Culture

Expo-vente: Broder l’espoir

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5415 Le 19/12/2018 | Partager
70 artistes au chevet de l’école de broderie de Salé
A l’Artorium jusqu’au 15 janvier
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Destiné aux garçons et aux filles de Salé, Fadila El Gadi souhaite que son établissement soit un lieu «où ils pourront apprendre un métier et s'ouvrir l'esprit» (Ph. FEG)

«Brod’art», c’est le nom de l’exposition-vente, qui regroupe quelque 70 artistes  qui ont fait don de leurs œuvres au profit du Centre de Broderie de Salé, porté par la Fondation Fadila El Gadi. L’évènement qui se déroule, du 19 décembre au 15 janvier, à l’Artorium, l’espace d’art de la Fondation TGCC pour l’art et la culture,  permettra à la fondation de continuer de promouvoir l’art ancestral de la broderie.

Parmi les artistes exposés, on retrouve Mahi Binebine, Mohamed Melehi, Saad Ben Cheffaj et Mohamed Kacimi mais aussi Mbarek Bouhchichi, Yassine Balbzioui ou encore Mustapha Akrim. Fondée par la créatrice de mode Fadila El Gadi, l’école qui a ouvert ses portes en 2016, permet aux élèves en échec scolaire et issus des quartiers les plus défavorisés de Salé de bénéficier d’une formation gratuite et complète dans l’art de la broderie.

L’école dispense également des cours de français, de mathématiques… afin que ses lauréats  deviennent autonomes et puissent entreprendre une véritable carrière. L’exposition présentera également le travail des élèves du Centre de Broderie de Salé, qui seront aussi sur place pour montrer en quoi consiste cette formation, devenue leur passion.

La créatrice qui a fait ses armes dans les ateliers d’Yves Saint Laurent, voue une véritable passion à l’art de la broderie, au point d’en faire sa marque de fabrique. En véritable slaouie, Fadila El Gadi allait souvent pendant les vacances scolaires dans les ateliers de broderie de la ville. «C’était dans les habitudes de l’époque que les mamans envoient leurs filles apprendre toutes sortes de broderie» raconte-t-elle.

De ces après-midis d’enfance est née sa passion pour la couture. Mais c’est en rencontrant de plus en plus de difficulté à trouver de jeunes artisans maîtrisant les métiers de la broderie, qu’elle décide de mettre son expertise au profit des jeunes démunis, pour dit-elle «éviter la déperdition définitive d’un savoir-faire ancestral». Destiné aux garçons et aux filles de sa ville natale, la créatrice souhaite que son établissement soit un lieu «où ils pourront apprendre un métier et s'ouvrir l'esprit».

Aujourd’hui, le centre accueille une vingtaine d’élèves âgés entre 11 et 18 ans. Deux élèves des plus méritantes ont d’ailleurs bénéficié en septembre dernier d’une formation dans le prestigieux atelier parisien Montex de la maison Chanel.

A.Bo

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