Entreprises

Les cliniques privées confrontées à leur réputation

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5313 Le 12/07/2018 | Partager
Mauvaise qualité de l’accueil, exigence de chèques de garantie…
Des pratiques qui détériorent la qualité de la relation médecin-malade
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Les cliniques privées font face à de nombreuses accusations: surtarification, chèque de garantie, mauvaise qualité de l'accueil… (Ph. L.C)

Mauvaise qualité de l’accueil, exigence de chèques de garantie, pratiques frauduleuses, dépassement d’honoraires, facturation excessive… Pour lutter contre cette image qui leur colle à la peau et redorer l’image des cliniques privées, le bureau central de l’association nationale des cliniques privées (ANCP) communique. C’est à cette fin que la nouvelle équipe a réuni la presse le 9 juillet à Casablanca. C’est la première rencontre de ce type depuis son élection le 9 mars dernier lors des 4e assises nationales de l’hospitalisation privée. L’association concède que certaines spécialités médicales souffrent de graves insuffisances. La question des chèques de garantie exigés par la plupart des cliniques concentre une grande part des critiques. Sans cette garantie, impossible d’être admis ou pris en charge. Et tant pis pour le serment d’Hippocrate. «Bien qu’étant une pratique illégale, cela constitue une garantie de paiement», soutient Redouane Semlali, président de l’association nationale des cliniques privées (ANCP).
Le nouveau bureau affirme que les responsabilités sont partagées. Il reproche aux pouvoirs publics d’avoir négligé, à la création de l’AMO, le sujet du coût du soin et de se focaliser sur l’équilibre financier du régime. Les cliniques privées ont accepté ces tarifs, avec la promesse que tous les trois ans ils allaient être révisés. Ce qui n’a pas été fait depuis une douzaine d’années, alors que le coût du soin a augmenté.
L’association appelle à l’élargissement du panier de soins pour répondre aux référentiels de bonne pratique actualisée. Une revalorisation de la tarification nationale de référence serait indispensable pour permettre un accès fluide aux soins, sans que le patient soit dans l’obligation de financer lui-même les surcoûts. Les membres de l’association bottent en touche face aux accusations portant sur les pratiques frauduleuses, prétextant qu’elles relèvent des prérogatives de l’Ordre des médecins.
L’ouverture du capital des cliniques, censée apporter une nouvelle dynamique au système de santé n’a pas tenu ses promesses. Trois ans après son entrée en vigueur, la loi n°131-13 relative à l’exercice de la médecine a montré ses insuffisances. «Les investisseurs ne se bousculent pas, certains se retirent même», estime Redouane Semlali.

 

 

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