×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Justice

    Escroquerie: Grosse alerte dans le secteur bancaire

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5453 Le 14/02/2019 | Partager
    Le régulateur somme les opérateurs «de se prémunir»
    Des fraudes via sociétés fictives et chèques falsifiés
    De l'argent subtilisé à des concessionnaires auto
    escroquerie_banques_053.jpg

    Dans une note confidentielle, le régulateur bancaire a avisé fin janvier 2019 les opérateurs du secteur. Ils sont tenus d’être plus vigilants face à des présumés arnaqueurs qui agissent sous de fausses identités

    Un présumé réseau d’arnaqueurs effectue le tour des concessionnaires auto et des banques! A ce jour, le montant global des trois sociétés escroquées s’élève à près de 8 millions de DH. Bank Al-Maghrib (BAM) vient de mettre en garde les établissements financiers.

    Le régulateur les enjoint de «prendre les dispositions appropriées pour se prémunir contre la fraude», selon une note confidentielle datée de fin janvier 2019. Les sociétés de financement ont été sommées d’informer la Banque centrale «dans les plus brefs délais sur les mesures prises à cet effet».

    Basée à Casablanca, sa direction de supervision bancaire suit de très près ce «dossier sensible». Une enquête judiciaire est en cours. A l’heure ou nous mettions sous presse, deux suspects de nationalité marocaine ont été identifiés. Ces personnes n’ont pas encore été arrêtées. Leur mode opératoire est plus ou moins simple, mais efficace.

    Première étape, créer des sociétés fictives pour pouvoir ouvrir des comptes bancaires. L’établissement financier livre ensuite aux présumés malfrats des chéquiers libellés au nom de leurs sociétés. Procédure bancaire tout à fait courante et applicable également aux particuliers. 

    Vient la seconde étape qui consiste à se présenter à un concessionnaire pour l’achat d’un véhicule. Le supposé client passe sa commande. Non pas en son propre nom mais au nom de la société qu’il représente. «Une somme d’argent est versée au concessionnaire auto en guise de frais de dossier», selon nos informations. Ce versement qui sera encaissé par le vendeur amorce donc la troisième étape de l’opération.  

    Fausses identités

    En effet, «une semaine ou deux» s’écoulent après la commande du véhicule. Les supposés clients se présentent ainsi au vendeur afin d’annuler leur achat.

    Le droit de rétractation est consacré par la loi n°31-08 relative à la protection des consommateurs, de 7 à 30 jours. Le concessionnaire auto acquiesce à la demande de son prétendu client et le rembourse. L’argent est remis sous forme de chèque non endossable et libellé au nom du représentant légal de la société fictive. Important: le chèque est celui du concessionnaire. 

    C’est à partir de là que se déclenche la 4e phase de l’escroquerie. Son auteur va falsifier le montant du chèque «d’une manière professionnelle en effaçant mécaniquement le montant initial et le remplace par une très grosse somme», d’après nos informations. Ce qui induit évidemment l’utilisation de moyens technologiques sophistiqués.

    En dernier lieu, l’escroc présumé n’a plus qu’à encaisser le chèque auprès de la banque qui gère le compte de la concession auto. Et le tour est joué! Le plus gros montant subtilisé à ce jour est de 3,6 millions de DH. Détail très important, les suspects usent aussi de fausses identités (voir encadré).

    Le recours à cette technique complique relativement l’affaire. Ce qui rend pour l’heure les suspects insaisissables pour la Brigade des crimes économiques et financiers. Il n’y a pas de crime parfait puisque deux hommes ont été identifiés. La Banque centrale a été appelée à collaborer à l’enquête.

    Dans ce genre d’affaire, les autorités judiciaires s’appuient aussi sur les données communiquées par le régulateur: identifiants des comptes bancaires, opérations effectuées, documents ayant servi à l’ouverture des comptes... L’alerte de fin janvier 2019 intervient 15 jours après que BAM ait été informée de l’escroquerie. Pourquoi le régulateur a pris tout ce temps pour le faire? La réactivité minimise les dommages.

                                                                                

    Trois victimes et une carte d’identité falsifiable

    faux_et_usage_de_faux_053.jpg

    Les affaires de falsification et d’usurpation d’identité ont relativement baissé en 2017 par rapport à 2016. Mais une tendance à la hausse est enregistrée depuis plusieurs années. Ce type d’infractions est passé de 5.156 en 2012 à environ 7.000 en 2017

    C’est une affaire d’escroquerie qui interpelle au plus haut degré les autorités judiciaire et bancaire. Trois sociétés victimes, et pas des moindres, ont été recensées à ce jour: Hyundai, Sopriam Peugeot et Volvo Maroc. Les montants qui leur ont été subtilisés via des chèques falsifiés sont respectivement de 1,8 million,  2,4 millions et 3,6 millions de DH.

    A l’origine, ces modes de paiement comportaient des sommes modestes: de 2.000 ou 10.000 DH au maximum. Les présumés escrocs ont encaissé au total près de 8 millions de DH auprès de deux banques, Attijariwafa bank et le CIH. D’où la mise en garde adressée par Bank Al-Maghrib (BAM) au secteur. Il se peut que d’autres concessionnaires auto se déclarent. Surtout que les présumés escrocs courent encore dans la nature, selon nos dernières informations.

    La vigilance est de mise d’autant plus qu’ils agissent sous de fausses identités. Et dire que les gouvernements successifs (depuis El Fassi) et leur ministère de l’Intérieur n’ont cessé de vanter les «mérites» de la Carte d’identité nationale  électronique!

    Censée être «infalsifiable», la CINE est composée d’un code barre et d’une puce qui intègre l’empreinte digitale de son détenteur (cf. L’Economiste n°2397 du 9 novembre 2006 et n°2689 du 9 janvier 2008). Lancé il y a dix ans, le marché de la digitalisation de nos pièces d’identité a coûté à l’époque environ un milliard de DH aux contribuables.

    Faiçal FAQUIHI

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc