Economie

Jeunes, emploi... La Banque mondiale fixe ses priorités

Par Franck FAGNON | Edition N°:5340 Le 30/08/2018 | Partager
Le nouveau cadre de partenariat stratégique en cours de finalisation
Le groupe va accentuer son soutien au secteur privé pour stimuler l’investissement
Les engagements en cours s’élèvent à 2 milliards de dollars à fin juillet
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Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour la région Mena depuis juillet 2018, va orienter la stratégie du groupe dans la région sur la jeunesse et les nouvelles technologies. Environ 380 millions de jeunes vont frapper à la porte du marché du travail d’ici 2050. Cela peut être une opportunité comme un cauchemar. Les nouvelles technologies peuvent changer les conditions de vie des jeunes à condition que les Etats investissent mieux dans les hommes (Ph. )

Responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Maroc entre 2002 et 2007, Ferid Belhaj a bouclé mardi dernier deux jours de visite officielle en tant que vice-président de la Banque mondiale pour la région Mena.

Moins de deux mois après sa prise de fonction, Belhaj a rencontré le chef du gouvernement, le ministre des Finances, un conseiller du Roi, le président de la CGEM... Il s’est également entretenu avec de jeunes entrepreneurs dans les locaux de La Factory au Technopark à Casablanca.

D’ici 2050, environ 380 millions de jeunes vont se présenter sur le marché du travail. Ce sera une énorme opportunité ou une catastrophe selon les choix que vont opérer les pays. Pour l’heure, «les gouvernements et la Banque mondiale n’exploitent pas suffisamment cette opportunité», relève Belhaj.

Le taux de chômage des jeunes dans la région Mena constitue un vrai facteur d’instabilité sociale. Il dépasse 40% chez les moins de 24 ans en milieu urbain au Maroc.

«Le grand défi est celui des jeunes. Pour y répondre, il est essentiel de relancer l’investissement et une croissance créatrice d’emplois», prévient Marie Françoise Marie-Nelly,  directrice des opérations pour le Maghreb à la Banque mondiale. La Banque mondiale va recentrer sa stratégie dans la région sur les prochaines années sur la jeunesse et les nouvelles technologies.

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Les interventions de la Banque mondiale pour l’année fiscale en cours (juillet à fin juin) se concentrent sur les secteurs de l’Energie, l’Eau et le Social. Le groupe va faire un focus sur l’emploi des jeunes dans le prochain cadre de partenariat stratégique avec le Maroc. L’ampleur du chômage chez les jeunes constitue un facteur d’instabilité sociale

«Nous allons poursuivre notre action dans l’éducation et la santé mais différemment. L’idée est notamment d’emmener ceux qui détiennent les finances à comprendre qu’il est dans leur intérêt d’investir dans les hommes», relève Ferid Belhaj. Pour l’année fiscale en cours (elle s’étend de juillet à fin juin), les projets dans l’éducation, la santé, la protection sociale et l’emploi représentent 11% des engagements de la Banque mondiale.

La moitié du portefeuille est concentrée sur les secteurs Energie, Eau et le Social, urbain, rural. A fin juillet, les engagements de la Banque mondiale au Maroc s’élèvent à 2 milliards de dollars dont un montant de 775 millions de dollars décaissés. L’institution est en train de finaliser le nouveau cadre de partenariat stratégique avec le Maroc (2019-2023).

«Nous allons élever notre niveau d’ambition. L’enveloppe globale sera conséquente notamment le soutien au secteur privé», prévoit le dirigeant. Il ne peut y avoir de relance de la croissance et de l’emploi sans un soutien plus marqué aux entreprises. Le dialogue avec les banques et la CGEM est censé aboutir entre autres à un renforcement du financement des entreprises. «Il faudra faire en sorte que le secteur privé joue un rôle plus décisif», indique Belhaj.

Par ailleurs, le partenariat entre la Banque mondiale et le Maroc va se focaliser sur l’amélioration de l’efficacité de la dépense publique pour qu’elle soit un meilleur tracteur pour le secteur privé. Gros investisseur, le Maroc n’en tire pas suffisamment les fruits. Il va bénéficier de l’assistance technique de la Banque mondiale. Il s’agira de revoir les critères de sélection des investissements avec une attention particulière sur leur rentabilité et leur impact sur l’emploi.

                                                                                

La moitié des chômeurs en quête d’un premier job

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Les jeunes en quête d’un premier emploi représentent plus de la moitié de la population des chômeurs. Ce qui confirme la difficulté de la transition entre la formation et le marché du travail

L’Economie a créé 117.000 emplois au deuxième trimestre 2018. Cela reste faible pour absorber la demande. Le taux de chômage s’est établi à 9,1% à fin juin. Mais il reste à un niveau alarmant chez les jeunes âgés de 15-24 ans: 23,1%. En milieu urbain, il dépasse 40% pour cette catégorie.

«La déclinaison de la réforme du système d’éducation et de formation tarde à prendre forme au moment où l’école marocaine continue d’enregistrer de piètres performances et de produire une jeunesse peu outillée pour une insertion adéquate sur le marché du travail», fait remarquer la Banque centrale dans son rapport annuel.

Les jeunes en quête d’un premier emploi représentent plus de la moitié de la population au chômage. Ce qui confirme la difficulté de la transition entre la formation et le marché du travail. «Il y a un consensus sur la nécessité d’aller plus loin dans les réformes. Il faudra investir dans les compétences mais aussi veiller à réduire les inégalités», relève Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations pour le Maghreb à la Banque mondiale.

Le constat aujourd’hui est que nombre de personnes qui ont un job ne sont pas à l’abri parce que la relation avec l’employeur est fragile. En outre, le niveau des salaires reste relativement bas. «L’accès à l’emploi ne garantit pas un niveau de vie décent»,  a récemment alerté Bank Al-Maghrib.

 

 

 

 

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