Culture

Musée Yves Saint Laurent: Un nouveau voyage avec le couturier

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5332 Le 09/08/2018 | Partager
Une nouvelle histoire racontée en 53 modèles
Encore des pièces pour 5 ans d'expos à venir
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Cette cape de brocart de lamé doré gaufré (Abraham) et la robe de crêpe de soie (Taroni), de la collection automne-hiver 1988, font partie des modèles exposés au Musée Yves Saint Laurent Marrakech, après la première rotation visible dès aujourd’hui (Ph. mYSLm)

Les voyages, les jardins, des basiques, l’éternel masculin féminin… Le Musée Yves Saint Laurent de Marrakech vient de procéder à la première rotation de ses modèles. Si la trame reste la même, la visite offre de nouvelles couleurs, de nouvelles matières pour une nouvelle histoire.

«Nous avons à Marrakech tous les modèles nécessaires à 5 ans de programmation pour 3 rotations. Nous sommes libres ici de montrer ce qui n’a encore jamais été exposé. Il ne s’agit pas d’une rétrospective, d’ailleurs comment parcourir 40 ans de création en 53 modèles? L’idée est de raconter une histoire de vie et de montrer toute l’inventivité de Saint Laurent et le plaisir qu’il prenait en créant ses robes», raconte Dominique Deroche, la commissaire d’exposition.

Pierre Bergé, qui a tout vu et tout réglé avant sa disparition, avait choisi à ce poste celle qui, pendant des années, a dirigé le service de presse du siège de la maison de couture au 5 avenue Marceau.

Le créateur, elle le connaît bien. Une bible de secrets et de souvenirs à elle seule, qui lui permettent de faire les meilleurs choix au sein d’une collection de près de 6.000 pièces entre modèles et accessoires. Cette rotation dévoile des dorés lumineux, des mousselines légères et de nouveaux tons inspirés des plantes, de nouvelles robes en hommage aux peintres et écrivains chers au coeur du créateur.

On y découvre aussi la robe que portait Catherine Deneuve dans Jours de France en 1972, des pièces de la collection Russe de 78, de l’Espagne rêvée ou de la Chine en 85. Des pépites comme le ciré brodé d’or. «Saint Laurent aimait mettre dans ses collections des matières qui ne sont pas nobles» confie Deroche.  

La mise en scène a elle été confiée à Christophe Martin, à qui l’on doit également la scénographie et la muséographie du Musée Berbère dans l’atelier bleu du Jardin Majorelle. C’est en 2005, que Pierre Bergé et Yves Saint Laurent le sollicitent pour l’exposition Smoking Forever à leur fondation.

Depuis, leur collaboration n’a jamais cessé. «Je voulais que les visiteurs ressentent le créateur partout, qu’ils puissent faire ce voyage avec lui, en le voyant et en l’écoutant» raconte le scénographe. Son choix a été le sous-éclairage pour pousser un peu les délais d’exposition.

«Un musée du textile, c’est un peu comme une clinique de luxe. Chaque modèle, comme un patient, possède son carnet de santé où tout est répertorié entre le niveau de lumière qu’il supporte, le temps d’exposition… Quand ce temps est consommé, le patient peut se reposer» explique-t-il. Une première rotation mais, il l’assure, «ce n’est que le début de l’histoire…».

 

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