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    Economie

    Une radioscopie des dynamiques économiques

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5415 Le 19/12/2018 | Partager
    L’AMSE tente de décrypter les tendances en cours
    Une aubaine démographique à saisir
    Mais cela passe par l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de l’insertion professionnelle
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    Les déclarations des jeunes par rapport à leur degré de satisfaction de la politique de l’emploi est un signe de leur perception non positive des officiels, selon Azzedine Akesbi, économiste, dont la contribution a porté sur les problèmes de l’éducation et de l’emploi des jeunes

    Etablir un état des lieux des enjeux majeurs de l’économie nationale. C’est l’un des principaux objectifs du rapport sur «les questions d’économie marocaine 2015-2016», présenté lundi dernier à Rabat. Elaboré par l’Association marocaine de sciences économiques (AMSE), ce document vise à «décrypter les politiques publiques, les tendances macroéconomiques, les dynamiques à l’œuvre et les dysfonctionnements institutionnels».

    Ce document est composé de contributions d’économistes chevronnés, comme Ahmed Azirar et Azeddine Akesbi, ainsi que de jeunes doctorants, notamment Issam Chiadmi et Ikhlas Mergoum. Pour cette année, le rapport «s’ouvre sur la question démographique, repris par les spécialistes mais aussi par les organisations internationales, qui s’interrogent sur l’impact de la croissance de la population sur l’évolution des économies nationales et sur la satisfaction des besoins sociaux», explique Mohamed Bouslikhane, vice-président de l’AMSE.

    Traité avec la contribution de Issam Chiadmi, le document met l’accent sur les enjeux de la transition démographique. Il en ressort que l’évolution en cours «va se traduire par une croissance rapide de la population active et, par conséquent, une forte pression sur le marché de l’emploi». L’un des principaux constats: les mouvements migratoires vers l’Europe qui ne cessent de s’amplifier, à cause d’une économie nationale incapable d’absorber l’excédent de main-d’œuvre.

    Face à cette situation, jugée préoccupante, le Maroc ne peut pas miser sur la baisse de la croissance de la population pour résoudre les problèmes de l’emploi. Selon les estimations des démographes, la population active, malgré sa tendance à la baisse, devra se situer autour de 60% en 2050. Cet inversement de la pyramide des âges constitue également une opportunité à saisir. «Une aubaine», selon Chiadmi.

    Mais, «pour qu’il puisse y avoir une aubaine démographique, il faut miser sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de l’insertion professionnelle. Sinon ça sera fantaisiste», estime, pour sa part, Azzedine Akesbi. Sa contribution, dans le cadre de ce rapport, s’est focalisée sur la problématique des jeunes, de l’éducation et de l’emploi, sur la base de l’enquête «Power 2 Youth».

    Parmi les principaux constats mis en avant: «la famille apparaît très importante pour les jeunes dans la recherche d’un emploi, l’éducation et la sécurité financière». Le chômage élevé des jeunes s’explique par «l’insuffisance structurelle dans la création d’emplois par l’économie marocaine». Selon cet économiste, «la difficulté se manifeste au niveau de l’emploi avec des taux de participation relativement faibles, en particulier dans le cas des jeunes filles.

    Pareil pour l’insertion, qui reste difficile et passe principalement par des moyens non institutionnels. «Le niveau des salaires bas, la précarité et les conditions de travail, pas toujours satisfaisants, ne permettent pas de considérer que nous sommes en présence d’une valorisation significative du capital humain», a-t-il ajouté.

    Pour Akesbi, l’une des principales conclusions de cette enquête reste le fait que «l’intégration sociale de la jeunesse et sa contribution économique faible actuelle et future, incitent à réfléchir sur les limites structurelles du modèle actuel de développement».

    Dans ses derniers discours, le Souverain avait appelé les différents intervenants, partis politiques, syndicats et instances constitutionnelles, à développer des propositions pour la refonte de l’actuel modèle de développement. Une entité ad hoc est chargée de synthétiser les différentes contributions.

     Dimension sociale

    Au-delà de la question de l’insertion des jeunes, le rapport de l’AMSE a également mis l’accent sur la dimension sociale des accords commerciaux signés par le Maroc. Pour Ahmed Azirar, le pays est face à un dilemme: il est demandeur de clause sociale pour protéger son industrie contre la concurrence des pays étrangers. Mais il est aussi défavorable à cette clause sociale, parce que c’est un pays qui fonde sa compétitivité sur les bas salaires pour accroître ses exportations et attirer les investissements étrangers. Si le Maroc a déjà procédé à plusieurs réformes juridiques, économiques et sociales, des efforts restent encore à déployer, selon Azirar. L’objectif est notamment d’assurer l’effectivité des législations du travail, par le renforcement de l’efficacité de l’inspection du travail et sa collaboration avec le ministère de la Justice. La coopération avec l’OIT, mais également bilatérale, est indispensable, pour une mise en œuvre effective des normes sociales intégrées dans les accords de libre-échange, afin de réduire l’écart entre le social et l’économique.

    M.A.M.

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