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    Culture

    Humour: Jalil Tijani, sans tambour ni trompette

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5424 Le 03/01/2019 | Partager
    «Jeux de société», un spectacle qui scrute la société marocaine
    Prochaine représentation le 24 janvier à Rabat
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    A 30 ans, le comédien Jalil Tijani  est en train de se frayer une place dans la cour des grands, avec un spectacle qui se perfectionne de show en show (Ph. Tricky Tales)

    «Sold out», c’est la sentence qui colle à tous les spectacles du jeune humoriste Jalil Tijani. Le Rbati trentenaire poursuit, sans tambour ni trompette, une jolie carrière au Maroc et à l’étranger,  avec son premier spectacle «Jeux de société». Des salles combles, un public acquis pour un one-man-show, où il dresse un portrait hilarant de la société marocaine.

    Mélangeant le français et la darija, à la foi tendre et sans concession, le spectacle de Tijani dénonce, à travers une galerie de portraits, le racisme, la corruption, l'inégalité des chances, l’extrémisme religieux ou encore la condescendance d’une bourgeoisie déconnectée du monde réel. Les portraits, taillés au vitriol, sont souvent justes, malgré quelques traits grossis. Le public s’y retrouve, mais rit de bon cœur, car le regard de Jalil Tijani reste bienveillant.

    Un regard de l’intérieur, loin de tout voyeurisme malsain ou quelque vision exotique, sur une société empreinte de contradiction, avec ses travers mais aussi sa joie de vivre. Un humour frais, simple, clair et spontané, qui n’est pas sans rappeler une certaine «école marocaine», à l’instar d’un Gad El Maleh ou d’une Hanane Fadili.

    La «bourgeoise» de Tijani, flanquée d’une femme de ménage philippine et d’un homme à tout faire malien, accros aux commérages, un peu raciste, un peu mythomane, pourrait très bien être une «Madame Tazi», alors que Badia, la «Casablancaise», un peu vulgaire mais attachante, à la recherche constante de «pigeon» pourrait sortir tout droit d’un spectacle de Hanane Fadili.

    Parmi les autres personnages, on retrouve le chauffeur de taxi, expert en tout, roublard et donneur de leçons, l’employé obséquieux, prêt à tout pour une promotion ou encore la prof de yoga cultivant la positive attitude jusqu’à l’extrême mais gardant bien les pieds sur terre quand il le faut. Pour sa prochaine performance, prévue à Rabat le 24 janvier, Jalil Tijani s’offre le théâtre Mohammed V. Un spectacle qui se jouera probablement à guichet fermé, comme à son habitude. 

    L’artiste a fait ses armes pendant 3 années à l’école du Jeu à Paris.  Dès son retour au Maroc en 2015, le comédien rejoint l’équipe marocaine d’improvisation avec laquelle il multiplie les tournées, notamment à la Cigale à Paris. La même année il se fait remarquer du grand public, grâce notamment au web, lorsqu’il publie «Game of Tkalekh».

    Une parodie d’une scène mythique de la série «Game of Thrones» dans laquelle il dénonce le lynchage d’un jeune homosexuel à Fès qui sera partagée plus de 24.000 fois sur YouTube. La même année, il fait ses débuts sur le petit écran dans la série française Kaboul Kitchen de Canal +, puis au cinéma dans «Looking for Oum Kulthum», le long-métrage de la réalisatrice iranienne Shirin Neshat.

    A 30 ans à peine et un premier spectacle, Jalil Tijani est déjà en train de se frayer une place dans la cour des grands, avec un spectacle qui se perfectionne de show en show.

    A.Bo

     

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