Economie

AMO: Le reste à la charge toujours plus haut

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5315 Le 16/07/2018 | Partager
Il est passé de 28% en 2010 à 35% en 2016
L’Anam à la recherche d’une solution pour les médicaments innovants
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C’est paradoxal. L’assurance maladie obligatoire devait réduire le montant des frais qui restent à la charge des patients. Sauf que c’est le contraire qui s’est produit. Entre 2010 et 2016, la part de ces dépenses pour les assurés, relevant du secteur privé comme du public, est passée de 28 à 35%. «L’assurance maladie devait réduire cette charge tout autant que les barrières administratives et géographiques», souligne Naoufal El Malhouf, directeur général de l’Agence nationale de l’assurance maladie lors de la conférence-débat organisée jeudi 12 juillet par la Chambre de commerce britannique au Maroc.

Cette situation est attribuée notamment à la tarification réglementaire des actes médicaux qui n’a pas bougé. Des discussions ont été menés au cours des dernières années, mais sans avancées majeures. Viennent ensuite la nomenclature des actes jugée obsolète et à la non prise en charge d’un certain nombre de «produits de santé». Ce à quoi l’Anam répond que les  travaux sur la mise à jour de la tarification devraient être entamés en tenant compte  de la situation financière de la Cnops qui vient d’enregistrer son premier déficit. «Le régime AMO-Cnops a constaté son 1er déficit technique en 2016 (225 millions de DH). Cette situation résulte de l’augmentation des prestations, passées de 1,9 milliard de DH en 2006 à 4,7 milliards de DH en 2016, avec un montant moyen par dossier qui est passé de 480 à 906 DH en dix ans. Elle est également due à  la stagnation des cotisations»,  complète le Conseil économique, social et environnemental dans son dernier rapport sur la protection sociale au Maroc. Aucune révision des taux de cotisation n’est intervenue depuis l’entrée en vigueur du régime en 2012 alors même que les cotisations à l’AMO-Cnops sont plafonnées à 400 DH par mois!  

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Plus de six assurés AMO-CNSS sur dix gagnent moins de 1.800 DH de salaire par mois et 22% des fonctionnaires  touchent entre 1.800 et 5.000 DH

Les assurés AMO sont confrontés à la cherté des médicaments innovants. L’Anam reconnait recevoir plusieurs réclamations en particulier par rapport aux médicaments dont le prix est élevé et qui ne serait pas sans impact sur l’équilibre financier des caisses gestionnaires. «Avec le revenu des salariés, l’on imagine mal comment cette population puisse accéder à des médicaments innovants. L’avance des frais constitue un frein. Il y a  nécessité de mettre en place un mécanisme de tiers payant», poursuit El Malhouf.  Selon les statistiques de l’Agence de l’assurance maladie, plus de six assurés AMO-CNSS sur dix gagnent moins de 1.800 DH de salaire par mois et 22% des fonctionnaires  touchent entre 1.800 et 5.000 DH. L’Anam semble avoir pris conscience que le processus actuel de remboursement des médicaments  a montré ses limites. Le dossier sera abordé lors d’une réunion de la Commission économique et financière prévue la semaine prochaine. «Nous allons voir s’il faut introduire un amendement des textes réglementaires ou des actions rapides qui permettraient d’intégrer ces médicaments dans le processus de remboursement tout en préservant les équilibres», souligne le patron de l’Anam.

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