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    Tribune

    Le Cloud: Menace ou opportunité

    Par Taïeb DEBBAGH | Edition N°:5408 Le 10/12/2018 | Partager

    Taieb Debbagh est docteur enInformatique des Organisations de l’UniversitéParis-Dauphine. Son expérience àl’international l’a amené à présider unecommission de la «Global CybersecurityAgenda» et à proposer, en 2010, unréférentiel de bonnes pratiques pour lamise en oeuvre d’une stratégie nationalepour la cybersécurité, intitulée «NationalCybersecurity Management System» quia été adoptée par les instances de l’UIT.Il détient un Certificat d’Administrateurde Sociétés (CAS), un Certificat d’AuditSI (CISA) et un Certificat des Risques SI(CRISC) (Ph. B.M.H)

    En 2004, un avocat international travaillait sur un modèle de contrat de «l’informatique des flux», et lorsqu’on lui demandait de clarifier ce concept, il expliquait que l’informatique du futur sera identique à la consommation d’énergie, on ne se posera plus de questions relatives à l’emplacement des serveurs, ni des réseaux qui seront utilisés pour accéder et traiter les informations.

    En 2008, à la question posée par un journaliste, sur le devenir des technologies de l’information, j’avais répondu que les DSI doivent se préparer à gérer des ordinateurs de plus en plus légers (hard et soft), mobiles et connectés, et par ailleurs ils doivent se faire à l’idée que leurs applications et leurs données se trouveront à l’extérieur de leur organisation. Ces deux réflexions furent les prémices de l’arrivée du Cloud qui est aujourd’hui largement répandu.

    Le Cloud permet à toute entreprise de bénéficier, à travers internet, de ressources et de services à la demande et de ne payer que leur utilisation effective, et ceci a un impact évident sur la réduction des coûts. Cependant, plusieurs freins existent quant à l’adoption de cette démarche, ils sont principalement liés à la confiance dans le Cloud: confidentialité des informations, localisation de l’hébergement et traitements effectués sur les données.

    Un accélérateur de la transformation digitale

    Plus qu’une tendance technologique, le Cloud est devenu, depuis cinq ans, un accélérateur de la transformation digitale qui gagne en maturité. Car il favorise l’agilité en permettant aux utilisateurs de louer les infrastructures et de s’abonner aux applications selon leurs besoins. Néanmoins, l’adoption de cette technologie fait planer des menaces pour la sécurité des données hébergées.

    Des résistances persistent de la part des responsables de la sécurité. Pourtant, le Cloud pourrait bien être plus sûr que les systèmes traditionnels. Malgré tout, il subsiste plusieurs freins à l’adoption du Cloud. Selon la dernière étude RightScale en 2018, 77% des entreprises considèrent la sécurité comme un challenge du Cloud, ce taux monte à 85% pour les nouveaux entrants. En outre, les environnements hétérogènes liés à l’intégration du Cloud sont complexes à opérer. Ils créent de nouvelles zones de vulnérabilités.

    Cloud Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act), signé par Donald Trump à la fin du mois de mars 2018, est un cadre légal pour accéder aux informations personnelles hébergées sur des serveurs américains, il est légitime d’avoir quelques craintes concernant la confidentialité de ses précieuses données. Le Cloud Act semble prévoir un ensemble de mesures pour que les accès aux données ne soient pas réalisés sauvagement, notamment la mise en place d’accords préalables avec les pays concernés.Il est encore trop tôt pour savoir comment ces accords seront effectivement mis en place, comment les libertés individuelles pourront être garanties et comment les dispositions du Règlement général sur la protection des données (RGDP) seront maintenues dans le cadre du Cloud Act. Espérons donc que les positions européennes seront bien respectées et que nos données ne seront pas exposées librement aux grandes oreilles transatlantiques, en toute impunité.

