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    Alliance des civilisations: Le projet optimiste de Moratinos

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5314 Le 13/07/2018 | Partager
    Combattre la dictature de la mondialisation, «pour un monde meilleur et solidaire»
    Un seul moyen, renforcer culture, métissage et partage positif entre les sociétés
    Pour cela, il faudra lutter contre les démons: intelligence artificielle et NTI
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    Miguel Angel Moratinos, ancien ministre des Affaires étrangères espagnol, a résumé la dérive actuelle en une seule phrase: «Dans ce monde globalisé visant l’uniformisation du comportement quotidien de l’homme, on n’arrive plus à décerner entre l’utile et l’inutile pour nous en tant qu’êtres humains et citoyens et non pas comme de simples consommateurs.

    Miguel Angel Moratinos, ancien ministre des Affaires étrangères espagnol, croit dur comme fer au projet de l’alliance des civilisations. Une initiative lancée en 2004 par le gouvernement espagnol, reprise par la suite et officialisée par l’ONU. Ce sujet a fait l’objet d’une conférence présentée, dernièrement, par Moratinos dans le cadre de la 2e édition du festival «Florilège culturel» organisé par l’association Ribat Al Fath. L’occasion pour lui de revenir sur les motivations à l’origine de cette initiative lorsqu’il était membre du gouvernement espagnol, rappelant qu’aujourd’hui, «elles restent plus que jamais d’actualité». 

    En substance, cette initiative, pour le moins «sibylline», propose de renforcer la cohabitation entre les civilisations pour «un monde meilleur et solidaire». Et de dépasser les visions avancées en ce qui concerne le nouvel ordre international depuis la chute du mur de Berlin: fin des idéologies, fin des civilisations, choc des civilisations… Après cet évènement qui augurait d’une nouvelle ère, les Occidentaux ont cru que leur civilisation pouvait apporter des réponses économiques, scientifiques et même culturelles pour le reste du monde, souligne-t-il. Cela dans le cadre d’un monde globalisé avec une volonté d’universalité visant la construction de citoyens uniformes et similaires dans leur comportement quotidien: habillement, nourriture, travail, formation, loisirs… «Mais on a oublié les identités cachées en chacun de nous», rappelle Moratinos en évoquant à ce titre le livre de l’écrivain Amin Maâlouf sur les identités meurtrières. Une situation qui a poussé des personnes, des populations... à exprimer violemment leur différence et leur diversité, à travers des actes de terrorisme qui ont frappé plusieurs pays, parmi eux le Maroc et l’Espagne. 

    Ce nouveau contexte va promouvoir un climat de haine entre l’Occident et le monde arabo-musulman. Eviter de tomber dans cette dérive de la haine figure parmi les objectifs de l’initiative alliance des civilisations dont le premier forum a été organisé en janvier 2008, rappelle le conférencier. 
    Quatre champs d’intervention prioritaires ont été identifiés. Il s’agit de l’éducation, la jeunesse, les médias et l’immigration. Après dix ans, ces sujets restent encore d’actualité, ce qui justifie la mobilisation des efforts pour les concrétiser sur le terrain, à commencer les quartiers. Pour Moratinos, l’initiative de l’alliance des civilisations pourrait apporter des réponses aux inquiétudes dans un monde où la dictature de l’utilitarisme veut s’imposer. A ce titre, il rappelle l’ampleur des nouvelles technologies et l’intelligence artificielle au sein de nos sociétés. Une emprise qui se fait, hélas, au détriment de la dimension culturelle et humaine.

    «Aujourd’hui, la majorité des citoyens considèrent le culturel, l’art, l’esthétique… inutiles et relèvent du superficiel», regrette le conférencier pour qui «cette mondialisation ne représente qu’un engrenage financier et mercantiliste dont les mots d’ordre restent le prix, le profit, la rente… alors que le savoir et la science sont réduits à des applications techniques». 
    Dans ce monde globalisé visant l’uniformisation du comportement quotidien de l’homme, «on n’arrive plus à décerner entre l’utile et l’inutile pour nous en tant qu’êtres humains et citoyens et non pas comme de simples consommateurs». Il s’agit d’un vieux débat, rappelle Moratinos qui invite le public à lire un petit livre, mais provocateur, du penseur italien dont le titre est «L’utilité de l’inutile». «Qu’est-ce qui est plus utile: un marteau, une poésie ou un tableau d’art? interroge le conférencier en conclusion.

    Renforcer le multilatéralisme

    Comment favoriser l’alliance des civilisations alors que nous assistons, en matière économique, au retour du protectionnisme prôné par Donald Trump, président des USA, un pays pourtant considéré comme le grand défenseur du libéralisme économique? Ce retour au protectionnisme est qualifié «d’erreur et un pas en arrière» par l’ancien chef de la diplomatie espagnole. Pour lui, on doit continuer à défendre le multilatéralisme en tant que cadre global des relations internationales en matière de commerce et de développement. Ce qui nécessite le maintien et le soutien de l’OMC. 

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