Economie

Rentrée universitaire: Une semaine d’école buissonnière dans les facs

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5351 Le 17/09/2018 | Partager
Les licences reprennent en principe, ce 17 septembre avec 7 jours de décalage
Les facultés en sont encore à traiter les dernières inscriptions

Chassez le naturel, il revient au galop. L’université a commencé à nouveau l’année académique par une semaine d’école buissonnière. Les grandes facultés -économie, droit, sciences, lettres et sciences humaines, etc- qui concentrent de gros effectifs de l’université devaient reprendre les cours lundi 10 septembre. Mais jusqu’à avant-hier samedi, les salles des cours et les amphis étaient déserts.

Les étudiants de licences se sont offert une prolongation de vacances en pariant sur l’absence des profs. Et de leur côté, la plupart des enseignants sont également restés chez eux «par tradition». La rentrée officielle du cycle des masters elle, est programmée pour ce lundi 17 septembre.

Doyens des facultés et présidents d’université sont impuissants face à une habitude bien installée, accuse un ancien doyen. Le rattachement de la gestion des ressources humaines au niveau central, leur enlève tout moyen de dissuasion et donc, de sanction envers le corps enseignant. Ces responsables en sont presque réduits à assurer l’intendance, c’est-à-dire, à veiller à ce que l’année académique se déroule sans incident.

A chaque rentrée, la première semaine dans les facultés est un peu une période d’observation. Un peu comme feraient deux équipes de football avant de monter en intensité au cours d’un match. En réalité, ce flottement sur la date de reprise des cours est symptomatique du déficit du système de gouvernance de tout le système d’enseignement supérieur, du moins son pôle le plus important.

Alors qu’elle est régulièrement interpellée sur l’inadaptation de ses filières par rapport au marché, l’université est dans l’incapacité de s’obliger un calendrier qui tienne la route. La date de la rentrée a souvent une valeur indicative, concède un responsable; en général, les cours ne démarrent effectivement qu’à la fin du mois de septembre, voire début octobre.

Les étudiants inscrits en masters eux, sont attendus officiellement ce lundi 17 septembre. Là aussi, à part quelques exceptions, il faut compter plusieurs jours, et pour certains modules, quelques semaines pour un démarrage effectif.

Et pendant ce temps…

A Rabat, le ministre de l’Enseignement supérieur multiplie les réunions avec les doyens des facultés pour les inciter à accélérer la refonte des filières afin de les rapprocher un peu plus des besoins du marché de l’emploi. En milieu de semaine dernière, mercredi 12 septembre, Saaid Amzazi avait longuement échangé avec le Réseau des doyens des facultés des Sciences juridiques, économiques et sociales. Le cahier des charges est clair: «revoir le modèle actuel des facultés» en rendant leur offre plus agile. Deux jours avant, ce sont les doyens des facultés des lettres qu’il recevait juste après une délégation de la CGEM. Reste à savoir si les doyens auront les moyens et toute la latitude pour décliner cet objectif en actions concrètes. Car cela impliquera par exemple, une révision de la voilure de certaines filières et plus de sélection. Et donc, des décisions très impopulaires. On peut faire une omelette sans casser les œufs.

 

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