part, un objectif plus modeste avec un milliard d’euros à l’export, mais se démarque avec un taux d’intégration locale de 60% dès le démarrage de l’exploitation qui est imminent.

                                                                  

Une fiscalité adaptée

En plus des infrastructures et de la formation des ressources humaines, le secteur automobile a profité de plusieurs sources d’appui dont les aides fiscales et les aides directes. Les aides fiscales sont très avantageuses. Parmi elles:
• L’exonération de l’impôt sur les sociétés pendant les 5 premières années, suivie de 20 ans taxés à 8,75% puis à 17,5% au-delà.
• L’exonération de la taxe professionnelle pendant 15 ans.
• L’exonération de l’impôt sur les dividendes pour les associés non résidents au prorata du chiffre d’affaires à l’export.
• L’exonération des droits d’enregistrement sur les constitutions, les augmentations de capital, mais également sur les terrains acquis pour y édifier leurs installations.

Ces exonérations s’appliquent désormais aux opérations effectuées entre les sociétés établies dans deux zones franches différentes ainsi qu’aux opérations en direction des sociétés établies hors zones franches à condition qu’elles soient faites sous régime suspensif en douane, comme le précise Abdelaziz Arji, président de la Commission juridique, fiscale et sociale de la Cfcim. Même les sociétés établies en dehors des zones franches peuvent bénéficier de ces exonérations en tant qu’exportateurs pour les opérations effectuées avec les zones franches.

Les sociétés pionnières opérant dans chaque écosystème peuvent bénéficier d’une prime à l’investissement. Celle-ci est égale à 30% de l’investissement matériel et immatériel, plafonnée à 30 millions de DH.

En fonction de la nature de l’écosystème, il sera exigé des investisseurs des conditions d’emploi et de transfert de savoir-faire et de technologie, rappelle Arji. Outre la subvention à l’investissement, les opérateurs peuvent prétendre à des aides à la formation pilotées par l’Anapec. Ces subventions sont octroyées en fonction des employés formés et selon leur grade.

Ali ABJIOU

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