Entreprises

Eaton cartonne sur les tableaux électriques

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5375 Le 19/10/2018 | Partager
Le segment représente 30% du chiffre d’affaires
20% de croissance annuelle depuis 2015
eaton_cartonne_075.jpg

Eaton réalise une belle croissance depuis trois ans. La niche représente plus de 30% de son chiffre d’affaires réalisé au Maroc, avec une croissance de 20% par an.

Eaton diversifie sa niche. Le groupe américain s’intéresse au solaire, l’efficacité énergétique ou encore les armoires électriques. «Les marchés à prendre sont essentiellement les ports, aéroports, hôpitaux, universités, hôtels, malls… Ce sont ceux-là qui tirent la croissance.

Pour les années à venir, nous comptons accompagner le Maroc dans son plan d’investissement», annonce Benhaddou, directeur général Afrique du Nord et de l’Ouest d’Eaton Electric.

Depuis trois ans, la multinationale réalise une percée sur le marché des tableaux électriques, plus connus par armoires électriques, avec une croissance annuelle variant entre 20 et 30%. Le groupe bouscule du coup des concurrents comme Schneider Electric, ABB ou encore Legrand... Avant son positionnement sur cette niche, le marché était dominé par Schneider Electric.

Aujourd’hui, ses armoires électriques contribuent à hauteur de 30% au chiffre d’affaires réalisé au Maroc. Pour soutenir cette croissance et grignoter davantage de parts de marché à la concurrence, le groupe compte recruter une dizaine d’ingénieurs commerciaux dans les trois années à venir.

A cette échéance, le management table sur une croissance de 20%, en espérant que le PIB non-agricole continue à croître au-delà de 4%. Par ailleurs, un investissement est prévu pour l’acquisition d’un nouveau logiciel pour une meilleure maîtrise de la Supply Chain.

Parallèlement à l’investissement (12 millions de dollars) dans la zone franche Midparc à Nouaceur (Casablanca) le groupe a ouvert un bureau commercial employant plus de 30 collaborateurs pour couvrir la demande de l’Afrique du Nord et de l’Ouest à partir de Casablanca. Rappelons qu’en 2017, la multinationale a réalisé 20,4 milliards de dollars de ventes à travers le monde.

La stratégie du groupe repose sur 3 axes: avoir le bon produit pour le marché marocain, le recrutement et la formation d’ingénieurs marocains pour le conseil et le support aux partenaires (maître d’ouvrage, bureau d’étude). La conception d’un tableau électrique demandant de l’engineering et un savoir-faire assez important, la formation permet à ses employés d’être à la hauteur du niveau exigé par le bureau d’études ou les maîtres d’ouvrage dans la conception et le montage du produit.

Le troisième point de sa stratégie consiste à faire du Maroc un hub pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest. Cette stratégie s’avère payante dans la mesure où elle permet aux pays de la zone (Côte d’Ivoire, Sénégal…) de bénéficier du savoir-faire développé au Maroc dans la réalisation d’infrastructures électriques.

Pour accompagner le développement des infrastructures au Maroc, le constructeur mise sur ses centres de R&D. Ces derniers déploient des innovations brevetées (Arcom, Diagnose…) afin d’éviter les incendies, les arcs électriques, surveiller la température à l’intérieur d’un tableau électrique… La valeur ajoutée d’Eaton sur le marché des armoires électriques basse tension est renforcée par son positionnement sur la sécurité des hommes et des biens.

Le marché des tableaux électriques ratisse large. Il part d’une maison à une usine. Positionné plutôt sur la basse tension, Eaton vend des solutions complètes comprenant le câblage, ingénierie, en plus du tableau électrique, en partenariat avec ses partenaires tableautiers, qui montent pour lui le tableau électrique. Sur les gros projets, ses clients sont généralement des maîtres d’ouvrage, des promoteurs immobiliers qui développent de grosses infrastructures ou des complexes résidentiels.

En tant que pays qui frappe à la porte de l’émergence, la croissance économique du Maroc est étroitement liée au développement des infrastructures. Ses équipes sont donc à l’affût des projets sur le marché et comptent des dizaines de projets en cours, allant du petit hôtel aux usines en passant par les bâtiments publics, les résidences…Cependant, le manque de liquidité et la prolongation des délais de paiement deviennent préoccupants, avec des retards de paiement dépassant parfois 6 mois, voire 1 an, dénonce le management.

Le groupe suit de près de gros industriels comme l’OCP, un partenaire de longue date, chez qui plusieurs équipements ont été installés. Les projets d’installation sur les différentes zones franches (Kenitra, Midparc, Tanger) et les projets solaires le sont également.

Pour les petits projets, les tableaux sont écoulés via les réseaux de distributeurs : Schiele et Disway ou encore la filiale Solarway, qui écoulent ce type de produit sur le marché solaire. Le partenariat avec ces distributeurs, expérimentés dans le secteur, renforce la promotion et la distribution de produits Eaton et lui permet d’externaliser le stockage.

Synergie avec les tableautiers

Le marché des armoires électrique est assez spécial et régulé par des normes de certification très strictes, vu leur caractère sensible. Importés en pièces, les tableaux électriques sont assemblés localement par des partenaires, des tableautiers certifiés. Deux entreprises détiennent la certification au Maroc: Schiele et Centrelec. Cette certification les autorise à monter les tableaux électriques suivant les consignes et la norme du fabricant pour le client final. Ils sont ensuite montés sur les chantiers. L’offre des tableaux électriques testés concerne les tableaux ayant subi 7 tests types à l’usine. Après l’assemblage chez le tableautier, d’autres tests sont effectués pour s’assurer que les produits sont conformes à la norme IOC 61947.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc