Société

Anti-corruption: Transparency fait le point sur une stratégie mort-née

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5365 Le 05/10/2018 | Partager
Cette ONG déplore l’absence d’efforts pour sa mise en œuvre
Le Comité de pilotage s’est réuni une seule fois
Certaines mesures doivent être actualisées à cause du retard de l’implémentation
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Transparency Maroc, qui a mis en place un programme de suivi de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, a mis l’accent sur le manque de volonté et l’absence d’efforts permettant une application efficiente du plan anti-corruption

Près d’un an après son lancement, la stratégie nationale de lutte contre la corruption est restée lettre morte. C’est ce qui ressort de la rencontre organisée par Transparency Maroc, mercredi dernier à Rabat, pour faire le point sur cette stratégie mort-née. Pour les responsables de cette ONG, «les résultats ne sont pas encore tangibles, et nous constatons l’absence d’efforts pour favoriser l’implémentation des différentes mesures prévues, sauf quelques exceptions».
Adopte dans une première étape en 2015, sous le gouvernement Benkirane, la stratégie nationale a été réformée, avant l’approbation de la nouvelle version en novembre 2017, sous le gouvernement El Othmani. La 1re réunion du Comité de pilotage a été tenue en avril 2018. Depuis, rien! «Cette 1re rencontre était essentiellement dédiée à l’installation des membres du comité de pilotage.

Mais elle a permis de formuler une série de recommandations», a expliqué Ikram Hilmi, représentante du ministère de la Fonction publique. Parmi ces recommandations, la tenue d’une réunion exceptionnelle du Comité de pilotage, en vue de donner un coup de fouet à la mise en œuvre de cette stratégie. 
Prévue en juillet dernier, cette réunion n’a pas été tenue. «Elle est prévue en octobre prochain», est-il indiqué. Ce qui traduit, selon certains intervenants, «un manque de volonté d’accélérer la mise en œuvre de ce programme». Même son de cloche chez Ahmed Bernoussi, SG de Transparency Maroc, qui a mis le point sur «l’absence de certaines mesures d’accompagnement, décisives pour l’efficacité de la lutte anti-corruption». Il s’agit notamment de «l’activation de certaines instances comme l’ICPC et le Conseil de la concurrence». 
Les membres de cette ONG, notamment son ex-SG, Abdessamad Sadouq, se sont dit «surpris des déclarations du ministre de la Fonction publique, concernant la nécessité de la refonte de la stratégie nationale de lutte contre la corruption». Pour Ikram Hilmi, «il ne s’agit pas de revoir toute la stratégie. Mais certaines mesures prévues doivent être actualisées, notamment à cause du retard de la mise en œuvre». Elle a précisé que c’est l’une des recommandations de la 1re réunion du Comité de pilotage.

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