Economie

Projet de budget 2019: La déviation du déficit «maîtrisée»

Par Franck FAGNON | Edition N°:5378 Le 24/10/2018 | Partager
Reste à savoir si les investisseurs seront du même avis
Benchaâboun: «Nous espérons que la confiance reviendra et que la croissance suivra»

A quel taux le Maroc va-t-il sortir sur le marché international début 2019? Si cette question n’était pas vraiment d’actualité, l’exécution de la loi de finances 2018 (déficit budgétaire attendu à 3,8% contre 3% prévu initialement) et le projet de budget 2019 soulèvent quelques interrogations, sachant que Standard & Poor’s vient de dégrader la perspective de la note souveraine.

«Le Maroc estime qu’il est investissement grade et il le restera», a tenté de rassurer Mohamed Benchaâboun, ministre des Finances, hier lors de la traditionnelle conférence de presse sur le projet de loi de finances. La déviation de la trajectoire retenue jusque-là persistera un moment puisque le déficit prévu en 2019 sera de 3,7% sous notamment l’hypothèse d’une croissance de 3,2%.

Le projet de budget a été bâti dans un contexte de remontée du cours du pétrole et du gaz et une conjoncture internationale marquée par les tensions commerciales entre les USA et la Chine et la révision de la croissance mondiale.

L’Etat doit aussi faire face à des demandes sociales de plus en plus pressantes. La réponse à ces demandes se traduit dans le budget par une hausse des ressources affectées à l’Education et la Santé à 96 milliards de DH. L’enveloppe budgétaire pour l’Education, seul, sera de 68 milliards de DH en 2019. Ce département a toujours absorbé d’importantes ressources, mais les reproches portent surtout sur l’efficacité des stratégies et des investissements. Les promesses de réforme n’avancent guère.

Plus globalement, la masse salariale, l’un des sujets récurrents d’inquiétude, alimentera une fois encore les commentaires. Les charges de personnel augmenteront de 3,3 milliards de DH en 2019 à 112 milliards de DH. Ces hausses seront en partie financées par des augmentations de taxe, notamment la TIC sur la cigarette, des recettes de privatisation ou encore l’impôt sur les sociétés. Le décalage viendra alourdir la dette du Trésor qui dépasserait 67% du PIB en 2019 contre 66,7% attendu à la fin de 2018.

Quitte à s’écarter quelque peu de la trajectoire retenue pour le déficit budgétaire et à augmenter la dette, le gouvernement espère que certaines décisions redonneront confiance aux entreprises pour relancer la croissance. Il parie sur la réduction du taux d’IS de 20% à 17,5% pour les entreprises dont le bénéfice se situe dans la tranche de 300.001 à 1 million de DH.

«Nous allons régler définitivement le problème de crédit TVA et nous prenons l’engagement de respecter toutes les dispositions législatives et réglementaires en la matière à l’avenir», promet Benchaâboun. Les changements annoncés pour 2019 concernent aussi le relèvement du plafond de financement des associations de microcrédit de 50.000 à 150.000 DH pour améliorer le financement de la TPE.

Des mécanismes seront également mises en place avec la Caisse centrale de garantie pour permettre à ces petites entreprises de bénéficier des taux d’intérêt réduits. Sur le front des PME, une refonte des mécanismes de garantie est aussi en cours. Parmi les nouveautés, un système de bonus-malus en fonction de la gouvernance.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    courrier@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc