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    Santé: «Cure de désintox» et pistes de financement

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5432 Le 16/01/2019 | Partager
    Le volet financier doit être séparé de l’offre de soins et la mission de régulation
    Mise en place d’un organisme gestionnaire du Ramed
    Rationalisation des dépenses, maîtrise de la facturation, mobilisation de fonds hors budget de l’Etat… les pistes

    Parmi les objectifs phares du Plan santé, élargir, à l’horizon 2025, la couverture médicale de base pour tendre vers la couverture sanitaire universelle. Il s’agit d’un sérieux défi à relever du fait qu’actuellement seulement 62% de la population marocaine dispose d’une couverture médicale de base (AMO, y compris pour les étudiant, 34% et Ramed 28%).

    Relever ce challenge nécessite de revoir d’abord le système de gouvernance du Ramed avec la mise en place d’un organisme de gestion dédié à ce programme, recommande le Plan santé. «Ce qui va permettre de séparer entre les missions de régulation, de financement et celle de l’offre de soins», préconise une source du département de la Santé. Mais généraliser la couverture sanitaire universelle nécessite des financements que l’Etat peinera à mobiliser en totalité.

    «Pour pallier cette contrainte, il serait judicieux de créer une entité publique de droit privé qui sera chargée de la mobilisation des financements et la construction des infrastructures hospitalières», recommande le Plan santé 2025.

    Des bailleurs de fonds pourraient ainsi accompagner le financement des infrastructures du secteur de la santé. Pour ce faire, le ministère a besoin uniquement de la garantie de l’Etat pour bénéficier de ces fonds qui ne seront pas comptabilisés en tant que dettes du budget général.

    Avec une meilleure gouvernance, il est aussi possible de réaliser des économies financières au niveau du système de santé. La tutelle planche actuellement sur le lancement d’un certain nombre de mesures. Premièrement, l’instauration d’un système de facturation efficace permettant aux établissements de santé, notamment les hôpitaux provinciaux et régionaux, d’assurer le recouvrement des coûts engagés au titre de leurs prestations fournies aux malades. Cette action s’inscrit dans le cadre d’un projet en cours portant sur la mise en place d’un système d’information hospitalier. «Le marché devrait être lancé au cours de 2019», confie une source du ministère de la Santé.

    Des réformes sont également prévues pour la rationalisation de l’approvisionnement des hôpitaux en médicaments. Selon notre source, le ministre examine la possibilité de lancer les marchés cadres d’approvisionnement en médicaments tous les trois ans au lieu de chaque année, comme cela se fait actuellement.

    Signalons par ailleurs que la problématique du financement du système de santé a été largement débattue lors du 6e Congrès national de la pharmacie et pharmaco-économie organisé dernièrement à Rabat par la Société marocaine de l’économie des produits de santé (SMEPS). Une rencontre qui a permis de sortir avec certaines recommandations dont la création d’un fonds de solidarité dédié à ce secteur en imposant des taxes sur certains produits (tabac, alcool…). 

    Au menu également, la mise en place d’un système de cotisation en fonction des revenus avec implication de l’employeur. Sans oublier le bon usage des médialements avec une meilleure évaluation de l’efficience des produits de santé en vue de leur remboursement. Un aspect sur lequel a été focalisé l’exposé présenté par Eric Baseilhac, directeur des Affaires économiques et internationales des entreprises du médicament de France (LEEM).

    Pour ce dernier, un pays comme le Maroc, en transition épidémiologique, devrait augmenter son budget pour le secteur de la santé. Ces dépenses doivent être assimilées à des investissements, car l’amélioration de l’état de santé et l’espérance de vie de la population va se traduire favorablement sur la productivité du pays, souligne l’expert français.

    Niches innovantes

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    Les médicaments innovants, même chers, ainsi que le digital constituent des niches pour réaliser des économies au profit des systèmes de santé, selon Eric Baseilhac. Aux USA et en Europe, il a été montré qu’avec des médicaments innovants, on a pu aboutir à l’éradication, dans un délai de 10 à 15 ans, des pathologies lourdes et très coûteuses comme l’hépatite C. Pour le digital, l’expert français a rappelé l’expérience réalisée dans son pays qui consiste à la mise en place d’un programme de télémédecine permettant aux patients qui souffrent de problèmes rénaux de renseigner via leur téléphone portable les données cliniques qui sont transmises à un centre de néphrologie. Ce dernier se charge de corriger le régime alimentaire et le traitement des patients. «Cela a permis de retarder le passage à la dialyse de près de 7 ans, ce qui  constitue une source d’économie formidable», fait observer Eric Baseilhac.

    N. E. A.

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