Régions

Essaouira se mobilise contre l’exclusion sociale

Par Joséphine ADAM | Edition N°:5417 Le 21/12/2018 | Partager
Collecter les meilleures idées pour résoudre les problématiques territoriales
Une initiative d’open innovation réunissant des compétences diverses
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Selon les derniers chiffres du HCP, si le taux de pauvreté à Essaouira est passé de 53,1% en 2004 à 22,1% dix ans plus tard, l’intensité de privation des pauvres reste sensiblement la même

L’intelligence collective pour le bien commun. Voici comment résumer le «Territorial Innovation Lab», une nouvelle initiative nationale pour lutter contre l’exclusion sociale. La ville d’Essaouira est la première à en bénéficier. Cette initiative d’open innovation réunit des compétences d’horizons divers afin de trouver des réponses concertées à des fragilités ou des problématiques territoriales.

Car comme le précise André Azoulay, partie prenante du projet, «le développement territorial est une responsabilité partagée. Les récents développements de notre province et de la ville d’Essaouira sont le résultat d’un agir ensemble».

Chaque projet, appelé «sublab» donne lieu d’une part à la constitution d’une équipe spécifique pluridisciplinaire fonctionnant en intelligence collective, et d’autre part à la formation d’un bassin de compétences du terroir.

«Il s’agit d’un accompagnement à l’échelle locale comme c’est le cas pour le premier projet déjà concrétisé qui offre aux étudiants une formation en entrepreneuriat» explique Mohamed Hadach, professeur à l’Ecole supérieure de technologie (EST) d’Essaouira, relevant de l’université Cadi Ayyad.

Ensemble, structures publiques et privées, collectivités locales, laboratoires universitaires, associations, citoyens, groupements d’usagers… vont réfléchir à des filières comme l’arganier ou le thuya. «Définir la meilleure manière de les valoriser tout en respectant les exigences environnementales» précise Hadach.

D’autres sujets comme la gestion des eaux usées dans le monde rural, le renforcement des capacités des femmes et des jeunes, la transformation digitale de la province, la sécurité des marins pêcheurs ou encore la valorisation des circuits touristiques dans l’arrière-pays, sont eux aussi à l’ordre du jour.

Car rappelons le, la province se classe parmi les 10 régions les plus pauvres du pays. Enclavement, analphabétisme, manque d’infrastructures et d’industries… sont autant de causes à une exclusion sociale persistante. L’atout «équipe multidisciplinaire» permet, non pas de reproduire ce qui peine à marcher, mais de proposer des solutions innovantes, qui prennent en considération les visions de chacun.

Dans cette optique collégiale, les membres fondateurs du laboratoire représentent plusieurs parties prenantes entre la Province d’Essaouira, les universités Cadi Ayyad, Mohammed VI Polytechnique, ou encore les entreprises IBM et Dupont OCP Operations Consulting, le Centre international de recherche et de renforcement des capacités de l’Ecole supérieure de technologie d’Essaouira, les associations Essaouira Mogador et Targa, ainsi que Act 4 Community, le programme de volontariat du Groupe OCP.

«La capacité collective à inventer des solutions pertinentes face aux enjeux économiques, sociaux, environnementaux et sociétaux est un atout majeur pour les territoires. La co-construction de solutions pour le bien commun pourrait s’imposer comme un modèle d’action pertinent face à l’augmentation des besoins sociétaux.» conclut Kholoud Kahim, enseignante chercheuse à l’EST et porte-parole du Lab. Un réseau de compétences à suivre.

J.A.

 

 

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