    Culture de sécurité

    La sécurité étant une des principales préoccupations des entreprises souhaitant adopter le Cloud, les fournisseurs vont en faire un élément de différenciation majeur. La sécurité devient ainsi leur priorité: ils améliorent en permanence le niveau de sécurité de leurs infrastructures et mettent à disposition de leurs clients des services de sécurité: solutions de filtrage, de gestion des patchs, d’authentification forte, de contrôle d’accès, de chiffrement ou encore de fédération des identités.

    Ces services sont à la disposition des clients comme n’importe quel autre service Cloud. Or, la mise en œuvre de telles solutions nécessiterait de lourds investissements pour la plupart des entreprises dotées d’infrastructures traditionnelles. Le Cloud favorise donc une démocratisation de la sécurité.

    Toute cette culture de la sécurité va permettre d’améliorer leur niveau de sécurité. Gartner prédit que plus de 60% des entreprises implémentant des mesures de sécurité appropriées feront face à moins d’incidents que dans un modèle traditionnel. Tout comme le RGPD, le Cloud ne doit pas être vu comme une menace, mais comme une opportunité de mettre enfin la sécurité des données au cœur de la stratégie.

    Le Maroc devrait prendre le plus rapidement possible le virage du «Cloud» pour ne pas rater celui de l’intelligence artificielle, c’est ce qui est ressorti de l’excellente conférence animée par Louis Naugès, le 28 novembre 2018, au sein du ministère de l’Industrie. Et pour cela quelques pistes ont été suggérées.

    Le Maroc devrait pouvoir attirer un des quatre grands acteurs de l’infrastructure «Cloud», à savoir AWS (Amazon Web Services), GCP (Google Cloud Platform), AZUR (Microsoft) et ALIYUN (Alibaba), qui investissent annuellement entre 10 et 20 milliards de dollars dans leurs infrastructures. Seul AWS vient de décider d’installer son premier data center africain (investissement d’environ un milliard de dollars) en Afrique du Sud.

    Cette initiative permettra de créer un écosystème «Cloud» au Maroc d’une dimension internationale. Cet écosystème pourra renforcer et diversifier une offre internationale d’applications en mode SaaS, certaines applications développées pour les besoins de l’administration marocaine (exemple Gestion intégrée de la dépense) pourraient faire l’objet d’une adaptation en mode SaaS et proposer a plusieurs pays en particulier africains.

    A l’instar de la Grande-Bretagne, le gouvernement marocain pourrait sélectionner un ensemble de logiciels en mode SaaS, auxquels l’administration et les organismes publics pourraient s’abonner sans consultation préalable, ni appel d’offres.

    Les besoins en ressources humaines compétentes pour la mise en œuvre du Cloud sont énormes, seul AWS recherche 6.000 spécialistes, là aussi le Maroc pourra orienter les formations dans le domaine des technologies de l’information vers ces métiers du futur. Pour mettre en place une stratégie volontariste, les technologies de l’information devraient bénéficier des mêmes considérations que les énergies renouvelables.

    Explosion du marché du Cloud: +20% en 2018

    Le baromètre Gartner prévoit une croissance du marché mondial supérieure à 20% pour 2018, dépassant toutes les prédictions. Un rythme qui devrait se poursuivre.
    Selon IDG (septembre 2018), si le Cloud rencontre un succès croissant auprès du grand public, c’est en entreprise que cette technologique connaît son véritable essor:
    • 77% des entreprises ont au moins une application ou une partie de leur infrastructure informatique sur le Cloud;
    • 3,5 millions de dollars est l’investissement moyen prévu en 2018, par les entreprises pour disposer d’applications, plateformes et services Cloud;
    • 30% des budgets informatiques de 2018 seront consacrés au Cloud: SaaS (Software as a Service) 48%, IaaS (Infrastructure as a Service) 30% et PaaS (Platform as a Service) 21%;
    • 76% des entreprises utilisent les applications et plateformes Cloud pour accélérer la livraison de services informatiques.

     

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