Economie

Ce que cache la baisse du taux de chômage

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5331 Le 08/08/2018 | Partager
Recul du taux d'activité et d'emploi
Les femmes et les jeunes, les catégories les plus touchées La baisse du taux de chômage
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La baisse du taux de chômage (0,2 point) au deuxième trimestre cache bien des fragilités. Elle s'accompagne notamment d'un  recul du taux d’activité lequel s'est rétracté de 0,3 point s'établissant à 47%. Découragées, plusieurs personnes ne se présentent plus sur le marché du travail.

Le phénomène est plus marqué dans les villes où le taux d’activité a reculé de 0,7 point à 41,6% alors que le rural a profité de l’effet pluviométrie. Il touche les femmes plus que les hommes: l'écart des taux d'activité entre les deux sexes atteint 47 points! Seule une femme sur quatre environ en âge de travailler participe au marché de l’emploi! 

Le taux d’emploi, c’est-à-dire le rapport entre la population active occupée et la population en âge de travailler, est également sur une tendance baissière: il a reculé de 0,1 point à 42,8%!  En d’autres termes, moins de la moitié de la population en âge de travailler contribue à la création de richesse. Le taux d'emploi a baissé de 0,5 point en milieu urbain et l'écart entre hommes et femmes s'est aussi creusé de 45 points.

Dans l'étude sur les nouvelles dimensions de l’emploi, le Haut Commissariat au Plan avait attiré l'attention sur la proportion de femmes «exclues» du marché du travail: 10 millions dont 34,9% ont moins de 30 ans. Ainsi  76,6% sont des femmes au foyer, 13,4% sont des élèves ou étudiantes, 60,8% sont mariées et près des deux tiers ne disposent d’aucun diplôme.

Les derniers chiffres du HCP sur l'emploi relèvent encore une fois que les femmes et les jeunes sont les catégories les plus touchées par le chômage.  Le taux de chômage des femmes est à 12,1% au niveau national et atteint 22,2% dans les villes.

Il est de 23,1% parmi les «15- 24 ans» dont 40,5% parmi ceux qui vivent en ville, soit plus de 4 fois la moyenne nationale (9,1%). Les diplômés ont également du mal à trouver du travail. Leur taux de chômage dépasse la moyenne nationale de 7,4 points!
Le deuxième trimestre 2018 s'est néanmoins caractérisé par la création de 117.000 emplois contre 74.000 une année auparavant, essentiellement dans des activités dominées par l'informel. 

Dans le détail, les services ont créé 53.000 postes principalement dans le «commerce de détail hors magasin» et les «services personnels et domestiques». L’agriculture, forêt et pêche a assuré 24.000 emplois alors que les BTP ont créé 19.000 postes.

Dans le secteur de l’industrie y compris l’artisanat 21.000 nouveaux emplois ont été enregistrés: 16.000 en milieu urbain et 5.000 en milieu rural. La majorité de ces postes est localisée dans les «industries alimentaires et de boissons».

Le chômage dans les régions

Plus de sept chômeurs sur dix sont concentrés dans cinq régions.  Casablanca-Settat (24%), Rabat-Salé-Kénitra (16,3%), Fès-Meknès (11,5%), Marrakech-Safi (11,3%) et l’Oriental 11,2%.
Les taux d’activité plus élevés par rapport à la moyenne nationale (47%)  sont relevés à Eddakhla-Oued Eddahab (71%), Casablanca-Settat (50,8%), Marrakech-Safi (50,7%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (48,8%).  En revanche, les taux les plus faibles sont enregistrés au niveau des régions de Laayoune-Sakia El Hamra (36,5%) et de Drâa-Tafilalet (41,9%). Le HCP relève aussi que cinq régions abritent 72,5% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus sur le territoire national. La région de Casablanca-Settat vient en première  position avec 22,7% d’actifs, suivie de Marrakech-Safi (14%), Rabat-Salé-Kénitra (13,4%), Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (11,3%) et Fès-Meknès (11,2%).

 

 

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