Economie

Vague de froid: Le monde agricole optimiste malgré tout

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5427 Le 08/01/2019 | Partager
Tout au plus, il y aurait un ralentissement de croissance des céréales
Risque de surchauffe des prix des fruits et légumes
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Les cultures sucrières continuent leur essor. La zone des Doukkala qui concentre le tiers de la production betteravière s’attend encore à une récolte record (Ph. GA)

Pas d’impact du froid glacial qui sévit depuis plusieurs semaines. Et l’optimisme est toujours de rigueur même après l’annonce par la météo de températures négatives durant cette semaine. Celles-ci devraient toucher plusieurs régions de production agricole, notamment les hauts plateaux de l’Oriental, les plaines intérieures du nord et du centre ainsi que l’extrême sud du pays.

Faut-il s’en inquiéter?  Pour le moment, pas encore de dégâts à signaler, relèvent des professionnels joints par L’Economiste. Même analyse auprès de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (Aspam). Selon son secrétaire général, Ahmed Darrab, jusqu’à présent les zones les plus exposées aux gelées n’ont pas souffert.

C’est le cas de Béni Mellal, du Haouz, du Souss et dans une moindre mesure le Gharb. «Il n’empêche que la profession a lancé un appel aux agrumiculteurs d’intensifier les irrigations pour juguler l’effet des basses températures». Mais c’est à titre préventif, nuance Darrab.

Pas d’inquiétude également dans la région de Casablanca-Settat dont les Doukkala s’érigent en grenier du Maroc. Pour Abderrahmane Naïli, directeur régional de l’Agriculture, «la situation évolue normalement pour la betterave sucrière qui reçoit des irrigations à cadences régulières». Ce qui est relevé, c’est le ralentissement de la croissance des céréales et du maraîchage. «Mais aucun dégât n’est à signaler pour le moment», est-il souligné.

En revanche, le Souss qui assure les 2/3 de l’approvisionnement du pays en fruits et légumes a souffert d’un recul des récoltes. Les basses températures affectent en effet, la croissance des plantes et des fruits, notamment les tomates. 

Pour le directeur de l’Association des producteurs et exportateurs de fruits et légumes, Samir Belghol, «dès que les températures baissent à 20 degrés, la récolte de tomate recule du quart et les journées de cueillette sont réduites de moitié». Le risque pourrait se traduire par une surchauffe des prix. Ce qui a d’ailleurs été constaté ces deux dernières semaines.

Mais il n’y a pas lieu de s’alarmer outre mesure. «Avec le retour des températures clémentes et probablement de pluies, la situation sera vite redressée», estime Belghol. D’autant plus que la pluviométrie s’est avérée cette année à la fois précoce, abondante et généralisée à l’ensemble du pays. Ce qui a permis le doublement du taux de remplissage des barrages à usage agricole: 65% contre 33% à fin novembre 2018.

Une situation qui conforte l’agriculture irriguée. Selon les dernières données du ministère de l’Agriculture, cette activité représente 45% du PIB agricole, participe à la création de 50% de l’emploi dans le monde rural et contribue à hauteur de 75% aux exportations du secteur.  En clair, l’essentiel de la production agricole est désormais sécurisé.

Des professionnels s’attendent même à une 3e campagne agricole exceptionnelle. Si toutefois les pluies du printemps sont au rendez-vous. Ils  estiment  que les 0 et 1 degré enregistrés dans certaines régions n’ont pas impacté l’arboriculture, principalement les rosacés (pommier et  poirier), connus pour leur résistance au froid.

«Excepté les agrumes, l’arboriculture fruitière, que ce soit pour les espèces à pépins ou à noyaux, est dans une période de repos végétatif, ce qui implique un ralentissement naturel de toute activité physiologique du végétal».

En effet, durant cette période, les arbres ne portent ni feuilles ni fruits, ce qui réduit l’impact de la grêle et diminue les risques de brûlures, explique un professionnel qui estime que ce froid demeure normal en cette période.

«La saison hivernale ne fait que commencer, donc il est encore tôt pour se prononcer quant à l’évolution de la saison agricole», rappelle cet autre professionnel du Gharb.

L’impact sur la croissance

Le HCP anticipe un ralentissement de la croissance  lors de ce premier trimestre. En cause, le repli de 0,7% de la valeur ajoutée agricole. Ceci, sous l’hypothèse du retour de la production des céréales vers un niveau moyen, après deux années de récolte record. Hors céréales, qui représentent moins de 20% du PIB agricole, la  dynamique de croissance des filières végétales se poursuivrait avec une expansion de la production des agrumes, de l’olivier et des cultures fruitières. Au terme de ce 1er trimestre 2019, les effets des chocs conjoncturels ayant affecté la production animale se dissiperaient progressivement. Le tassement de production a surtout touché les viandes blanches et les produits laitiers. Pour le HCP, la production de volaille a plongé de 23,3% en 2018 et les prix à la consommation du lait frais, qui étaient quasiment stables depuis 2013, se sont contractés de 2,4%.

A.G.

 

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