Entreprises

CGEM: Le «mini-gouvernement» de Mezouar

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5315 Le 16/07/2018 | Partager
23 commissions au lieu de 24 pour le mandat précédent
Du sang neuf et une ouverture sur des thématiques dans l’ère du temps
Délais de paiement, économie numérique, entrepreneuriat social…
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Salaheddine Mezouar tient enfin sa dream team. Une équipe en ligne avec sa vision de la CGEM et de son programme électoral. Une sorte de «mini-gouvernement», diraient certains. Le patron des patrons a présidé vendredi dernier le conseil d’administration de la Confédération, lors duquel le nouveau bureau a été constitué. Sept vice-présidents, avec un rôle «opérationnel», et 23 présidents de commissions ont été désignés. Et des surprises, il y en a.
Des commissions qui ont disparu, d’autres qui ont fusionné, de nouvelles thématiques, et un renouvellement quasi-total des profils. Seul l’ancien président de la Commission emploi et relations sociales, Hicham Zouanat, a gardé sa casquette. Sauf qu’il ne chapeautera plus que les «relations avec les partenaires sociaux». La composante emploi a été transférée à un autre portefeuille, «talents, formation et employabilité», géré par Hamid El Otmani. 

Contrairement à l’idée de départ, le nombre de commissions n’a pas vraiment été réduit. Il y en a  actuellement 23, contre 24 durant le mandat précédent. «C’est une question de statuts figés, datant de l’époque où la CGEM était renfermée sur elle- même. D’ailleurs, c’est l’un des points sur lesquels l’actuelle équipe devra travailler. La Confédération doit  s’ouvrir sur toutes les composantes de la société, et toutes les sensibilités», souligne Hammad Kassal, ancien candidat à la présidence du patronat, qui a hérité d’une nouvelle commission très attendue, celle du «financement et délais de paiement». Une question qui taraude aujourd’hui toutes les entreprises, qu’elles soient grandes ou petites, publiques ou privées. «Salaheddine Mezouar s’est donné les moyens pour tenir ses engagements. Il était naturel de changer les commissions.

Il faut avouer que certains secteurs créateurs d’emploi ne disposaient pas d’interlocuteurs», relève Hicham Zouanat .   
D’aucuns s’accordent à dire que les thématiques choisies découlent de larges consultations avec les unions régionales et les fédérations sectorielles, afin de prendre en considération les spécificités et attentes de chaque région. 
«Nous n’avons pas changé de fusil d’épaule, cette configuration exécute les engagements pris avant et pendant la campagne électorale», précise Zakaria Fahim, nommé président de la Commission «TPE-PME, GE-PME et Auto-entrepreneur», née de la fusion de deux anciens portefeuilles. Une rubrique qui se veut «transverse». 

De jeunes visages de la société civile et de l’entrepreneuriat ont également fait leur entrée au sein du club des patrons. C’est le cas de Mehdi Alaoui, ce geek trentenaire, serial entrepreneur, premier Marocain implanté à la Silicon Valley. Il a été chargé de l’économie numérique et NBIC (Nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives). D’autres sujets dans l’ère du temps ont été adressés, comme les start-up et entrepreneuriat (Meriem Zaïri), l’entrepreneuriat social (Ghizlane Elmanjra) et nouvelle économie-climat (Saïd El Hadi).

Certains, en revanche, ont été écartés, comme «RSE et labels», dont s’occupait Saïd Sekkat. Ce dernier s’est aussi retiré du Conseil de la CGEM. L’axe sera, toutefois, repris par l’une des sept vice-présidents, Dounia Taârji. Le volet R&D et relations avec l’université a aussi été abandonné. Sera-t-il intégré ailleurs dans les instances du patronat? Il est vrai que cette commission n’a jamais atteint sa vitesse de croisière. Les présidents d’université, doyens et chefs d’établissements supérieurs continuent de se plaindre du manque d’interaction avec le patronat. La Commission «communication», auparavant présidée par Neila Tazi, a elle aussi disparu. 
Ouverture sur les jeunes, l’international, les compétences marocaines de l’étranger, la coopération Sud-Sud, la nouvelle économie… Ce sont là les points phares ayant guidé les nominations de vendredi dernier. «Maintenant, il faudra commencer à travailler, et trouver le bon tempo pour œuvrer tous en bonne intelligence», conclut Fahim.

Toute une commission pour le genre 

L’annonce de l’introduction d’une instance «genre et égalité des chances» a été longtemps applaudie par les patrons vendredi dernier, et plus particulièrement, par les patronnes. Elle sera pilotée par un homme, Aziz Qadiri, ancien président du Réseau entreprendre Maroc, engagé depuis plusieurs années dans le développement de l’écosystème entrepreneurial. «Cela prouve que ce n’est pas de la démagogie. La question  sera prise à bras le corps par la CGEM. Le fait de nommer une femme n’est pas forcément un message positif», estime Hicham Zouanat, président de la Commission relations avec les partenaires sociaux, également expert RH. 

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