Médias

Le Conseil national de la presse en marche

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5366 Le 08/10/2018 | Partager
Younès Moujahid élu président
C’est un compromis entre les éditeurs et les journalistes
Prochaine étape, la mise en place des structures
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 L’élection de Younès Moujahid comme président du Conseil national de la presse est une consécration pour ce journaliste militant socialiste, qui a toujours été dans ce créneau. Il est toutefois conscient de la lourde responsabilité qui l’attend, celle de mettre en place, pour la première fois, une instance chargée de l’autorégulation de la profession (Ph. Bziouat)

Trois mois après son élection et la trêve estivale, le Conseil national de la presse (CNP) a finalement tenu une première réunion pour élire son président. Il s’agit de Younès Moujahid, vice-président de la FIJ, secrétaire général du Syndicat marocain de la presse après en avoir été le patron. C’est la consécration pour ce journaliste militant socialiste, qui a toujours été dans ce créneau.

Aujourd’hui, il est conscient de la lourde responsabilité de mettre en place, pour la première fois, une instance chargée de l’autorégulation de la profession. Cela ne va pas être simple, mais les choses sont claires dans sa tête: «pour réussir ce pari, l’adhésion de tout le monde est impérative», dit-il, une manière indirecte de se positionner au-dessus de la mêlée.

Dans ce travail fastidieux qui consiste à mettre de l’ordre dans ce métier, le nouveau président donne comme exemple, le modèle de l’organisation des autres professions libérales, qui fonctionnent très bien». Sur son programme d’action, il rappelle ses engagements, puisés dans les attributions du Conseil, en plus du volet social, et dévoilés lors de la campagne électorale de juin dernier. Il relève toutefois que la feuille de route du Conseil, avec la répartition des commissions, se fera dans la concertation.

Pour rappel, dans cette charge, il sera secondé par la vice-présidente Fatima Zahra El Ouriaghli, du collège des éditeurs. Cette configuration est le produit d’un compromis entre les éditeurs et les journalistes pour confier la présidence à Younès Moujahid et la vice-présidence à Fatima Zahra El Ouriaghli. Donc, pour chacun des deux postes, un seul candidat s’était présenté.

Les autres membres du CNP indépendants sont venus à cette réunion élective pour entériner l’accord conclu entre les deux collèges. D’ailleurs, les éditeurs et les journalistes ont signé une charte comprenant plusieurs points dont l’un porte sur la nécessité pour le nouveau président de rompre avec les méthodes de gestion du passé, empreintes de décisions solitaires dont il a fait preuve tout au long de ses différents postes de responsabilité.

Ainsi, le nouveau président s’est engagé à faire de la concertation avec les membres du Conseil une règle de conduite. L’idée est d’opter en faveur d’une gestion collégiale du Conseil qui consiste à impliquer l’ensemble des membres.

L’autre point de l’accord concerne l’appartenance politique affichée par Younès Moujahid.  Les éditeurs auraient exigé qu’il se débarrasse de sa casquette partisane une fois élu président. Pour rappel, il est membre du bureau politique et porte-parole de l’USFP. Les membres du Conseil exigent un président indépendant de toute accointance politique. Pour répondre positivement aux engagements pris, il devra déposer sa démission de ses responsabilités au sein du parti dirigé par Driss Lachgar.

Maintenant que le CNP est sur les rails, la première chose à faire est de mettre en place les structures de cette instance dont les cinq commissions prévues par la loi. Il s’agit de celle de la déontologie et des affaires disciplinaires, celle de la carte de presse professionnelle et celle de la formation, des études et de la coopération.

S’y ajoutent la commission de la médiation et l’arbitrage et celle de l’entreprise de presse et de la mise à niveau du secteur. Sur ce chapitre, l’article 12 de la loi relative à la création du CNP est clair: «les membres et les présidents de ces commissions sont désignés par le Conseil parmi les membres, à condition que celle de la carte de presse professionnelle soit présidée par un journaliste professionnel, celle de la médiation et d’arbitrage par le représentant du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, et la commission de l’entreprise de presse et de la mise à niveau du secteur par un éditeur de presse».

Logistique

L’autre chantier qui attend le Conseil porte sur l’élaboration d’un règlement intérieur. Idem pour le code déontologique de la profession qui doit être prêt avant 6 mois à compter de l’installation du conseil. Ce travail administratif est accompagné par le chantier de la logistique, essentielle pour le démarrage rapide et opérationnel du Conseil. A ce titre, le nouveau président est intraitable: «le Conseil veille à son indépendance dans ses positions et ses prises de décisions». Du coup, la logistique doit suivre. Il en va de «la symbolique de cette instance qui doit avoir son budget et son siège en dehors du ministère de la Communication».

 

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