Economie

Fitur-Tourisme: Le Maroc fait du forcing à Madrid

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5439 Le 25/01/2019 | Partager
Sajid fait du lobbying auprès de ses homologues
Objectif: décrocher la convention de l’OMT de 2021
Les principales destinations défendent leurs produits
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Les professionnels du tourisme des 4 coins du Maroc se sont rendus en masse pour vanter les potentialités de leurs régions. Pour la plupart d’entre elles, l’augmentation des dessertes aériennes a favorisé l’émergence d’un flux touristique conséquent en provenance de l’Espagne. Chaque territoire affûte sa stratégie pour capter ce marché émetteur prometteur (Ph. YSA)

Le Maroc pourrait accueillir la 24e Session de l’Assemblée générale de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). L’événement grandiose se tiendrait dans la ville ocre en 2021, si l'on arrivait à le décrocher. Mohamed Sajid, également présent au 39e Salon international du tourisme, Fitur (Madrid), a pour cela entamé, le 23 janvier, des actions de lobbying et de sensibilisation auprès de ses homologues des Etats membres de l’OMT.

Le ministre de tutelle a multiplié les rencontres, afin de promouvoir la candidature de Marrakech, ville qui maîtrise aujourd'hui l’organisation des rencontres de haut niveau (Congrès de la migration, COP22, etc.).

«Marrakech dispose, certes, de l’infrastructure nécessaire à ce type d’événement. Toutefois, il faudrait également penser à propulser d’autres destinations, comme Tanger, Rabat ou encore Fès, en y organisant aussi de telles rencontres», estiment certains professionnels.

Si certaines villes peuvent y prétendre, Fès manque encore d'infrastructures dédiées aux grands évènements, indiquent Farid Lahlou et Yassir Jawhar, tous deux vice-présidents du CRT de Fès, insistant sur «la nécessité de construire d’abord un palais des congrès, qui favoriserait ainsi l’émergence d’un tourisme d’affaires dans la capitale spirituelle».

Unanimes sur les nombreuses possibilités de découverte de la région Fès-Meknès, les professionnels insistent le grand potentiel à libérer du territoire touristique centre-nord. «Berceaux d’une culture séculaire, les villes de Fès et Meknès ont tout pour se distinguer. Les médinas de ces capitales impériales représentent de véritables espaces d'art, de culture et de spiritualité», souligne Aziz Lebbar, président du CRT de Fès.

«Nous sommes en négociation avec des compagnies aériennes comme TUI et Air Arabia, pour lancer de nouvelles liaisons aériennes, notamment avec Malaga», confie le patron du CRT. Par ailleurs, les opérateurs meknassis souhaitent, eux aussi, marqueter leur territoire.

En témoigne la participation du trio Adil Terrab (Palais Terrab) et Samir Ezzaher (hôtel Tafilalet), Mohammed Ismaïli (Agence Elyousr), respectivement président et membres du CPT de Meknès. Réalisant quelque 200.000 nuitées, la capitale ismaïlienne ambitionne de devenir une destination de city break et non seulement une ville de passage. Surtout avec le projet de restauration de sa médina (800 millions de DH). «Avec Fès, nous pouvons créer une véritable synergie, doper le tourisme, et développer de nouvelles niches», souligne Terrab.

Les opérateurs des autres régions mettent les bouchées doubles pour hisser le tourisme durable. C’est le cas des représentants de Ouarzazate (terre de la première centrale solaire d’Afrique) et El Haouz, ainsi que ceux de la Fédération locale de tourisme durable de Tafilalet et Errachidia. Ces derniers entendent valoriser et promouvoir le patrimoine naturel et culturel de l’Erg Chebbi.

«Notre projet permettra aux différents acteurs de jouer le rôle d’ambassadeur culturel de la destination auprès des touristes afin de les satisfaire et répondre à leurs exigences en matière de qualité des prestations», disent-ils. Lakhlafa Ettaiek, du groupe Xaluca, est l’une des figures emblématiques du tourisme de désert qui milite pour le tourisme durable.

A Madrid, le groupe vante la valeur écologique du projet Erg Chebbi, et montre «les nombreuses raisons de visiter un paysage unique et extraordinaire». «Nous préparons avec l’ONMT une grosse opération autour des femmes de célébrités espagnoles qui devrait se tenir en juin», annonce-t-il.

Le Fitur représente une occasion d’analyser le marché du tourisme mondial à court et moyen terme. L’édition qui se poursuit jusqu’au 27 janvier est marquée par la célébration du 10e anniversaire du Forum touristique sur les investissements et les opportunités d’affaires en Afrique, Investour.

En marge de cet événement, Sajid devait participer, jeudi, à une table ronde sous le thème de «la Sûreté et fluidité des voyages en Afrique: renforcer la résilience et la gestion des risques dans le secteur du tourisme». L'occasion idoine pour défendre la stabilité du Royaume recommandé (pour sa sécurité et son hospitalité légendaire) par les principaux marchés émetteurs, et le promouvoir auprès des destinations émergentes (USA, Brésil, Chine…).

DNES Youness SAAD ALAMI

                                                                               

Le plan séduction de Ouarzazate

Le Conseil provincial du tourisme de Ouarzazate (CPT) porte beaucoup d’espoir sur les retombées de sa participation au Fitur. Le jeu en vaut la chandelle. Le marché espagnol constitue, en effet, le 2e plus important marché émetteur de Ouarzazate. Le lancement d’une ligne aérienne directe de Ryanair entre Madrid et Ouarzazate depuis fin octobre 2018, à raison de 2 fréquences hebdomadaires, a boosté les arrivées espagnoles sur Ouarzazate.

Dès le mois suivant, il en a résulté une progression de 33% d’arrivées de touristes par rapport au même mois de 2017, avec une moyenne de 4 nuitées, passées entre Ouarzazate et d’autres destinations de la région. Ryanair a transporté près de 2.000 touristes espagnols en 2 mois. Si en l’espace d’aussi peu de temps, la destination a pu connaître une évolution significative, tous les espoirs sont permis de faire mieux sur les court et moyen terme. La délégation des opérateurs touristiques de la région met ainsi les bouchées doubles afin de consolider les acquis obtenus sur ce marché et surtout décrocher de nouvelles opportunités et augmenter la fréquence des vols.

«En tant que CRT, notre objectif est d’abord de conforter les acquis du marché ibérique. Avec l’appui de l’ONMT, nous comptons promouvoir Ouarzazate ainsi que toute la région de Drâa Tafilalet auprès de la presse espagnole, de la compagnie aérienne Ryanair et de l’Office de tourisme de Madrid», explique Zoubir Bouhout, directeur du CPT de Ouarzazate.

Le Conseil mise, en outre, sur des éductours et des voyages de presse en provenance du marché ibérique afin de booster l’image de la région Drâa Tafilalet et mettre en avant l’offre complémentaire qui la caractérise. La visite sur place lors du salon Fitura d’une délégation du syndicat des journalistes espagnols, qui regroupe plus de 300 professionnels de la presse, de la radio, de la télévision, des médias numériques et des bureaux de communication, prépare le terrain pour de futurs éductours. Une action qui profitera non seulement à Ouarzazate mais également à toutes les destinations touristiques de la région.

Sabrina Belhouari

 

DNES Youness SAAD ALAMI

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