Economie

Le HCP anticipe une croissance molle au 1er trimestre

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5424 Le 03/01/2019 | Partager
Elle devrait s’établir à 2,5% sous l’effet du repli de l’activité agricole
«Un constat qui occulte le poids de l’agriculture irriguée», répliquent les professionnels
Le secteur représente 45% du PIB agricole et 50% des emplois du monde rural
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Dans l’ensemble, la valeur ajoutée hors agriculture s’améliorerait de 2,9% au premier trimestre 2019, au lieu de 3,4% le même trimestre de l’année qui précède.

Le HCP persiste et annonce une croissance molle lors du premier trimestre de l’année qui démarre. Tout au plus, elle devrait s’établir à 2,5% contre 3,3% à la même période de 2018. En cause, «le repli de 0,7% de la valeur ajoutée agricole», anticipe le Haut commissariat au plan.

La même tendance à la baisse est observée pour les autres activités. Leur croissance globale devrait se contracter de 0,5 point en glissement annuel: 2,9% au lieu de 3,4% au premier trimestre 2018. Mais il faut attendre la publication du budget économique prévisionnel pour se fixer sur ces prévisions. Pour l’année 2018, le HCP maintient son estimation de croissance à 3%. Celle-ci aurait été surtout stimulée par la demande intérieure.

La consommation finale des ménages a progressé de 3,9%, contribuant pour environ 2,3 points à la croissance globale du PIB, au lieu de 1,1 point une année auparavant. Les dépenses de consommation ayant été stimulées par les crédits qui ont augmenté de 5,8%.

«Mais dans l’ensemble, ces crédits ont plutôt profité aux importations», relève le HCP. Les achats à l’extérieur  auraient crû de 12,6%, en glissement annuel. Pour sa part, la consommation des administrations publiques se serait améliorée de 2,6%, en ligne avec la hausse des dépenses de fonctionnement.

Pour ce qui est du ralentissement de la croissance au premier trimestre 2019, il «est anticipé un retour de la production céréalière à son niveau de moyen terme après deux  campagnes record». Un constat que ne partage pas le ministère de l’Agriculture ainsi que les professionnels. A leurs yeux, le cycle des trois campagnes: record, moyenne et médiocre appartient désormais au passé.

A l’appui, le changement radical qui a touché la cartographie du secteur agricole. Actuellement, l’agriculture irriguée représente 45% du PIB agricole, participe à la création de 50% de l’emploi dans le monde rural et contribue à hauteur de 75% aux exportations du secteur. De plus, le pays a enregistré cette année une pluviométrie à la fois précoce et abondante. Ce qui a permis le doublement du taux de remplissage des barrages à usage agricole: 65% contre 33% à fin novembre 2018.  

Le HCP retient toutefois une bonne dynamique pour les filières végétales hors céréales, notamment les agrumes et l’olivier. Ces deux filières ayant en effet enregistré des productions record: 2,6 millions de tonnes pour les agrumes et 1,5 million de tonnes pour les olives.

Le seul bémol réside dans la valorisation et la distribution. (Cf. L’Economiste du 18 décembre 2018). La campagne de la clémentine avait en effet, démarré avec beaucoup de difficultés du fait de la pluie précoce après les chaleurs d’été qui ont ralenti le développement du profil du calibrage.

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Au quatrième trimestre 2018, la valeur ajoutée de la construction a  augmenté de 0,9% en variation annuelle, au lieu de 1,9% la même période de l’année précédente. Le secteur continue de subir la stagnation, voire le recul de la demande de l’immobilier résidentiel

Autre facteur qui expliquerait le ralentissement de l’activité agricole au 4e trimestre 2018, tient selon le HCP à «l’effet des chocs conjoncturels qui auraient affecté les filières animales». Le tassement de la production de volaille, amorcé en février 2018, se serait amplifié en fin d’année, dans le sillage des pertes occasionnées par les ruptures d’approvisionnements en aliments composés.

Face à une demande intérieure soutenue, la contraction de la production de viande de poulet de 23,3 % et 8,5%, respectivement, aux mois d’octobre et novembre 2018, aurait soutenu une expansion de leurs prix à la consommation, après une réduction de 1,8% un trimestre auparavant.

La collecte laitière aurait, également, été en retrait pour le deuxième trimestre consécutif, en ligne avec le repli de la demande des industries locales de transformation. Les prix à la consommation du lait frais, qui étaient en quasi-stagnation depuis septembre 2013, auraient enregistré une baisse de 2,4%, en variation annuelle.

Pour autant, la contribution des productions animales à la croissance agricole aurait sensiblement reflué, en faveur des filières végétales dont la performance de l’offre locale aurait soutenu une réduction de leurs importations. Au cours du mois d’octobre 2018, les quantités importées des trois principales céréales, des légumes et des fruits frais auraient, en effet, enregistré un fléchissement de 6,4%, 13,4% et 1,2%, respectivement, en variations annuelles.

Dans l’ensemble, la croissance de la valeur ajoutée agricole se serait établie à 3,4%, au quatrième trimestre 2018, au lieu de 4,1% réalisée en moyenne au cours des trois premiers trimestres de la même année. 

Hors agriculture, l’activité économique évoluerait dans un contexte international marqué par la persistance des tensions commerciales, financières et politiques. La croissance du commerce mondial ralentirait à 3,5%, affecté par les incidences du relèvement des barrières douanières par les Etats-Unis et la Chine. Un essoufflement de la croissance européenne est également anticipé, en raison des aléas liés à l'aboutissement des négociations sur le Brexit, ainsi qu'au climat d'attentisme qui pourrait affecter les investissements et les marchés financiers.

Par ailleurs, le resserrement de la politique monétaire américaine soutiendrait l'appréciation du dollar qui pourrait fragiliser les monnaies de certaines économies émergentes et affecter leur activité économique. Les pressions inflationnistes seraient contenues mais resteraient, toutefois, subordonnées à l'évolution des cours du pétrole sur le marché mondial prévue à 60$/baril.

Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc enregistrerait une hausse de 3,8%, en variation annuelle. Cette amélioration profiterait, notamment aux industries manufacturières dont la croissance s’établirait à 3%, au premier trimestre 2019. La croissance de la valeur ajoutée de la construction resterait modérée, se situant aux environs de 1%. Quant au secteur tertiaire, sa valeur ajoutée croîtrait de 3,2%, contribuant pour environ 1,6 point à la croissance globale du PIB.

L’industrie tire l’investissement vers le bas

La formation brute de capital s’est contractée de 4 points au quatrième trimestre 2018 à 4,3% au lieu de 8,3% une année auparavant.  Cette évolution résulte du ralentissement de l’investissement dans l’industrie. Ceci, malgré une hausse de 3,4% des crédits à l’équipement et une progression de 2,1% des importations de biens d’équipement, après un accroissement de 11% un trimestre plus tôt. L’investissement en travaux publics aurait poursuivi son amélioration amorcée au début de 2017, tandis que l’investissement en immobilier serait resté, relativement, atone, pâtissant de la faiblesse de la demande adressée au logement résidentiel, notamment de moyen et de haut standing.

A.G

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